Raymond Boisdé fut
un des grands maires de la ville de Bourges, même si la
fin de sa carrière fut très contesté et
cahotique. Il est maire de 1959 à 1977, et en 18 ans,
il a pu façonner la ville dans plusieurs domaines.
RAYMOND BOISDE FUT MAIRE
DE BOURGES PENDANT 18 ANS, 1959 - 1977,
Dans l'entre-deux-guerres,
Bourges avait été dirigée d'une manière
remarquable par un maire de très haut niveau : Henri Laudier.
Par la suite, dans les années qui suivirent la Libération,
plusieurs maires se succédèrent, certains resteront
quelques mois, d'autres six ans, ils ont laissé leur empreinte,
mais il leur a manqué "la durée".
Aussi, l'arrivée en Berry et à Bourges de Raymond
Boisdé va marquer à nouveau notre histoire locale.
Sans avoir toutefois le recul de l'histoire, il apparaît
intéressant de présenter à travers les différentes
élections municipales et législatives, ce député
puis député-maire qui dirigera la cité berruyère
pendant 18 ans.
RAYMOND BOISDE DEPUTE DU CHER
BOISDE DEVIENT MINISTRE
BOISDE ELU MAIRE DE BOURGES
BOISDE AU SOMMET DE SON ART
LA CAMPAGNE ELECTORALE DE 1977
REALISATIONS PAR THEMES DE RAYMOND
BOISDE
Tout commence avec les élections législatives
de juin 1951, et jusqu'en 1977, il sera, à des postes
différents, le véritable patron de la ville, du
département, et même de la région Centre
dont il sera le premier Président !
RAYMOND
BOISDE DEPUTE DU CHER
Raymond Boisdé est un vendéen, né le
15 août 1899, très exactement à Chantonnay.
Marié à Edmée Robineau, il aura un enfant,
Geneviève (devenue Madame Roger-Henri Chipot)
Il obtiendra sa licence de droit, avant de choisir une école
d'Ingénieurs. Il sortira en effet en 1921, Ingénieur
de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, appelée
communément "Centrale".
Il s'oriente vers les études d'Organisation du Travail
et du commerce. Il va allier toute sa vie, des préoccupations
d'ordre politiques et techniques. Il écrira de nombreux
ouvrages sur le travail et son organisation.
Raymond Boisdé est venu à Bourges pour terminer
une carrière politique déjà bien fournie.
Il s'intéressait à la mairie. Il avait préparé
sa venue en Berry, par une série de conférences,
en particulier sur la fiscalité.
Vinrent alors les élections législatives du
17 juin 1951. Elles avaient un mode de scrutin relativement complexe
que le troisième cabinet Queuille avait fait voter : la
loi électorale des "apparentements". La proportionnelle
restait la règle, mais les listes qui "s'apparentaient"
à l'avance se comportaient alors comme pour un scrutin
majoritaire. En cas de majorité absolue, par exemple,
ces listes auraient tous les sièges qu'elles se répartiraient
ensuite de manière proportionnelle aux suffrages de chacune
d'elle. Cette loi d'une application fort complexe fut très
controversée !
La campagne fut âpre, dans le Cher, il n'y avait pas moins
de 8 listes. Parmi ces listes, les traditionnelles, comme le
P.C., le M.R.P. ou la S.F.I.O., mais aussi l'apparition d'une
liste gaulliste appelée R.P.F. A côté, l'U.D.S.R.,
le R.G.R. les Indépendants et Paysans et même un
parti des contribuables.
Deux faits à noter dans la campagne qui ne faisait pas
souvent la "une" des journaux locaux. Le premier, c'est
la venue le 13 juin 1951 d'André Malraux, venu soutenir
l'homme qui avait prit la tête des gaullistes locaux :
Raymond Boisdé.
A 21 heures, dans la grande salle Séraucourt, Malraux
a attiré la grande foule. Il est présenté
comme le Secrétaire Général à la
Propagande, ancien ministre. Boisdé commence le meeting,
présidé par le général Challe, assisté
de madame Weil, conseillère municipale.
M. Boisdé commence en se situant, lui et son "parti",
dans la vie politique. Il assure que le R.P.F. n'est pas un parti,
qu'il n'est pas apparenté et qu'il a un programme original.
