Bourges
est une cité industrielle qui va s'orienter au début
du XX e siècle, assez vite vers l'industrie aéronautique.
Une fois les avions dans le ciel de Bourges, c'est la construction
d'une aérogare qui va se mettre en place.
les espoirs sont alors considérables et Bourges,
de manière éphémère possèdera
quelques lignes.... plus ou moins régulières.
Aujourd'hui, en 2003, malgré des efforts de beaucoup,
le transport des passagers et des marchandises par avions à
Bourges est réduit à la portion congrue.
Rappel du début
des avions à Bourges
Depuis le 1er juillet 1928, les avions font partie du décor
habituel des Berruyers. Ces derniers viennent en promenade voir
évoluer les Potez 25 et autres Hanriot 431 utilisés
par les stagiaires de l'Ecole de Pilotage Hanriot, dirigée
par Monsieur Henri Dabard.
Progressivement, l'école s'est étoffée.
Une nouvelle convention avec la ville a permis en 1930 de
commencer la construction d'avions, dans les mêmes hangars
que ceux qui étaient utilisés pour les réparations.
Les premières fabrications comporteront des assemblages
de sous-ensembles de Potez 25, en particulier les ailes extrêmes,
puis le fuselage, et, bientôt, l'avion tout entier. Par
la suite, des avions, Bloch, c'est à dire conçus
par le futur Marcel Dassault ; enfin, seulement, des avions Hanriot.
L'industrie aéronautique prend corps à Bourges.
Et les responsables locaux, sentant que l'aviation a un réel
avenir, multiplient les initiatives.
Le 19 février 1931, la foule berruyère attend
et ovationne les héros de l'Atlantique : Costes et Bellonte.
Ils sont accompagnés du Président de l'Aéro-Club,
Monsieur Henri Hervet, à ses côtés Pelletier-Doisy.
On les attendait arrivant en avion, et c'est à bord d'une
automobile qu'ils pénètrent dans Bourges entre
"une haie compacte de curieux" ; l'avion est toujours
aussi populaire en Berry. Ils sont reçus au Conseil Général
par le Président Gestat ; avant de participer à
une conférence au Grand Palais, ils racontent leurs mille
et une aventures. Costes terminera la journée par ces
mots devant des écoliers médusés : "C'est
à vous, enfants, qu'il appartient de prendre le flambeau
comme nous l'avons pris des Nungesser, des Garros et tant d'autres....
vous vivez dans un siècle de progrès, déjà
familiarisés avec l'avion et sa technique, profitez-en".
L'histoire de l'aéroport
Après l'Aéroport, installé en 1928,
tout ira très vite, et le 15 juillet 1934, c'est un autre
grand moment pour la ville de Bourges et le Berry tout entier
:
Le ministre
de l'Air, le Général Denain, vient inaugurer l'Aérogare
de Bourges.
C'est en effet un nouveau bâtiment qui a surgi dans
ce quartier. Il évolue à tout instant et se transforme
semaine après semaine. On avance la somme de 20 millions
de francs d'investissements pour l'ensemble des installations.
Avec cet Aérogare, c'est la promesse d'avoir des liaisons
régulières aériennes. Bourges est parfaitement
situé entre Paris et Toulouse d'une part, entre l'Atlantique
et l'Europe Centrale d'autre part. Pour assurer la direction
de l'Aérogare, le Sénateur-Maire nomme une personnalité
remarquable qui s'y dévouera corps et âme, un aviateur
de la guerre et de la glorieuse Patrouille d'Etampes : Albert
Duchereux.
Pourtant, certains, en ce mois de juillet 34, s'interrogent :
"Peut-être que l'on a mis la charrue devant
les boeufs et que le futur Chef de Gare risque fort de n'avoir
pas de train". C'est une belle vision qui s'avèrera
malheureusement prophétique pour le Berry.
Mais l'optimisme reste de rigueur,
d'autant plus que l'école de pilotage Hanriot continue,
et de vastes hangars couvrent une surface de 12 000 mètres
carrés. L'effectif total est de 350 personnes avec un
recrutement essentiellement local, "la faculté
d'adaptation des Berrichons est à souligner".
Le résultat, c'est qu'un avion sort désormais chaque
jour des chaînes de fabrication de la route d'Issoudun.
