A partir de l'instant où
se met en place à Bourges une école de pilotage,
puis une véritable usine de production d'avions, les responables
de l'époque (1930) n'ont de cesse que de vouloir un aéroport
pour permettre le déplacement en avion de leurs concitoyens.
Ainsi se construira un aéroport pour le transport
public qui n'aura jamais au cours des décennies une véritable
notoriété.
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(l'avion)
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1927 = LA BATAILLE
POUR UN AEROPORT
Ce combat de Laudier pour créer
à Bourges une industrie aéronautique est sans aucun
doute sa plus grande fierté. Lui, l'ancien verrier, syndicaliste
extrêmiste, va rechercher des alliés objectifs mais
d'un tout autre bord que lui, pour obtenir ce qui deviendra une
grande industrie.
Il aura dans cette aventure, de la chance,
de l'opportunité et de la volonté. Au départ,
Laudier rencontre un aviateur de passage à Bourges, Marcel
Haegelen. Ce pilote, venu en Berry, un soir de novembre 1927,
est un As de la Grande Guerre, il travaille aux Etablissements
Hanriot, une firme spécialisée dans la fabrication
des avions, et lorsqu'elle vend des avions, il lui est nécessaire
de former les pilotes des clients dans une école de pilotage.
Comme l'Ecole Hanriot est à Reims, les directives gouvernementales
les incitent à se délocaliser au sud de la Loire.
C'est pourquoi Haegelen, pour le compte des Avions Hanriot, recherche
dans le centre de la France un terrain plat pour implanter son
école de pilotage.
La rencontre d'Haegelen en Berry avec les autorités municipales
va être décisive. Laudier écrira plus tard
: "ce fut pour moi, une foudroyante révélation". |
En quelques semaines, les autorisations sont
données, les terrains achetés, les accords entre
la ville et les Etablissements Hanriot signés. La convention
est un modèle du genre, elle est précise mais laisse
la porte à des aménagements futurs.
Tout ne fut pas simple, il a été
nécessaire de trouver de l'argent, d'une part pour acheter
les terrains, et d'autre part pour les aménager. Tout
le monde a mis "la main à la pâte". La
Municipalité de Bourges a voté sans difficulté
de quiconque un premier crédit de 100 000 francs, elle
fut suivie par le Conseil Général et la Chambre
de Commerce et d'Industrie pour le même montant. Comme
le budget prévisionnel était de 500 000 francs,
la somme manquante sera reçue sous forme d'une souscription
organisée par l'Aéro-Club ! Une belle unanimité
que chacun se devrait de méditer.
Et ce fut le grand jour : le dimanche 1er Juillet
1928, l'Aéroport est inauguré.
La foule est impressionnante, les berruyers se rendent vers l'Aéroport
au son des fanfares et derrière les sociétés
de gymnastique. En fait, l'Aéroport, c'est une vaste étendue
de 90 hectares de terrain herbeux, sans piste, mais avec déjà
trois bâtiments "en dur" pour que les cours puissent
commencer dès le mois d'août.
Après une "Marseillaise",
deux gerbes furent remises par Madame Laudier, l'une au Général
Girot, cet ancien Directeur de l'Aviation, était alors
Président du Conseil d'Administration des Etablissements
Hanriot, l'autre au pilote Marcel Haegelen. Et puis vint l'heure
des discours, avec Laudier qui ouvrit le feu, juché sur
un "cuvier", son propos fut précis et lucide
:
" Quiconque
se serait permis d'affirmer, il y a un peu plus de six mois,
que nous verrions aujourd'hui, en ce beau premier jour de juillet,
l'inauguration de l'Aéroport de Bourges, eut bien surpris
nos concitoyens qui - il faut bien le reconnaître, et c'est
du reste un peu la vertu de la race - ne se décident à
agir qu'après avoir mûrement réfléchi."
Le Maire de Bourges poursuit alors avec
un rappel historique très documenté sur l'arrivée
de l'aéronautique dans le département du Cher,
et principalement à Avord, avant d'évoquer Bourges.
Il continue alors par les remerciements d'usage envers les représentants
de la Maison Hanriot : M. le Général Girot, M.
Outhenin-Challandre le Directeur, puis Haegelen, Sterckx, Huget,
Hullin et Dabard, ce dernier devenant le Directeur de l'Ecole
de Bourges.
La conclusion de Laudier est toute aussi pertinente par rapport
à ce qu'il pense de ses concitoyens :
"Pour une
fois, la vieille force d'inertie berrichonne a été
vaincue par la ténacité et j'ose m'en féliciter,
au nom même de tous nos concitoyens, car ils ont maintenant
compris les bienfaits que peut attendre la Ville de Bourges de
son Aéroport.
