Le cinéma a Bourges - Roland Narboux - Encyclopédie

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LE CINEMA A BOURGES
Par Roland NARBOUX
Bourges,le cinéma avec les salles d'autrefois et d'aujourd'hui et les films tournés à Bourges. Et puis ce témoignage exceptionnel et important de M Jean Marie Meunier sur un film anglais tourné dans les rues de Bourges.

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le cinéma Royal de Bourges

 

Les cinémas à Bourges furent pendant des lustres une des distractions favorite des berruyers au XX e siècle. Aucune étude semble-t-il n'a jamais été faite sur le sujet. Si un internaute pouvait complèter ce texte il en serait remercié.

 

les restes du cinéma Royal, rue Marcel Haegelen.

 

Les salles après la guerre de 1940 furent les suivants :

- Le Grand Palais : grande salle située rue Pelvoysin (actuellement lieu de vente de vêtements comme Naf- Naf...) c'était la salle mythique de Bourges avec un balcon et on pouvait voir des films dans une seule salle, mais aussi des conférences et des réunions politiques.

le Grand Palais sera racheté par Georges Raymond (de La Rochelle) pour faire de ce grand cinéma plusieurs salles (3 semble-t-il).

Il sera fermé au mois de juin 2000, avec une manifestation assez lamentable d'Irène Félix et de quelques uns de ses amis, refusant les nouveaux cinémas Multiplexes du parado allant jusqu'à voter contre en CDEC, ce qui fit reculer le dossier de près d'un an.

- L'Alhambra qui sera appelé aussi le Paris : un cinéma de bonne facture situé place de la Nation.

- Toujours dans cette zone, le "Cinéma Monopole Pathé" s'installe à Bourges dans les Salons de la Victoire place de la Nation et montre en 1910 les premiers spectacles cinématographiques.

- Le Royal : un cinéma situé dans le haut de la rue Marcel Haegelen, ce fut un cinéma de quartier, celui de l'Aéroport puis il s'était spécialisé dans les années 1970, dans les films "X" et donc le porno lorsque celui-ci arriva dans les salles.

- Le Lux de M. Jacquet qui était le cinéma d'Art et d'essai, qui était géré par un "fana" du cinéma, à la fois très serviable et compétent.

- Le Jean de Berry, cinéma situé vers l'Eglise du Sacré Coeur était un petit cinéma de quartier ou une salle de cinéma paroissiale. Robert Lechêne évoque ce cinéma : "Dans cette période de 1942 à 1944, il m'arrivait d'aller à un quatrième cinéma, la salle paroissiale du Sacré-Coeur, devant un petit square de la rue Jean-Baffier. Il y passait parfois de très bons films. Je me rappelle y avoir vu "La charrette fantôme".

- Le Rex, cinéma situé à proximité de la Place des 4 Piliers, il jouxtait l'Hôtel Témoin devenu bibliothèque municipale.Dans ce cinéma, qui a été installé juste avant la dernière guerre, Robert Lechêne se souvient "parce qu'il était permanent, il n'y avait pas de séance, on entrait , on sortait comme on voulait... je me rappelle avoir vu en 1943 "La ville dorée", premier film en couleurs projeté en France et atout de propagande nazie. "

- le Familia qui était une petit cinéma de quartier dans les jardins de l'église St Henri dans les années 1950/60 avec un balcon et des attractions à l'entracte. Cette salle existe toujours, elle sert davantage aux riffles et autres réunions.

- Orléans Cinéma qui est une petite salle située à proximité de la butte d'Archelet sur l'actuelle avenue du G de Gaulle.

(Ces deux derniers cinéma ont été communiqués par M. Max Balland)

Changement d'époque : les CGR

Tout commence avec des propositions vers 1996 et 1997 d'implanter à Bourges un complexe cinématographique, et un groupe belge est sur les rangs. Mais les choses traînent et surtout, le groupe veut construire ses salles vers l'autoroute, et il cherche entre Bourges, La Chapelle et Le Subdray.

Les débats en Bureau Municipal sont vifs, entre Paul André Aubrun et Jean Marie Nunez qui s'opposent sur le sujet.

Finalement l'opportunité du Prado, une ancienne zone industrielle dont une grande partie est en friche met tout le monde d'accord.

Et c'est la société CGR (Cinéma Georges Raymond) qui obtient le marché de construction.

Ce sont 12 salles qui sont alors offertes au public dans une belle qualité de confort et de son.

Les cinémas Multiplex donnent les résultats attendus et font l'unanimité de la jeunesse, les deux restaurants prévus prennent du retard, et la patinoire voit son ouverture reportée…. d'un an ! Quant aux surfaces commerciales, comprenant 4500 mètres carrés, elles existent quelques commerçants qui lance comme en 1982 / 83 une pétition, n'ayant pas tout compris des enjeux économiques d'une cité comme Bourges.

Le succès des multiplex surprend beaucoup de monde, depuis l'inauguration du 26 juillet 2000, ce sont des milliers de personnes qui vont désormais régulièrement au cinéma. Les jeunes ont vite compris l'apport des 12 salles de cinéma et le week-end, les personnes d'un certain âge ou les enfants prennent la direction du Pré Doulet. Certains jours, il manque déjà des places de parking !

