Vers 380, c'est à dire
à la fin du IV e siècle, ce sont les " invasions
barbares ", avec les Burgondes qui descendent de Germanie,
ils passent la Loire, et arrivent en Berry. Ils se heurtent alors
à d'autres " barbares " qui remontent d'Espagne,
et que l'on appelle les Wisigoths. Leur roi s'appelle Euric.
Mais ce n'était pas
fini, et les francs se pointent, avec à leur tête
Aegidius qui va livrer bataille à une cinquantaine de
kilomètres de Bourges, très exactement à
Déols en 468.
C'est un peu plus tard, que
le roi vainqueur, Euric s'installe à Bourges, dans un
beau palais, il avait entre temps envahit l'ensemble de l'Aquitaine.
C'était en 475.
Contrairement à la légende populaire, le roi Euric
n'était pas un barbare, il s'était converti au
christianisme puis avait dérivé vers l'arianisme.
Les wisigoths n'étaient
pas de grands administrateurs comme les romains, aussi ils laissèrent
tranquille les gallo-romains berruyers qui conservèrent
leurs coutumes nationales et berrichonnes.
Cela correspond aussi dans
ces période à l'arrivée d'une religion nouvelle
: le christianisme.
Wisigoths et Francs
Les wisigoths ne vécurent
pas très longtemps en paix à Bourges. Ils se retrouvèrent
bientôt face aux francs.
Attention aux clichés, les Wisigoths étaient alors
latinisés et chrétiens, alors que les Francs étaient
de sombres personnages, païens et ils ne vivaient que de
pillages. Ils vivent bien et pillent bien.
Un combat interne se déroule
alors en interne dans le camp des Wisigoths, et cela oppose l'hérésie
arienne au catholicisme et les évêque, sans doute
mal conseillés, préfèrent les barbares francs
aux wisigoths civilisés.
Alaric 2 est " lâché
" par l'épiscopat
Euric et ses successeurs n'étant
pas des partisans de la religion nouvelle, les habitants de Bourges
furent persécutés, en particulier les chrétiens.
Et puis ce fut l'arrivée
de Clovis et de ses francs, avec la célèbre bataille
de Vouillé en 507 dans laquelle Alaric 2 qui avait succédé
à Euric fut tué, et Clovis conquit l'Aquitaine.
Les Francs deviennent les
maîtres de toutes les provinces du sud de la Loire et donc
de Bourges - Avaricum. A partir de ce moment Bourges se retrouve
rattaché au royaume Franc.
Que devient Bourges et le Berry ?
Il faut savoir que sous l'ère
des Wisigoths, ce fut un calme relatif à Bourges. Et l'arrivée
des Francs à Bourges va vite devenir désastreuse.
Les incursions de bandes armées
sont incessantes, dévastant tout et incendiant ce qui
reste !
En 532, Bourges et le pays berrichon sont ravagés par
le roi de Metz, lequel s'appelait Thierry.
A la mort de Clovis, le royaume
des francs fut divisé en 3 pour ses fils et c'est un de
ses petits fils, Gontran qui possédait déjà
le royaume de Bourgogne et l'Orléanais qui reçut
en plus, le Berry à la mort de son père Clotaire.
Ce fut l'occasion de troubles importants dus à la lutte
fratricide entre Gontran et son frère Chilpéric,
chacun d'eux voulant récupérer le Berry.
Bourges reçoit de plein
fouet toutes les batailles et en plus, comme si cela ne suffisait
pas le Berry, comme l'Auvergne sont atteint de la peste bubonique.
Ce sixième siècle est d'ailleurs particulièrement
cruel, puisque les éléments naturels en ajoutent
encore. Après la guerre et les pillages, des pluies diluviennes
s'abattent sur le Berry avec des crues dans toutes les rivières
et la Loire, l'Allier
etc .
L'ensemble des calamités,
comme cela se voit dans l'Histoire aboutit à de longues
années de famine et celle de 580 reste pendant des décennies
dans toutes les mémoires.
Cette période, comme
le raconte Grégoire de Tours est dévastée
" de manière pitoyable ".
585 et la suite
Dans ces années pitoyables,
les berrichons ne sont pas uniquement des victimes, ,ils leur
arrive même parfois d'être des barbares. Ainsi, en
585, ils équipèrent une armée qui pilla
et dévasta la Touraine et le Poitou. Ils participèrent,
sans doute dans le même élan de conquête à
une expédition dans le sud vers Carcassonne. Là
ils se retrouvèrent face à des Wisigoths qui étaient
encore là, et les berrichons furent battus. Ils en perdirent
aussi tout le butin qu'ils avaient amassés dans les pillages.
Après ces évènements,
Chilpéric, par vengeance, décida d'envoyer à
son tour trois armées en direction de Bourges. Mais les
berruyers voulurent éviter le piège et s'en allèrent
au devant de Chilpéric et ce fut la bataille de Châteaumeillant.
A Châteaumeillant, Gontran
fut battu, mais il prit sa revanche à Melun et il fit
lever le siège de Bourges.
Cette même année
en 585, Grégoire de Tours mentionne pour la première
fois le nom d'un comte de Bourges, un certain Ollon. On disait
de lui, qu'il était " sans scrupule, sournois et
violent "
. Bref un gentil garçon !
Les Maires du palais
A la fin des rois mérovingiens,
ce sont les " Maires du palais " qui eurent le pouvoir.
Mais l'Aquitaine ne voulut rien savoir et ne les reconnu pas.
C'est Eudes un duc qui prit la tête de la contrée,
il disait lui-même qu'il descendait des rois mérovingiens.
Ce fut à nouveau une
belle lutte entre les maires du Palais qui représentaient
le pouvoir royal et le duc Eudes.