En guise d'originalité, il déclare vouloir "assainir
les finances, faire des économies, restaurer la santé
de l'Etat et enfin il souhaite un apaisement social". Il
développe l'ensemble de ces points, avant de conclure
:
"Pour être respecté, notre pays doit être
respectable, craint et fort".
Il passe alors la parole à André Malraux qui, dans
le style inimitable qu'il conservera toujours déclare
:
"Il faut juger de Gaulle, non sur le plan des politiciens,
mais sur celui de l'histoire. Le gaullisme n'est pas une garantie
mais peut être une chance pour la France".
Le second événement de la campagne électorale
fut une réunion publique qui opposait 6 responsables de
listes du Cher. C'était à la Halle et c'est André
Cothenet qui présidait cette réunion qui avait
attirée la foule des grands jours.
Il y avait Coffin pour la S.F.I.O. qui reviendra plusieurs fois
sur " le R.P.F. et son chef : De Gaulle veut faire revivre
une sorte de néo-bonapartisme. ".
Autre orateur, second dans l'ordre de prise de parole, justement
le représentant du R.P.F., un nouveau en Berry : Raymond
Boisdé. Il sera, semble-t-il assez court dans son propos
:
"Les électeurs devront choisir entre une politique
d'assainissement et un amalgame de politiques contraires".
D'autres responsables s'exprimeront, dont Jacques Genton pour
le R.G.R. qui s'exprime ainsi : "Nous ne représentons
personne, si ce n'est nous-mêmes et nos idées",
c'est à la fois plein de bon sens, et typiquement berrichon.
Les résultats vont surprendre la classe politique. C'est,
sur le plan national, la victoire des extrêmes. Le R.P.F.
d'un côté avec 4 millions de suffrages soit 22%
est opposé au P.C. qui conserve ses positions avec près
de 5 millions de suffrages.
Dans le Cher, Marcel Cherrier est élu. Les socialistes
de la S.F.I.O. bien que perdant beaucoup de voix, puisqu'ils
passent de 22862 à 16 741, mais ils conservent un siège,
celui de Coffin.
Le M.R.P. n'a plus de siège, c'est la déconfiture,
il avait obtenu 26667 voix, il lui en reste 7598. Alors les deux
sièges vont à deux "nouveaux" : Jacques
Genton qui commence sa carrière politique à haut
niveau est élu sur une liste R.G.R. et le R.P.F. avec
le "parachuté" Raymond Boisdé monte en
flèche et envoie ce dernier à l'Assemblée.
BOISDE
DEVIENT MINISTRE
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C'est à cette époque que les Berrichons découvrent
avec surprise et fierté que le député qu'ils
avaient élu deux ans auparavant vient d'être nommé
ministre. Le 3 juillet 1953, alors que le typique André
Queuille forme son gouvernement, lequel comprend Edgar Faure
et François Mitterrand, la liste des 16 secrétaires
d'Etat est publiée et, entre les noms de Jules Ramarony
à la Marine Marchande, et Philippe Olmi à l'Agriculture,
apparaît celui de Raymond Boisdé Secrétaire
d'Etat au Commerce.
Dans la présentation, Boisdé figure en photo
en première page du Berry Républicain, et un texte
décrivait ce nouveau ministre:
"Président de nombreux organismes industriels
et commerciaux, Président et délégué
Régional à Bourges du mouvement des contribuables,
il est membre du Comité Directeur du Conseil National
du Patronat Français et secrétaire général
du bureau parlementaire du Comité de l'Artisanat".
Le portrait se poursuit avec la guerre de 1914-18, puis celle
de 1940 au cours de laquelle M. Boisdé a été
lieutenant. En outre, il est membre de la commission des finances
à l'Assemblée Nationale.
La première déclaration de M. Boisdé est
faite trois jours plus tard, devant le Congrès départemental
du Mouvement de Défense de l'Epargne à la Chambre
de Commerce, il se dit un "vieux militant du mouvement"
et place dans ses priorités le problème fiscal.