C'est un lustre nouveau pour notre cité antique, un lustre
qui lui revenait de plein droit, à la croisée des
routes internationnales. Mais c'est surtout du point de vue de
son activité commerciale et de sa prospérité
économique que notre Ville, un peu trop morte, peut être
appelée à bénéficier de la création
de cet Aéroport. La cité des Bituriges et coeur
de la France peut s'enorgueillir de doter le pays non point d'un
des premiers, mais d'un des plus importants Aéroports
qui, demain, jalonneront les routes aériennes. Bourges
vient de marquer sa place sur la carte aérienne mondiale."
Il y avait, dans
ce discours, un côté quelque peu grandiloquent,
car l'Aéroport, pour l'instant, ce n'était qu'un
bout de terre, et trois baraquements pouvant recevoir 12 élèves
pilotes.... Mais Laudier voyait juste, au fil des années,
si la fonction commerciale ne va pas beaucoup se développer,
l'industrie aéronautique, par contre va devenir pour la
région, une activité de première importance.
L'inauguration, après d'autres longs discours des personnalités
présentes, se terminera par la présentation de
quelques avions, qui serviront à l'école, puis
le Préfet du Cher, M. Atger effectuera son baptème
de l'air sur un avion piloté par M. Dabard.
Quelques jours plus tard, Laudier recevra une lettre de félicitation
signée du Maréchal Lyautey, ce dernier insistant
sur "Bourges qui servira d'exemple, en montrant la voie
à suivre à celles de nos régions françaises
qui tardent encore à s'intéresser au développement
de notre aviation commerciale".
Ainsi, en ce milieu d'année 1928, c'est l'euphorie à
Bourges, elle sera de courte durée, un gigantesque incendie
va endommager la Ville, et ramener les autorités à
des préoccupations plus terre-à-terre.
"De Hanriot à
L'Aérospatiale" de Roland Narboux
La période actuelle
article en cours sur la période moderne
- De manières assez régulière,
il sera question de redonner une vraie vie à cet aéroport
et nombreux seront les projets qui ne vont pas aboutir.
- Ainsi, la liaison aérienne avec
Clermont Ferrant sera un temps privilégiée, c'était
dans les années 1990. Ainsi dans Bourges de grandes affiches
vont fleurir, sur la possibilité de prendre l'avion de
Bourges via Clermont Ferrant pour toute une série de grandes
villes de France et d'Europe. Seul bémol qui n'était
pas écrit : il fallait aller à Clermont par ....
la route !
- Puis l'étude se fera dans les années
2000 pour une liaison qui irait de Tours vers Lyon en passant
par Bourges. Là encore ce ne fut qu'un rêve.
-
- Pourtant l'aérodrome qui est géré
par la CCI du Cher s'est équipé de matériel
intéressant.
- Rappelons que la piste principale en béton
est longue de 1550 mètres sur 45 mètres de largeur
et que les aides à l'atterrissage sont nombreux ( Localize
/ DME, balisage lumineux, feux à éclat aux deux
seuils.
- Une seconde piste en herbe plus petite
fait 915 mètres de long sur 60 mètres de large.
- L'aire de stationnement pour les avions
est de 1400 M2 et l'aérogare est d'une surface de 300
M2.
- Quelques entreprises sont directement
ou indirectement liées à l'aviation, comme Sat'Héli
qui s'occupe des hélicoptères (réparation
et entretien), mais aussi SC Aéro (composites) et SMA
qui fabrique des moteurs d'avions légers diesels.
- Enfin, l'ALAT, Armée de Terre possède
du matériel et des hangars pour ses hélicoptères.
- Le trafic pose souvent des problèmes,
car on ne sait jamais si l'aérodrome fonctionne ou pas.
-
- Seules certitudes :
-
- - Il n'existe aucune ligne aérienne
régulière partant ou passant par Bourges.
- - L'aéroport sert beaucoup aux
essais des pilotes d'Avord que l'on voit atterrir et décoller
sur la piste avec, en particulier les Xingus qui sont des avions
école de fabrication.... brésilienne.
- - L'aéroport est aussi bien utilisé
par des "hautes personnalités" du monde des
affaires ou de la vie des "peoples" qui utilisent l'aéroport
de bourges pour s'en aller ensuite vers leur propriété
en Sologne.
-
- Au delà, la fréquentation
est faible, et pourtant, les chiffres communiqués sur
l'année 2006 par la CCI sont intéressants :
- Il y a en moyenne 25 000 mouvements
annuels (1 mouvement = 1 atterrissage ou un décollage).
- Quelques 20 mouvements pour de "gros
avions", (de plus de 20 tonnes),
- environ 1200 pour des avions plus petits
de 9 à 19 tonnes
- et enfin 800 mouvements sont le fait
d'avions à réaction (ou turbo-propulseurs).
- Les vols touristiques de type "voyage"
sont de l'ordre de 2600 dont 200 sont internationaux.
- Les vols "commerciaux" sont
de 110, et les passagers de l'ordre de 550 personnes.
- En coût, pour l'année
2007, l'Agglomération de Bourges plus, a versé
une subvention de 90 000 Euros pour le fonctionnement et 5000
Euros pour l'investissement.
