Jean-Christophe Rufin
est né à Bourges le 28 juin 1952 , " c'était un jour de canicule, dans
une fin juin particulièrement étouffantes".
Il aura une vie comme on en trouve dans
les romans, c'est cette vie qu'il relate et décrit dans
"Le léopard au
garrot" publié en janvier
2008. Il sera tour à tour, médecin, puis "patron"
d'OGN, et enfin écrivain tout en étant nommé
en 2007 diplomate français.(ambassadeur de France au Sénégal.).
Il est né à deux pas de la
cathédrale, "dans la maison fraîche de
mes grands-parents. Je ne devais pas en sortir avant dix ans".
C'était au numéro 1 de la rue Eugène Brisson,
en bordure du jardin de l'Archevêché. En effet,
le jeune Jean Christophe dont le père Marcel disparaît
pour plusieurs années, va être élevé
par sa mère, (née Denise Bonneau) à Bourges.
Ils habitaient alors au 3 bis de la rue Emile Zola, la encore
au centre de la ville. Cette mère, par nécessité,
choisit d'aller vivre à Paris, elle laissa son enfant
chez ses parents, et c'est ainsi qu'iil fut élevé
dans sa petite enfance, 10 ans tout de même, par le grand-père
médecin et la grand mère.
Il va garder de sa ville natale, un drôle
de sentiment, une forme d'abandon, ce père il ne le verra
que bien plus tard, à l'âge adulte, sans que des
liens ne se tissent alors, et pour sa mère qui reviendra
le chercher vers 1962, cette absence devait lui peser. Alors
il écrira " J'ai passionnément aimé
mon grand-père, quoiqu'il ne l'ait probablement jamais
rendu cet amour. Cela m'était égal: je n'avais
pas le choix".
Il va donc vivre à l'ombre de la
cathédrale de Bourges dans ces petites rues du centre-ville.
Il parle dans le livre "Un léopard
sur le garrot" de ce grand-père, en particulier pendant
la guerre de 1914-18, "Il ne semble pas, d'ailleurs,
que mon grand-père ait pris goût à ce qu'on
l'a forcé à faire pendant cette guerre ignoble.
Son premier soin, sitôt la paix revenue, fut de s'installer
bien loin et pour faire tout autre chose. Il choisit Bourges, je ne sais pas pourquoi. Tout juste, m'a t-on dit que sa femme, épousée
avant la guerre l'avait quitté... Le jeune médecin
était donc libre et je suppose que l'attrait d'une clientèle
a été la considération principale de son
choix. A l'époque, dans les provinces, le médecin
était un personnage considérable".
Il va apprendre qui était ce grand-père,
un médecin qui soignait "à l'ancienne",
le docteur Bonneau fut déporté à Buchenwald
pour faits de Résistance en septembre 1943. Il avait caché
semble-t-il des Résistants dans sa grandes maison.
Jean Christophe Rufin décrit ainsi
ce grand-père :
"Enfant, je n'ai connu qu'un
vieillard raide, immuablement habillé de costumes trois
pièces et d'une cravate, qui me regardait fixement à
travers ses lunettes ronde. Le dernier épisode de sa vie
- la déportation - avait effacé les traces de son
existence antérieure. Il était un survivant, modeste
et distant, silencieux et effacé."
C'est la grand mère qui va forger
en quelque sorte la légende du grand-père,
"... Elle ne se lassait pas
de narrer les horreurs que lui avaient fait subir "les boches".
Toute la ville (Bourges) était jalonnée de souvenirs
de cette geste héroïque. En passant rue Michel-Servet,
pour aller à la poste, elle ne manquait pas de me montrer
l'ancien hôtel de la Gestapo où mon grand-père
avait été incarcéré, interrogé
et battu"
Le récit de Rufin se poursuit ainsi
de cet espace qui existe encore aujourd'hui, la prison, la vue
des marais et la gare de Bourges :
"Le Bordiau, sur une hauteur
au-dessus des marais, était la prison où il avait
été détenu. A la gare les wagons de marchandises
rouillés rappelaient le temps où on l'y avait entassé
avec cent autres pour partir pour Compiègne."
Jean Christophe Rufin va se lancer dans
la médecine, pour faire
comme le grand-père. Ses études ne lui posent pas
de problème, car il faut apprendre, beaucoup apprendre,
mais sans le besoin d'une quelconque intelligence.... En 1975,
il est reçu au concours d'internat à Paris, travaille
à l'hôpital et prend comme spécialité,
les maladies de l'asthme puis la neurologie comme spécialité.
Lors de son service militaire en 1976 en
coopération, il exerce en maternité en Tunisie,
avant de revenir en France, et en 1981, il devient chef de clinique
des hôpitaux de Paris.
Jean-Christophe Rufin va consacrer plus
de vingt ans de sa vie à travailler dans des ONG, et va côtoyer Bernard Kouchner, après
des débuts très délicats entre les deux
hommes lorsqu'il entre à MSF, alors que Kouchner en est
"viré". Rufin sera au Nicaragua, en Afghanistan,
aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans.
Son existence sera ensuite sur le plan
professionnel chaotique, avec des retours à la médecine
dans un hôpital français mais aussi des incursions
dans des cabinets ministériels et la direction d'OGN comme
ACF, Action contre la faim.
Son livre autobiographique a toujours en
ligne la médecine, avec un parler vrai et franc sur les
urgentistes ou sa propre action dans certaines missions avec
des ONG.
Le 3 août 2007, il est nommé
ambassadeur de France au Sénégal, le ministre des
Affaires étrangères se nomme Bernard Kouchner.
.
Jean Christophe Rufin écrivain
:
On lui dit des essais et des romans,
Essais
Le Piège humanitaire. éd.
J.-Cl. Lattès, 1986. .
L'Empire et les nouveaux barbares, éd. J.-Cl. Lattès,
1991.
La Dictature libérale, éd. J.-Cl. Lattès,
1994
L'Aventure humanitaire, éd. Gallimard, 1994
Géopolitique de la faim: Faim et responsabilité,
éd. P.U.F., 2004.
Romans
L'Abyssin, éd. Gallimard, 1997. prix Goncourt du premier
roman et le prix Méditerranée. 300 000 exemplaires
vendus et 19 traductions
Sauver Ispahan, éd. Gallimard, 1998.
Les Causes perdues, éd. Gallimard 1999, prix Interallié
1999. Réédité avec le titre Asmara et les
causes perdues en Folio
Rouge Brésil, éd. Gallimard, 2001. Prix
Goncourt 2001
Globalia, éd. Gallimard, 2004. En Folio (ISBN 2-07-030918-5)
La Salamandre, éd. Gallimard, 2005. En Folio (ISBN
2-07-032876-7)
Le Parfum d'Adam, éd. Flammarion, 2007
Les citations de cet article sont issues
du dernier livre autobiographique :
Un léopard sur le garrot,
éd.Gallimard, janvier 2008
"Je revins à l'internat avec un peu plus de
frustrations et beaucoup de souvenirs intenses dans la tête.
Comme l'Augustin du Grand Meaulnes, le roman qui a traversé
toute mon enfance en Sologne, j'avais entrevu un domaine enchanté,
mais je m'étais égaré en chemin".