Il ajoute, devant le maire Louis Mallet, Vivant préfet
et le sénateur Durand :
"Le relèvement économique de la Nation exige
le concours de l'épargne, mais il faut un certain nombre
de conditions. Et la réalisation de ces conditions devra
être une des tâches du Gouvernement".
BOISDE
ELU MAIRE DE BOURGES
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Le 24 février, le Maire Louis Mallet, élu six
ans auparavant informe ses concitoyens qu'il renonce à
former sa liste, et il diffuse un communiqué dans lequel
se retrouve une certaine amertume :
"Je constate avec regret que certains collègues et
personnalités ont, à la suite de décisions
contraires, délibérément compromis le principe
même de mon entreprise et empêché la poursuite
de l'élaboration de cette liste".
La campagne électorale est terne, on peut même dire
qu'il n'y a pas de campagne, les journaux locaux ne signalent
aucune confrontation d'envergure, et les réunions publiques
sont rares. Il apparaît qu'un affrontement entre la gauche
communiste et la liste constituée autour du député
Raymond Boisdé soit inévitable.
Jacques Chouard qui était encore le collaborateur du député
du Cher dans les Fédérations textiles et de l'habillement
lui suggéra de devenir Maire de Bourges. Il semble que
cette fonction ne le tentait pas et madame Boisdé pas
plus, trouvant que son mari était déjà suffisamment
occupé. M. Chouard m'affirmera :
" Je suis celui qui l'a convaincu, compté tenu
que je lui répétais sans cesse que la population
de Bourges le réélirait Député s'il
était son Maire, et alors que le RPF présentait
quelqu'un contre lui. J'ai gagné mon pari et ma suggestion
se réalisa".
Une quinzaine de jours avant le scrutin, la presse annonce
que Monsieur Boisdé s'est retiré à Paris
avec une liste de 68 noms qui se sont déclarés
disponibles, il va choisir les 35 candidats de qu'il emmènera
"au combat", sous le nom de "liste d'Union Municipale
d'Action sociale pour Bourges Grande Ville". Avec M. Boisdé,
des anciens, comme René Ménard ou André
Cothenet.
Les résultats du premier tour donnent les listes Boisdé
et Cherrier au coude à coude, loin devant les autres postulants
et se retrouveront une semaine plus tard pour une bataille à
deux.
Le docteur Delararre a retiré sa liste sans donner de
mot d'ordre.
Au second tour, la liste Boisdé avec 12831 voix sur les
33597 inscrits devance la liste d'Union des Gauche" de 1500
voix en moyenne et le système électoral majoritaire
à deux tours permet à Raymond Boisdé d'obtenir
pour sa liste, les 35 sièges du Conseil Municipal.
Tête de liste, le député du Cher est toutefois
contesté dans son propre camp puisqu'il arrive dernier
au nombre de suffrages, puisqu'il a 12204 voix, contre 13062
pour Alfred Depège qui arrive en première position.
Comme pour Laudier dans l'entre-deux-guerres, les fortes personnalités
sont assez souvent rayées..... par leurs électeurs.
Les lendemains d'élection sont difficiles, pour la première
fois depuis l'entre-deux-guerres, il n'y a aucune dose de proportionnelle,
selon les grands principes de la Ve Républiques. Contrairement
aux élections précédentes, c'est une liste
homogène qui entre au Conseil Municipal. 9 Conseillers
sortants de gauche ne sont pas réélus.
Les élections au poste de maire ne posent pas de problème
majeur, sur les 35 votants, il y a 34 voix pour Raymond Boisdé
et 1 bulletin blanc.
Dès son élection, Raymond Boisdé innove,
il ajoute des adjoints, créé un "Conseil des
Sages", avec la participation de l'ancien Maire sortant....
et sorti, son idée est d'appeler auprès de lui
et des autres Conseillers Municipaux à appeler auprès
d'eux, certaine personnalités d'un milieu très
éclectique, allant du sport aux questions sociales, en
passant par une multitude d'autres questions. Ainsi, il veut
gérer la ville de Bourges comme une entreprise industrielle,
avec le même type d'organisation. Il nommera un adjoint
supplémentaire chargé "des relations publiques",
il aura en charge le tourisme, les manifestations commerciales,
et les tâches de représentation, comme il y en a
dans les "entreprises et les grandes administrations",
c'est Pierre Rouzé qui détiendra ce poste.