L'inauguration se déroule avec à l'affiche le film "La Tempête" avec Georges Cloney et des effets spéciaux assez extraordinaires.

La Maison de la Culture réplique :

Alors que les cinémas CGR font le plein, une nouvelle salle est construite dans les locaux mêmes de la maison d ela Culture pour proposer des films plus "difficiles", et avec un peu plus de 100 places (110) , ce nouveau cinéma de grande qualité prend sa place dans le paysage berruyer.

Le nombre d'entrées fut de 35 000 en 2004 pour diminuer à 32 900 en 2005.

LES CHIFFRES A BOURGES

Avant l'arrivée des CGR, le nombre d'entrées aux cinémas était d'environ 280 000 personnes.

1994 = 258 000
1995 = 270 000
1996 = 286 000
1997 = 294 000
1998 = 334 000
1999 = 278 000
 
Et puis arrivent les CGR en juillet 2000 et c'est une hausse très forte des entrées (Méga CGR + Maison de la Culture) :
 
2000 = 390 000
2001 = 576 000
2002 = 566 000 (550 000 pour les seuls CGR)
2003 = 514 000
2004 = 573 000 ( dont 535 000 pour les seuls CGR)
2005 = 466 000 ( dont 440 000 pour les seuls CGR)
 
2006 = 501 000 ( dont 470 000 pour les seuls CGR ).
 
la baisse de 2005 ( - 18%) s'explique par la faiblesse des films proposés. Mais aussi l'implantation de cinémas modernes à Vierzon.
 
2006, ce fut les Bronzés 3, Pirates des Caraïbes 2, je vous trouve très beau et prête moi ta main.
A noter en France et à Bourges la contre-performance du Grand Meaulnes.
Pour 2006, les résultats sont totalement connus, les responsables des CGR pensaient retrouver les chiffres de 2004 ( 535 000 pour les seuls CGR) et ils espèrent espèrent beaucoup pour 2007, ils pensaient atteindre les 600 000 entrées, mais ce sera sans doute 500 000 avec des films comme Shrek3, Harry Potter 5 ou Spiderman 3.... etc, une pente montante, mais encore trop faible pour arriver à 600 000.
A noter le film "Michou d'Auber" ( tourné dans l'Indre) avec pour les CGR le meilleurs score national en salles.

Les films tournés à Bourges

Film d'Art et de Patrimoine, on aurait pu penser que les tournages de scènes autour d'une cathédrale ou d'un Palais ait attiré les réalisateurs. Ce ne sera jamais le cas. Bien entendu quelques films sont tournés en Berry comme "Jour de Fête" de Jacques tati, ou encore en 1921 "La Petite Fadette".

Quelques scènes de films sont tournées à Bourges, mais ils sont rares comme :

Le Grand Meaulnes d'Albiccoco , un magnifique film, tourné entre autre dans les ruines de l'Abbaye Saint Ambroix, c'était en 1966. Des effets spéciaux remarquables. Le film est tourné à Epineuil et en Sologne autour de l'abbaye de Lorroy. Parmi la distribution, Brigitte Fossey.

(Ce film sur la Grand Meaulnes a été tourné une nouvelle fois en 2005/2005, pour une sortie réalisée le 4 octobre 2006 avec une réalisation de Jean Daniel Verghaert, et dans les rôles principaux, Nicolas Duvauchel et Jean baptiste Maunier.Le film a été tourné en Sologne, au château de Roujoux, c'est dan sle Loir et Cher, et les reste dans des studios parisiens). La critique fut assez mauvaise et le film n'a pas rencontré un gros succès. La fin ne correspondant pas du tout au livre. Ce film est sans doute à oublier.

Le Franciscain de Bourges de Claude Autant-Lara en 1967. avec Hardy Kruger, des scènes ont été tournées dans les rues de Bourges.

Mais ce furent surtout des téléfilms pour la télévision qui sont tournés en partie à Bourges comme :

Jeanne d'Arc pour A 2 réalisé par Pierre Badel, en 1988. Beaucoup de scènes au palais Jacques Coeur, à Noirlac et la scène finale avec le bûcher est tourné place Etienne Dolet face à la Cathédrale.

César Bireautau est tourné pour la première et seule châine de l'époque

D'Artagnan en 2004 pour France 2 avec Sophie Marceau

Dernière production, dans la cadre de "C'est pas Sorcier", une émission sur les contructeurs de cathédrale avec de nombreux figurants locaux dont les Amis de Jacques Coeur.


Voici un document important d'un internaute, M Jean Marie Meunier qui nous fait part du tournage d'un film anglais sur la Révolution française :
 
A TALE OF TWO CITIES (L'HISTOIRE DE DEUX VILLES) - vécue et narrée par un figurant.
 
