Artiste atypique, que l'on voyait dans les années
60 dans les rues de Bourges, il était vêtu d'une
robe et se déplaçait avec une étrange machine,
un tricycle..... Il dessinait les quartiers historiques du Centre-ville,
parlait avec ses amis, de la rue Mirebeau, mais beaucoup n'osaient
pas l'approcher. C'était le grand artiste de Bourges.
Depuis sa mort tragique, puisqu'il fut assassiné, sa mémoire
est restée à Bourges et ses dessins sont très
demandés.
- Le 12 janvier 1978, la population berruyère
apprend avec stupeur le meurtre de Marcel Bascoulard. C'était
son peintre fétiche, un marginal qui faisait partie de
la ville. Il avait dessiné et peint tant de rues et de
monuments du cur de Bourges. La Ville décide de
prendre en charge ses obsèques et la concession au cimetière
Saint Lazare ( massif 7, ligne 11, fosse 152).
Marcel Bascoulard est né le 10 février 1913
à Vallenay, c'est dans la vallée du Cher il vit
à Saint Florent avec sa famille après guerre,
en 1920.. La famille habite dans le fond d'une cour, sur la route
de Châtillon.
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- La famille
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- Son père, Léon est un ouvrier
maçon, il aquelques ouvriers avec lui, c'est un homme
que l'on dit volontier rigoureux. Il avait dans cette profession,
une vision très personnelle pour installer les échafaudages,
ce qui lui vaudra le surnom de "Le Cordiau", car ces
barres devaient être parfaitement alignées.
- Sa mère est Marguerite Mulet, il
est le second enfant de ce couple, il a une soeur Marie-Julie
qui est l'aînée, elle vit le jour en 1909, et meurt
en 1952, quant à son jeune frère, Roger, il est
né en 1921 et est mort en 1984.
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- Une scolarité intéressante
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- Le petit Marcel Bascoulard commence à
l'école de Saint Florent sur Cher, et à la rentrée
de 1926, il entre au Collège situé route de Bourges,
aujourd'hui rue Gabriel Dordain, juste en face du centre Louis
Aragon.
- Il sera aidé par ses professeurs
dont Robert Vergnoux qui va tout faire pour encourager le jeune
Marcel vers "les Beaux Arts".
- Marcel sera très moyen dans ses
études, aimant le Français, les langues et le dessin,
mais très faible en mathématiques et en sciences.
Il est semble-t-il un élève assez dissipé.
A 17 ans, il a le Brevet d'Etudes Primaires Supérieurs,
et il fréquente l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Bourges,
place Cujas et rencontre le sculpteur André Bezart, lequel
va l'orienter vers la sculptures et c'est lui qui fera après
sa mort son buste que l'on peut voir à Bourges.
- Le jeune Marcel commence à dessiner
des maisons qui sont autour de Saint Florent.
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- Le drame familial
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- Le 25 septembre 1932, il a moins de vingt
ans, c'est le drame. Sa mère Marguerite (née
Mulet) abat son père Léon, âgé
de 55 ans, d'un coup de revolver acheté deux mois auparavant
dans une armurerie de Bourges. Elle avait éloigné
ses deux enfants Marcel et Roger.
- Le jeune homme restera choqué par
ce drame.
- La mère va être jugée
irresponsable et sera internée à Bourges à
Beauregard, l'Hôpital spécialisé. Elle va
mourir le 1 er juin 1944, à Limoges, car Beauregard avait
été décentralisé de Bourges à
Limoges.
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- Premiers dessins
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- Il dessine, il peint, et après
ce drame familial, pour se rapprocher de sa mère, il s'établit
à Bourges. Sans argent, déjà marginalisé,
il habite dans des cabanes dans les Marais, mais aussi dans un
grenier à Fenestrelay ou près de la route de Nevers.
Enfin, il trouve une cabine d'un bas situé dans le quartier
Avaricum, un lieu mal famé.
- Pendant longtemps, il va vivre dans une
vieille maison devant être détruite à l'emplacement
actuel du quartier Avaricum. Dans ces années 1935, il
signes ses dessins "Bascoulard-Mulet", et comme un
hommage à sa mère, il signe à l'endroit,
à l'envers, et parfois dans d'autres langues qu'il semble
un peu connaître.
En 1934, il commence à dessiner dans les rues de Bourges,
et suit des cours d'art de Marcel Pinon.
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- Le tricycle de Bascoulard
Bascoulard est connu par son curieux accoutrement, il porte " des chaussures éventrées,
sur ses jambes nues bat une éternelle blouse jadis grise
". Pour regagner sa demeure,
après avoir dessiné une fois encore la cathédrale
de Bourges, vu de la rue Porte Jaune, " il utilise une machine bizarre, hybride,
sorte de tricycle que bien souvent, il pousse ou traîne
au lieu de pédaler ".
- C'est en 1938 qu'il fait
fabriquer par André Narcy, commerçant de cycles
qui était à l'angle de la rue de la Poissonnerie
et de Bourbonnoux, c'est à dire place Gordaine, un tricycle
pour transporter deux personnes et un peu de matériel.
Il va payer cet engin avec ses dessins. C'est ce qu'il fera toujours.
- 10 ans plus tard, nouveau
tricycle, mais toujours chez Narcy, mais il n'est pas très
stable, il y a quelques chutes et s'il est très connu
alors dans Bourges pour ce véhicule, ce n'est pas la panacée
pour se déplacer.
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- La guerre
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- Dans les années
1941 et suivantes, en pleine Occupation, il dessine des robes
de femmes, achète du tissu et devient un créateur
de mode. Il fait faire ses modèles par des couturières
et même par les religieuses du "Bon Pasteur".