Aux élections municipales suivantes, en 1965, Raymond
Boisdé sera réélu aisément face à
la liste de gauche de Henri Perrier. Parmi les colistiers du
maire figurent des personnalités connues comme Alfred
Depège, André Cothenet mais aussi René Henry
et Bernard Gourdon les socialistes de la SFIO.
BOISDE
AU SOMMET DE SON ART
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Raymond Boisdé était au sommet de son art, c'était
avant tout un travailleur acharné, Jacques Chouard raconte
que lorsqu'il était secrétaire d'Etat au Commerce,
le personnel du ministère arrivait chaque matin entre
9 H 30 et 10 H, le Ministre, lui, comme souvent les Berrichons
était un homme du matin, et il était à son
bureau dès 8 H 30, il était le premier sur les
lieux, même après une inauguration en Province d'où
il était rentré très tard.
Ses collaborateurs étaient souvent fort fatigués,
mais jamais il ne leur aurait fait le moindre reproche. M. Chouard
ajoutait : "Toujours très correct, jamais trivial,
Raymond Boisdé avait une formation d'ingénieur....
Doté d'une grande imagination, il lançait les projets
et seuls ses collaborateurs devaient en assurer la réussite.
Il ne manquait jamais de leur rafraîchir la mémoire
en temps opportun".
Bourges doit à Boisdé la réalisation
de l'ensemble de Bourges-Nord, les Gibjoncs et la Chancellerie,
cette "ville nouvelle" de 25 000 habitants. On peut
toujours dire qu'un projet n'est pas l'oeuvre d'un homme, mais
d'une équipe, et surtout, ces grands projets ont toujours
été pensé plus ou moins par des maires ou
conseillers précédents.
Dans un autre domaine, Boisdé est l'homme qui permettra
les débuts de la Maison de la Culture, et l'implantation
de la bibliothèque place des 4 Piliers, et sur le plan
industriel, c'est sous son mairat que les décentralisations
d'entreprises parisiennes se dérouleront.
Malgré sa forte personnalité, Boisdé ne
parviendra pas à implanter l'Université dont il
rêvait. Il amènera toutefois une antenne du Conservatoire
National des Arts et Métiers et surtout l'IUT, ce sont
les premiers pas.
Chacun à Bourges se rappellera aussi qu'il a lancé
l'ensemble de l'opération du Val d'Auron, avec ce lac
de 80 hectares qui fut l'objet de tant de controverses à
l'époque. Il l'inaugurera sous la pluie et dans la boue
un jour de février.... ce sera peu de temps avant sa chute.
LA
CAMPAGNE ELECTORALE DE 1977
Depuis les premiers jours de l'année 77, les Etats
Majors sont sur les dents, il faut préparer les municipales
prévues en mars prochain. C'est en février 1977
qu'apparaissent les premières dissensions de la majorité
sortante.
Raymond Boisdé qui vient de terminer avec difficulté
son troisième mandat se représente pour un quatrième.
La maladie et l'usure du pouvoir ont démontré au
maire de Bourges qu'il lui fallait trouver un dauphin, il déclara
en conséquence qu'il ne se représenterait pas.
Il chercha son successeur et trouva un homme dynamique et médiatiquement
connu au niveau national : Christian Gérondeau, directeur
des services de la sécurité au Ministère
de l'intérieur. Sa photo apparaît sur de grandes
affiches sur tous les murs de la ville. Avec un homme comme Christian
Gérondeau la municipalité resterait entre les mains
des "giscardiens".
C'était sans compter avec les dissensions des hommes
de droite, voyant cette curée, Boisdé, qui n'avait
pas préparé sa succession, se vit contesté
dans ce choix de dernière minute, aussi, pour calmer les
esprits, il déclara que, finalement, il se représentait.
Ce revirement ne fut pas très apprécié.
