L'INAUGURATION DE
LA CHAMBRE DE COMMERCE
C'est le lundi 12 février 1912
que la Chambre de Commerce inaugure ses nouveaux locaux, situés
place Planchat, devenue depuis la place Mirpied. Cette belle bâtisse de style néo-gothique
est construite en matériaux à base de briques rouges.
L'entrée est entourée de sculptures caractéristiques
et, comme le rappelleront plusieurs personnalités, c'est
une inspiration venue du Moyen-Age, bien conforme au style de
la ville de Jacques Coeur.
Pour cette manifestation, le Ministre du Commerce en personne
Monsieur Fernand David est venu par le train pour couper le traditionnel
ruban. Il est accueilli par le maire, Henri Ducrot, et par le
Président de cette Chambre de Commerce : Albert Hervet,
le banquier berrichon. Ce dernier se verra récompensé
de son action économique en recevant ce jour-là
la Légion d'Honneur.
Dans les discours prononcés par les uns et les autres,
la presse locale rapporte des propos surprenants. Ainsi, Monsieur
Ducrot parlera de ses compatriotes en ces termes :
"... Si dans un instant, vous n'entendez pas retentir
à vos oreilles ces acclamations qui vous accueillaient
dimanche en Savoie votre petite Patrie, n'en soyez pas surpris....
Quoique moins bruyant, l'accueil discret n'en sera pas moins
tout aussi sympathique".
Le Berruyer est par nature, peu démonstratif. Il se réjouit
avec mesure, sans hâte, en lui-même".
Un portrait que l'on retrouvera dans beaucoup
d'autres discours pendant près d'un siècle, lorsque
l'on évoque les Berrichons du Cher.
La visite de la Chambre de Commerce se fait au pas de course,
le ministre évoque la beauté du bâtiment,
véritable chef-d'oeuvre uniquement dû à des
architectes et artisans locaux, en particulier un hommage est
rendu à Albert Pascault qui a conçu le monument,
et qui vient de disparaître. Sous la conduite d'Albert
Hervet, le cortège pénètre dans le lieu,
bien décoré avec des plantes vertes et des guirlandes
de verdure. Ils entrent dans la salle de conférence pour
une longue série de discours.
Outre l'aspect architectural de la Chambre de Commerce, en cette
année 1912, c'est une volonté de développer
le commerce et l'industrie dans le département du Cher,
alors que tout un pan industriel, la métallurgie, est
en train de s'effondrer, c'est ce qui ressort de la vie de Bourges
au quotidien.
à suivre