Roland Narboux - l'Hôtel de Bourbon - Bourges encyclopédie

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES

L'ABBAYE SAINT AMBROIX ET L'HOTEL DE BOURBON
Par Roland NARBOUX

L'Hôtel de Bourbon et l'Abbaye Saint Ambroix donnent une idée de ce qu'est le patrimoine de Bourges. A cela s'ajoute un volet important sur la gastronomie.

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L'abbaye Saint Ambroix et l'Hôtel de Bourbon sont devenus dans les années 1990, un lieu incontournable dans le domaine du tourisme à Bourges.

C'est devenu l'hôtel de luxe et un restaurant comportant une étoile au Michelin, ce qui est rare en Berry. Avec en prime, un cadre patrimonial partiulièrement riche.

L'histoire lointaine et récente de ces lieux est un vrai romaan.

L'ABBAYE SAINT AMBROIX

Une église située à cet emplacement est connue dès le huitième siècle. Le nom de Saint Ambroix a été donné à partir du jour où le corps du saint, évêque de Cahors y fut déposé vers la fin du VIII e siècle. Les bâtiments subiront au fil des ans des pires outrages, de la part des Normands vers 868 et de celle des Protestants en 1562. Les Augustins s'y installeront et leur Abbaye est reconstruite par Jean Lejuge au XVII ième siècle.

Partiellement détruite à la Révolution, elle est vendue à M. Butet et fut utilisée comme fabrique de toiles pour les voiles de navire de la marine... Bourges ne devenant jamais un grand port, cette industrie aux mains de la famille Butet disparaîtra.
Elle eut un effectif de l'ordre de 800 ouvriers, dont 500 jeunes filles venant de la région parisienne.

Plus tard, elle entrera dans la famille de Bourbon après l'acquisition par la comtesse du même nom, (Yel de Castelneau et Comtesse de Bourbon) . Jusqu'à l'achat par la ville qui n'en sera que faire et louera en quelque sorte les ruines pour un groupe hôtelier qui en fera une des meilleure demeure pour les hôtes et touristes de Bourges.

Dans cette demeure où la salle de restaurant est située dans la Chapelle rénovée, le mystère et l'insolite subsistent à chaque pas. C'est ici que furent tournées des scènes du film de Gabriel Albicoco : le grand Meaulnes tiré de l'œuvre d'Alain Fournier.

C'est aussi dans les sous-sols du bâtiment que se trouveraient encore les restes de Rodrigue et de Chimène. En effet, l'abbaye appartenait alors à la famille Butet, et à M. Butet père. Son gendre se nommait Pierre Durand, il participait à la guerre napoléonniène en Espagne et il assista à Burgos le 12 décembre 1808 à la profanation du tombeau des deux héros que furent Rodrigue et Chimène. Il ramena des restes en France et sa veuve assurait en 1829 qu'ils étaient conservés dans l'Abbaye.
Sa veuve, Camille écrivait encore en 1829 ces quelques mots :
" Ces restes illustres que je possède, soustraits par une main aujourd'hui desséchée, bientôt seront à peine quelques parcelles poudreuses".

Au mois d'avril 2006, le docteur Philippe Charlier , à la recherche de restes humains d epersonnages célèbres, après sa réussite du Agnès Sorel, se pit "en chasse," avec les Amis de Jacques Coeur sur Rodrigue et Chimène. Et bien , les restes existeraient, ils sont, si ce sont les vrais, au Musée de Châteauroux, dans un coffre avec d'autres reliques.

à suivre.


L'HISTOIRE MODERNE DE LA CONSTRUCTION

Parmi les difficultés des années 1980, se situe l'épisode de la construction de l'hôtel de Bourbon. Il s'agissait d'une ruine, régulièrement squattée et qui appartenait à la Ville, laquelle ne savait trop qu'en faire.
Lorsque se précise le projet pour en faire un hôtel, ce fut le scepticisme général, comment tirer quoi que ce soit de ces quelques murs encore en place ? Le débat va provoquer une colère de l'adjoint à la Culture, Philippe Goldman qui s'insurge, non pas contre une réhabilitation de l'édifice, étant " très favorable à la réutilisation du bâtiment", mais sur le fait que "le site aurait mérité une fouille archéologique, il contient un substrat de l'époque gauloise. Il a été ensuite occupé par l'abbaye Saint-Ambroix." Et comme historien local, il termine son propos par ces mots sans nuance : "c'est un saccage archéologique et un ratage architectural".
Pourtant les travaux vont se poursuivre, et les Berruyers découvrent en avril 1991, un magnifique hôtel conçu puis géré par Jean Claude Leray, ainsi qu'un des meilleurs restaurants de la ville, le Saint-Ambroix.

C'est en avril 1991 que s'ouvrira l'Hôtel de Bourbon et le restaurant Saint Ambroix, parmi les premiers clients, comme le Printemps de Bourges est prévu quelques jours plus tard, on trouve les noms de Patrick Bruel ou de Juliette Gréco.

En savoir plus sur des thèmes voisins :

ABBAYES ET COUVENTS
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