Le premier à ruer dans les brancards fut Maître
Christian Gérigny, qui appartenait au R.P.R. et pensait
pouvoir devenir légitimement maire de Bourges. Il déclarait
" si Gérondeau est sur la liste Boisdé, je
n'y figurerais pas". Dans un autre registre, au "cercle
Cujas", avec Maître Corneloup, Jean Marie Nunez et
Yvon Mautret feront une liste à part dans laquelle entreront
des anciens socialistes comme René Henry, cette liste
"Bourges Espoir" était un coup de pied à
Boisdé. Seulement, il n'était pas possible de mettre
un nom sur le futur maire en cas de victoire. Ce flou portera
sans aucun doute préjudice à la liste en cause.
Devant cette incohérence, Christian Gérondeau
quitta le Berry laissant trois listes en présence, dont
deux pour la sensibilité de droite.
A gauche, une liste dite "d'union de la gauche"
est emmenée par un communiste, conseiller général
de Bourges Nord et ancien de l'équipe vierzonnaise de
Léo Mérigot. Entourant ce communiste, quelques
socialistes, dont Jean Roger et des personnalités telles
Edmé Boisché, un gaulliste de gauche. Face à
la puissance de la droite, sur une ville comme Bourges, monsieur
Rimbault et ses amis n'ont pas beaucoup de chance.
Les résultats des élections à Bourges
font l'effet d'une bombe pour tous les Berruyers qui n'étaient
pas familiers de la politique locale. La liste emmenée
par Jacques Rimbault l'emporte très largement avec près
de 56% des suffrages, et Raymond Boisdé a perdu. C'est
une défaite sévère, mais ce qui est encore
plus difficile, ce n'est pas d'avoir été battu
par ses adversaires, mais par ses amis. Il ne fait aucun doute
que la perspective de remettre à la première place
de la ville, une équipe ancienne et usée, a amené
beaucoup de rancoeur dans les rangs de la droite locale.
Beaucoup de femmes et d'hommes n'ont pas compris que Raymond
Boisdé n'ai pas laissé la place à l'équipe
de Bourges-Espoir qui pouvait être une alternative intéressante.
Alors, de nombreux Berruyers, pas plus communistes que socialistes,
ont avant tout voté contre l'équipe du maire sortant.
Raymond Boisdé va partir, sans doute avec beaucoup
d'amertume et d'incompréhension.
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REALISATIONS
PAR THEMES DE RAYMOND BOISDE
Les réalisations de l'équipe de Raymond Boisdé,
maire de 1959 à 1977, c'est à dire durant 18 ans
sont importantes, une analyse synthétique permet de ressortir
celles qui semblent essentielles, elles sont classées
arbitrairement par grands domaines, avec quelques mots de commentaire.
Urbanisme et logement
C'est le domaine le plus important de l'action du maire de
Bourges avec la réalisation d'une "ville nouvelle",
Chancellerie et Gibjoncs, une ville de 25000 habitants correspondant
à cette époque à une demande essentielle
des habitants. Se loger était leur préoccupation
majeure.
Les édifications de logements dans de grands immeubles
comme cela se faisait à l'époque date de 1964 et
se poursuivra jusque vers 1975. (les premières études
ayant commencé sous Louis Mallet dès 1957)
Le second lieu de construction fut le Val d'Auron. Afin de
recentrer la ville autour du centre Historique, le maire cherchait
à créer un lac artificiel avec tout autour la construction
d'une nouvelle partie de la ville. Il rêvait "d'un
petit Vichy", c'est à dire d'un quartier calme, agréable
et
. écologique avant la lettre.
Construction de zones pavillonnaires comme le quartier de
Vauvert avec des maisons individuelles et des immeubles, c'était
à partir de 1965. Quelques années plus tard, c'est
le quartier des Pijolins qui est édifié, ainsi
que le début du quartier de Turly (clos des Amandines).
C'est à la fin des années 1960 que le pont d'Auron
est doublé, diminuant les longues files d'attente pour
traverser l'Auron.
C'est le début aussi de la liaison routière
est- ouest dite du boulevard de l'Avenir.
Réalisation du parking Cujas, en 1976 avec démolition
des bâtiments de l'école des Beaux Art et transfert
de celle-ci à l'emplacement du lycée Alain Fournier.
Enseignement et université
Professeur d'enseignement supérieur, ingénieur
et spécialiste de l'organisation du travail, Raymond Boisdé
va beaucoup uvrer dans le domaine de l'enseignement supérieur.