Ce qui devenait une usine d'aviation était complété
par un environnement de l'ensemble du nouveau quartier. Il était
ainsi décidé que l'Office Municipal d'H.B.M. construirait
pour une somme de 11 millions, 350 logements sous forme de cité-jardin.
Outre une belle inauguration, les organisateurs ont prévu
une fête aérienne, avec la présence d'une
centaine d'avions et la participation des aviateurs parmi les
plus célèbres. Seront là les Haegelen, Fonck,
Cavalli, Maryse Bastié et d'autres moins connus aujourd'hui.
Ces manifestations ne se font pas sans banquets ni discours,
et le propos d'Henri Laudier est à la fois historique,
il reprend l'arrivée des avions à Bourges depuis
1910, et politique ; il dit ainsi au Ministre de l'Air, venu
à Bourges en avion :
" ... Enfin en ce qui concerne
l'aviation civile et marchande, une modeste gare aérienne,
sans doute, mais dont j'espère que, l'ayant tenu sur les
fonds baptismaux, de prendre, grâce à votre précieux
parrainage, les développements qu'il convient, eu égard
à la situation sur la carte aérienne mondiale".
Mais Laudier sait qu'il a été particulièrement
"tason" comme l'on dit en Berry, c'est à dire
à la fois pénible et ennuyeux, il s'en excuse auprès
du Général Denain :
"Ah ! Sans doute j'ai
pu, à certaines heures, apparaître à vos
services quelque peu éberlué par tant d'opiniâtreté
sous un jour peu favorable. Que voulez-vous, je suis de ceux
qui, lorsqu'ils ont entrepris quelque chose, ont la volonté
de le mener à bien... Mais je n'ai jamais été
animé par d'autres mobiles que le développement
économique de la cité et l'intérêt
passionné que je porte au personnel ouvrier de ces établissements."
Et ce sont les remerciements d'usage. L'Aéroport de
Bourges se doublait d'un Aérogare, Laudier pouvait être
fier de son oeuvre.
L'aérogare en
2004 - 2005 à Bourges
Depuis le milieu des années
1980, beaucoup ont cherché à mettre en oeuvre une
ligne aérienne sous des formes assez diverses entre Bourges
et plusieurs autres villes.
Une compagnie très
locale appelée PROTHEUS avec deux ou trois appareils va
proposer des dessertes "à la demande" et plusieurs
entreprises dont Aérospatiale vont l'utiliser, en particulier
pour des liaisons vers l'Allemagne (MBB), à une période
où les relations entre les deux firmes étaient
très étroites et où certains responsables
évoquaient une fusions dans le domaine des missiles.
Plus tard, à l'initiative
de la Chambre de Commerce, (CCI), et de son président
d'alors Hubert Alain Petit, une liaison prend forme avec la notion
toute nouvelle de "Hub". Il s'agissait d'aller en avion
de Bourges à Clermont Ferrand, et là de prendre
un autre avion pour une vingtaine de destinations européennes.
De Milan à Dusseldorf en passant par Lyon ou Toulouse.
Ce système fonctionnera
dans les années 1990, avec un inconvénient majeur,
l'avion Bourges-Clermont n'existait pas et il fallait prendre
une navette automobile. De plus le prix était en quelque
sorte dissuasif.
Ce "Hub" de Clermont
ne va pas fonctionner longtemps, et le déficit de la CCI
fera déraper l'initiative.
A la fin des années
1990, une nouvelle expéreince est mise à l'étude,
il s'agit cette fois de trouver une liaison vers le "Hub",
toujours lui de Lyon. Mais là encore, les coûts
semblent considérables. Et il n'en sortira rien.
Enfin vers 2003, nouvelle
tentative vers Lyon, mais cette fois en utilisant une ligne existante,
Tours - Lyon qui pourrait se poser à Bourges.
En 2005, l'étude est
toujours en cours......
Sur le même thème
voir aussi :
- AEROPORT
- AEROCLUB
- AEROSPATIALE
AVIONS, début des
- INDUSTRIES (Histoire de l')
- INDUSTRIES D'ARMEMENTS
- INDUSTRIES DU XXI e SIECLE
TRANSALL C160, l'avion....
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