Il s'habille en femme et sur cette ambiguïté, il
est ennuyé par les Allemands, mais sans que cela alla
trop loin.
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- Dessinateur et peintre
de Bourges
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- C'est à partir de 1955 qu'il doit
quitter le quartier d'Avaricum et il s'en va à la limite
d'Asnières les Bourges et de Saint Doulchard. Il vit alors
dans une cabane avec ses chats, c'est au lieu-dit "Les Gargaudières".
C'est en pleine nature et il travaille dans une sorte de cabine
de camion.
- Pour vivre, il dessine, il reproduit
à l'encre ou au crayon le Palais Jacques Coeur, les vieilles
rues de Bourges, les Eglisee et surtout la Cathédrale
Saint Etienne.
-
- Il dessine le Bourges éternel,
" appuyé
contre un mur, perché tel un échassier sur une
seule jambe contre laquelle l'autre s'est repliée ", ses dessins sont remarquables, d'une très
grande précision, ils ont une âme. Il mange comme
autrefois, sans assiette ni fourchette, il utilise un canif un
peu rouillé, et dors à même le sol, sans
se soucier du lendemain, ni du temps, il ne possède pas
de montre
. Ni de peigne. Il vit par son art.
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- Comme Hazé nous a montré
le Bourges de 1830, Bascoulard nous dessine celui de 1960. Et
il aimait aussi écrire des poèmes, :
-
- Je vois que
fin avril bourgeonne
Lorsque l'air fleure l'agrément,
Le champ, alors, se badigeonne
D'un vert délicieux, amplement
" Je vois, 1976 "
-
- Ce que l'on sait moins, c'est qu'il a
fait de l'art abstrait, qu'il a eu une période de cartographiste,
vers 1947, il se rendait à Paris pour vendre ses dessins
et ses cartes.(comme à l'IGN ou à la Vie du Rail).
- Il était aussi un amateur de locomotive
à vapeur, un de ses rêves.
-
-
- Puis à Asnières, il vit
dans plusieurs baraques, avant de terminer tragiquement son existence
dans la cabine d'un camion. Son assassin, Jean Claude S.., âgé
de 28 ans sera condamné à 15 ans de prison l'année
suivante.
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- Une dynamique association des Amis de
Marcel Bascoulard va perpétuer sa mémoire. Son
nom est donné à une place derrière la rue
Mirebeau en 1978, puis des expositions, des animations avec des
associations de commerçants et en septembre 1998, et sur
cette petite place qui porte son nom, un buste en bronze sera
érigé et inauguré par la Municipalité
de Serge Lepeltier le 8 octobre 1998.
-
- Une partie de cet artiste provient de
la plaquette réalisée par l'Association "Souvenir
Marcel Bascoulard de Bourges", à l'occasion des 30
ans de la mort de l'artiste, et d'une exposition en février
2008 dans la salle du duc Jean de Berry. Le président
de l'association étant alors M Alain Charbonneau.

QUELQUES
TEMOIGNAGES SUR MARCEL BASCOULARD
- texte: Je suis né à Bourges
en 1958 et ai habité à St Doulchard jusqu'en 1975;
j'ai croisé M Bascoulard dans les vignes d'alors, situées
entre le collège Louis Armand et la route du bourg à
Bourges; j'étais gamin, les adultes nous conseillaient
de ne pas trop nous approcher de lui, ceux-la même qui
aujourd'hui l'encensent ... j'en avais peur donc, ce que la bêtise
peut faire ...
- Il m'aurait appris plein de choses sans doute,
de façon rude sans doute, mais sans doutes aucuns, moins
rude que mon père. Je ne comprenais pas la haine que les
adultes lui vouaient, alors que voûté sur un bout
de papier il voyait les rues montant vers la cathédrale
comme je ne peux m'empêcher de les voir encore aujourd'hui,
comme elles étaient dans mon enfance ... enfin, il a une
place à son nom, et un buste ... cela donne bonne conscience
- Vous ne retiendrez pas mon commentaire, ce n'est pas grave,
ma mémoire reste
nom: Claude T
texte: Mon grand père
qui, avait un hôtel restaurant sur la place St Bonnet avant
la guerre, nourrissait régulièrement Bascoulard.
Celui ci lui fit en remerciement un très beau tableau
en couleur de la place avec l'hôtel et un dessin d'église.
- LES DEUX SONT A VENDRE
nom: AMICHAUD
En exergue de l'ouvrage écrit par Patrick
Martinat, paru en 2000, se trouve cette phrase de Bascoulard
datée de l'hiver 1977 :
" La vie est
amère lorsqu'on la boit sans sucre ".
Pour en savoir plus, deux ouvrages intéressants
et fort bien documentés :
Bourges, Bascoulard de Jean Favière
(1978)
Bascoulard, par Patrick Martinat (ed Michel Berger)
Un témoignage :
J'ai habité Bourges pendant 40 ans
et dans mon enfance près des Marais route de la Charité.J'ai
souvent regardé Bascoulard travailler quand je rentrais
de l'école du Bouillet.Merci à lui de me faire
revivre tout un passé
nom: Landes André
sujet: Bascoulard
texte: Je viens d\'apprendre qu'il y avait une exposition sur
Bascoulard dans un musée de Bourges. J'ai un belle gravure
de Bascoulard de 1943 en couleur représentant le chevet
de la Cathédrale. Une photo ou une reproduction de cette
oeuvre vous intéresserait-elle ?
nom: Viviane Cormelié
email: vcormelie@hotmail.com