Il va amener à Bourges en janvier 1960 un Centre Associé
du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) qui
existe toujours.
Le 30 octobre 1961, le conseil municipal décide la
création de l'Ecole de Droit de la Ville de Bourges.
Puis, dans le cadre du Plan, qui était alors un des
grands éléments de la stratégie gouvernementale
de l'époque, il va implanter l'IUT, Institut Universitaire
de Technologie qui ouvre ses portes en novembre 1968 avec, assez
rapidement, 3 départements (Génie mécanique,
Gestion des Entreprises et génie Civil.
Sur la lancée, et cela était prévu, il
tentera d'obtenir l'école d'Ingénieur. Ce sera
un échec qui l'affectera beaucoup.
Pourtant dans les années 1970 une antenne de l'école
d'ingénieurs d'Orléans, l'ESEM, avec la filière
"transports et propulsions" sera implantée à
Bourges et de nombreux ingénieurs en sortiront pour être
employés à l'Aérospatiale.
Cette antenne retournera à Orléans au début
des années 1990.
Toujours sur le plan de l'enseignement, c'est à Raymond
Boisdé que Bourges doit son lycée agricole, implanté
à Bourges Nord dans la zone des Gibjoncs dans la décennie
1960. Les acquisitions de terrains se déroulent en 1965
et en 1968 le lycée est totalement opérationnel.
Construction du lycée Alain Fournier pour remplacer
le petit lycée situé rue Branly, et qui sera inauguré
le 29 octobre 1966 par le premier ministre Georges Pompidou.
Construction de l'école des Merlattes dans la fin des
années 1960, avec 10 classes primaires et 2 de maternelle.
Construction du lycée Pierre-Emile Martin et du LEP
Calder qui sont inaugurés en février 1961.
La culture à
Bourges
C'est peut être dans le domaine de la Culture que Raymond
Boisdé est le plus respecté. En effet, la Maison
de la Culture de Bourges, c'est son uvre et sa volonté.
Ses bonnes relations avec André Malraux ayant facilité
les choses, il fait terminer l'intérieur de la "salle
des fêtes" de Laudier, puis en 1963 créé
la Maison de la Culture telle qu'elle existe encore aujourd'hui..
C'est sous Raymond Boisdé que sera crée le GMEB.
Le sigle est barbare et difficile à prononcer, c'est le
Groupe de Musique Expérimental de Bourges avec Françoise
Barrière et Christian Clozier, et dès 1973 sera
organisé un concours international de musique Electroacoustique.
Moins connu et parfois controversé, le Printemps de
Bourges a été conçu sous le mairat de Raymond
Boisdé. En effet, la manifestation de prélude du
Printemps, eut lieu à la Halle au blé, c'était
un spectacle de 3 jours de chansons françaises en septembre
1976 avec pour organisateurs, Meilland, Dechico et Colling, les
deux premiers venant de la Maison de la Culture.
Le premier Printemps se déroula en avril 1977, quelques
jours après la défaite de Boisdé aux élections,
le Printemps de Bourges devenant alors l'uvre de Rimbault.
Entre urbanisme, patrimoine et culture, un des éléments
les plus important pour la ville de Bourges fut la constitution
d'un secteur sauvegardé. La loi Malraux est de 1964 et
immédiatement, Raymond Boisdé se mit sur les rangs
et obtint le 18 février 1965, 64 hectares de secteur sauvegardé.
Un des premiers et des plus vastes secteurs de France.
Réalisation d'une vraie bibliothèque municipale
dans l'Hôtel du docteur Témoin, place des 4 Piliers.
Ce projet datait de 1957 et soulevait de nombreuses critiques,
mais finalement, la bibliothèque entrera en fonction en
septembre 1964 remplaçant celle, vétuste de l'Hôtel
de Ville.
Restauration du couvent des Augustins qui était à
l'abandon.
L'industrie et le commerce
Le fait qu'il était parlementaire influent, et avait
été ministre, permettait à Raymond Boisdé
de travailler sur des dossiers industriels en vue de faire venir
à Bourges et dans le Cher des industries nouvelles.
C'était l'époque de la décentralisation
voulue par le pouvoir parisien et la volonté d'alors de
la DATAR.