Comme un malheur n'arrive jamais seul, Eudes se retrouva à
combattre au sud contre les arabes avec à leur tête,
Abd er Rahman, et au nord contre Charles Martel qui était
un des fils naturels de Pépin d'Héristal.
Bourges se rtetrouva au milieu
du conflit, la ville fut prise par Charles Martel, puis reprise
par Eudes, lorsqu'ils s'aperçurent qu'ils allaient tout
perdre face à ce qui était le péril arabe
!
Alors, ils firent alliance
et ce fut une des plus célèbre bataille de France,
en tout cas connue par tous les petits écoliers de l'école
primaire :
Charles Martel et Eudes d'Aquitaine
stoppèrent les arabes et l'avance islamique à Poitiers
en 732 " contre leur ennemi commun qui menaçait tout
le territoire français et l'Eglise chrétienne ",
comme l'ont dit Suzanne Portier dans un opuscule de l'Office
de Tourisme de Bourges dans les années 1950.
Une fois ce danger conjuré
les combats fraternels se poursuivirent entre le fils de Charles
Martel cette fois et le fils de Eudes qui se nommait Hunald.
Et le fils de Charles Martel n'était autre que Pépin
le Bref, et c'est lui qui brûla les faubourgs de la ville
de Bourges, avant de poursuivre ses conquêtes vers l'e
sud de l'Aquitaine.
Hunald, peut être pris
de remords, se fit moine et c'est son fils, Waifre qui poursuivit
ce combat.
En 760, c'est le Berry tout
entier qui fut l'objet de combats et de pillages par Pépin
le Bref, donc le pouvoir royal, et il mit le siège devant
Bourges. La ville étant défendue par un conte,
Hunibert, lequel commandait alors les troupes d'Aquitaine.
Pépin le Bref prit la ville et s'en alla poursuivre les
Aquitains de Waifre, et c'est à la mort de ce dernier
que l'Aquitaine se retrouva dans le Royaume franc, avec pourtant
une prérogative consistant en une certaine indépendance,
d'esprit en tout état de cause.
Les Aquitains ne changèrent rien à leur habitudes,
et conservèrent le droit romain, et ils considéraient
les représentant et les gens du Royaume franc comme des
barbares !
Pépin le Bref ne voulant
sans doute pas passer pour un sinistre barbare, fit construire
dans Bourges un Palais dans un espace situé dans la ville
ancienne, à l'intérieur des remparts et où
se trouve aujourd'hui, la préfecture et le palais du duc
Jean.
Il habitat ce Palais, en particulier
avec la reine Bertrade pendant une bonne année, de l'été
767 au Printemps 768. On dit qu'il y fêta Noël.
Après Pépin
le Bref, chacun sait que le suivant est parmi les plus connus
des rois de France, et c'est vrai puisqu'il s'agit de Charlemagne.
On peut dire que pendant cette période, Bourges et le
Berry vécurent des jours calmes et heureux sans trop de
guerre : la paix était enfin revenue.
Un royaume d'Aquitaine fut
créé par Charlemagne pour un de ses fils, Louis
le Débonnaire.
La fin des carolingiens
La dynastie des carolingiens
se termine, on peut noter
Pépin 1 er , fils de
Louis le Débonnaire
Puis après Pépin 1 er se trouve le fils Pépin
2.
Charles le Chauve va combattre
ce Pépin 2 pour récupérer l'Aquitaine et
il prend Bourges en 849.
Bourges et le comté,
dans cette période peu connue, c'est à dire sous
le règne de Charles le Chauve, à un nommé
Gérard de Roussillon qui lutta contre son suzerain, et
aussi contre les Normands, c'était vers 867.
Bourges ne faisait pas partie
de la Francia, mais c'était assez compliqué puisque
la ville était la capitale de l'Aquitaine Première
et elle était placée sur le plan civil sous l'autorité
d'un comte et c'est l'archevêque qui avait l'autorité
religieuse. Et c'est ce dernier qui bénéficiait
de la réelle autorité. Le comte de Bourges quel
qu'il soit était un personnage trouble qui s'occupait
de faire la guerre et de nouer mille et une intrigues.
Les Normands vont revenir
et piller Bourges encore à plusieurs reprises, en 873
et en 916.
Et puis las de toutes ces
querelles le fils de Charles le Chauve qui s'appelait Louis le
Bègue, décidément, ils avaient des patronymes
qui n'étaient pas en leur faveur, bref, ce Louis décida
de supprimer tout simplement le royaume d'Aquitaine, et il plaça
tout ceci sous la bannière du royaume. Incluant bien entendu
Bourges.
Avec la fin des carolingiens,
l'Aquitaine fut morcelée, éclatée, et une
partie s'en allait vers l'Espagne, une autre avec Toulouse prenait
son indépendance et il ne restait que Poitou, Berry, Limousin,
Périgord, Aunis, Saintonge, Quercy, Agenais et Bordelais.
L'arrivée des capétiens
C'est avec Louis V que se
termine le règne de la dynastie des mérovingiens
et arrive les capétiens, ce qui va nous emmener jusqu'
à la révolution française
et un peu
après.
Les seigneurs du royaume ne
vont pas accepter l'oncle de Louis V, qui était Charles
de Lorraine, et comme pour un président de la république,
ils votèrent pour élire l'un d'entre eux, qui fut
le duc Hugues, lequel sera couronné le 3 juillet 987 à
Noyon.
Le nom de Capet, vient
.
Simplement de la cape qu'il portait , c'était en fait
une chape portée par les abbés laïcs.
Le Berry est alors coupé
en deux, le bas Berry demeure dans l'Aquitaine alors que Bourges
entre dans le royaume de France.
à suivre