Il va réussir plusieurs opérations à Bourges,
celle de Fagersta (aujourd'hui Séco tool) qui s'implante
avenue de la Prospective avec 70 emplois, puis les Ets Weinberg
qui se décentralisent de Paris et emploient 500 personnes.
Dans le Cher, de 1958 à 1971, ce sont une quinzaines d'entreprises
importantes employant plus de 3000 personnes qui sont décentralisées
de la région parisienne dans le Cher.
C'est aussi en 1972 que commence la première délocalisation
de Châtillon vers Bourges de la SNIAS (Aérospatiale)
avec la construction et du centre du Subdray et l'arrivée
de plusieurs centaines d'employés parisiens dans l'agglomération
berruyère.
L'ESAM, qui est arrivée à Bourges après
guerre a eut une existence plutôt désordonnées
avec des restructurations, mais en 1965, une partie de l'activité
qui était allée à Fontainebleau en revient.
Construction des bâtiments modernes de l'ETBS qui sont
inaugurés lors du centenaire de 1972.
Inauguration en décembre 1972 de la nouvelle aérogare,
réalisée par le CCI en bordure de la route de Saint
Florent.
Sur le plan commercial, en 1963, c'est la création
de la chaîne Major - Unidis réalisée par
4 grossistes locaux. Plus tard, Carrefour, l'hypermarché,
s'implante à Bourges dès 1969, sur une zone aux
limites des marais.
Le sport
Le sport ne semble pas avoir fait partie des passions du maire
de Bourges de l'époque. C'est pourtant lui qui va réaliser
le premier parc des sports de la Ville à Séraucourt.
L'idée première date de Laudier qui avait un projet
sur l'ancien champs militaire en bas de la place Séraucourt.
Boisdé réalisera un véritable complexe sportif
avec football, athlétisme et rugby, inauguré le
30 août 1964.
Bourges ne possédait pour faire de la natation que
la piscine Robinson, c'est Raymond Boisdé qui lance dès
1963 les premières études pour construire un grand
Centre Nautique. Ce sera le Centre Nautique des Prés Fichaux
est inauguré le 15 juin 1968.
La construction du Palais des Sports du Prado est l'uvre
de Boisdé, le projet initial date de 1963 et il se réalisera
malgré des difficultés financières dues
à l'arrivée tardives des subventions.
Construire n'est pas tout, Boisdé va aussi créer
en 1966 le FCB, Football Club de Bourges en réunissant
les deux clubs locaux antagonistes, le Foyer Saint François
et le Racing Club de Bourges. Boisdé en sera le premier
président.
En 1973, le ministre des sports, Pierre Mazeau vient à
Bourges pour l'inauguration du dojo, il parle de Bourges comme
de la ville "la plus sportive de France".
Organisation des "Relais Jacques Cur" une
compétition d'athlétisme internationale de type
"relais" qui durera plusieurs années avant de
sombrer
.
Autres réalisations
Jumelage en 1966 de Bourges avec la ville allemande d'Augsbourg,
la première ville jumelée Peterborought étant
l'oeuvre de Louis Mallet.
Construction et implantation de la station météo
de Bourges route de Saint Florent en 1967.
Construction de l'immeuble de la Sécurité Sociale
boulevard de la république qui est inauguré le
17 septembre 1968.
Réhabilitation de l'Hôpital de Beauregard avec
la suppression de ce qui s'appelaient les cellules.
Inauguration le 16 juin 1972 de la maison de retraite de la
roseraie à Bellevue, un édifice dû à
l'architecte Feret.
Construction de l'Auberge de Jeunesse, en octobre 1967, à
proximité du parc Saint Paul. Un projet d'agrandissement
en 1982 ne sera pas mené à bien.
Construction de l'école d'infirmières dans le
quartier de la gare.
Les Projets de Raymond Boisdé
Parmi les projets dont les études commencent sous Boisdé
on trouve des édifices ou des structures qui seront construits
rapidement et d'autres qui
attendront.
- La Trésorerie générale située Place
Saint Catherine.
- La Chambre de Commerce sur l'Ilôt Victor Hugo
- L'extension des bâtiments de l'Hôtel de Ville
D'autres projets sont dans les cartons comme la gare routière
place Parmentier,