L'été 1957 - le mois de juillet, principalement - vit le tournage à Bourges de scènes du film anglais " a tale of two cities " (l'histoire de deux villes -Paris et Londres - au moment de la Révolution française). C'était une production de la " Rank " (le sigle en était homme qui tapait sur un gang énorme). Le metteur en scène anglais était Ralph Thomas - très connu à l'époque -, les " vedettes " : côté français : Jacques Dufilho, Bob Ingarao (musclé au possible), Marie Versini , côté anglais : aucun souvenir, mais... on ne les a pas trop vues. Les scènes tournées à Bourges ont été essentiellement des scènes d'extérieurs.
 
Après une campagne de recrutement faite sous la conduite d'un régisseur au printemps 1957, j'ai été retenu comme figurant pour tout le mois de juillet. A 14 ans, je venais de passer (et réussir) le Certificat d'Etudes Primaire et aussitôt : le tournage ; quelle aubaine : je me suis " amusé " tout le mois et... bien payé : 1000f de l'époque par jour (un peu plus de 30 000f pour le mois, car il y eut deux ou trois tournages de nuit). Pour les 30 000 f de l'époque, on pouvait s'acheter un vélo ½ course ! Avec les figurants, il y avait aussi des chevaux : il fallait apporter de la paille, du foin et de l'eau pour toutes ces bêtes ; les " charrettes " étaient de modèles divers : carrosse, cabriolet, etc. Dans beaucoup d'endroits de Bourges, les décorateurs " enjolivaient " ici un mur, là un pignon de maison ; tout était fait pour nous replonger en 1789.
 
J'avais un rôle de sans-culottes : perruque de cheveux longs, chemise noircie et déchirée, petit gilet ouvert, pantalon arrêtant aux genoux et chaussures à boucles... ayant beaucoup servies. Le rassemblement des figurants avait lieu tous les jours au Parc Saint-Paul (Parc des Expositions) dont un hall au moins avait été loué par la production. Le matin, on se changeait, et passait au maquillage : pour ma part, j'étais "noirci " sur les bras, les mains et les jambes...
Ensuite, nous nous rendions en groupe sur les différents lieux de tournage : il fallait voir tous ces " sans-culottes " dans Bourges... Quel effet !!! Et là, la plus grande partie de la journée était " l'attente " : il fallait que le soleil se montre, pas trop, que les nuages se voient, pas trop ; bref, la météo commandait ; pendant ce temps d'attente, nous discutions beaucoup entre figurants ; pour ma part, j'étais impressionné par l'assistant qui régnait en maître sur ce tournage en extérieurs : parfaitement bilingue, avec un imposant porte-voix, lisant un journal anglais, et.. respectueux (madame, monsieur..) avec les figurants.
 
A certains endroits j'avais une " petite sœur (4-5ans) " que je tenais par la main, et ma plus grande peur... était de la perdre.
Rue Geoffroy Tory : une scène ; un carrosse venant de la rue Joyeuse écrasait un enfant qui courait ; la foule du " bon peuple de Paris " faisait un sort aux personnages du carrosse; toujours la rue Geoffroy Tory avec une autre scène : une charrette avec des énormes barriques de vin (c'était de l'eau colorée avec un immonde produit) descendait la rue : Bob Ingarao sautait sur la charrette, coupait une sangle et les barriques roulant à terre éventrées laissaient couler le vin : aussitôt tout le peuple se précipitait pour boire à même le caniveau : la scène a été répétée plusieurs fois... La cour d'entrée du Foyer Saint-François servait de lieu de rassemblement et de point central pour recevoir les consignes et...attendre.

D'autres sites dans Bourges : rue Voltaire (là où il y a une résidence maintenant, et à l'époque
des bâtiments qui intéressaient la production), un incident. Un après-midi, il faisait chaud et un cheval piqué par un taon s'est emballé : il s'est enfui avec sa charrette vers la place st Bonnet et le boulevard de la République où il a été arrêté par des passants courageux : plusieurs voitures ont subi des dommages. Dans le centre administratif Condé : une charrette pleine de condamnés que l'on menait à la guillotine, rentrait par le porche de la rue Victor Hugo pour descendre vers le site de la Direction de l'Agriculture : le peuple des sans culottes de Paris dont je faisais partie criait " à mort, à mort, à la guillotine " ; à la fin de la journée, je n'avais plus de voix. Autre scène rue de la Halle : scène de rue avec charrettes, carrosses, et... le peuple de Paris.
Une grande émotion : la scène place Séraucourt; une guillotine était installée : les condamnés étaient amenés par charrettes entières ; à chaque fois la guillotine faisait son oeuvre ; évidemment, il y avait " un trucage " ; autre point : les techniciens " sons " ont mis plus de deux heures à régler les roulements de tambour ( il y avait dans ces soldats qui jouaient du tambour, des musiciens d'une fanfare très connue à l'époque : l'Avenir de Bourges ; ils avaient été engagés pour cette scène). Pendant ce temps je recherchais l'ombre, car ce jour là, le soleil était de.. plomb !
 
Je regrette que ce film n'ait jamais été projeté à Bourges à ma connaissance. Des berruyers l'auraient vu en Espagne (information lue dans un journal local), mais l'on ne retrouve pas beaucoup d'éléments de Bourges. Il paraît que l'on peut le trouver sur Internet en V.O. : peut-être, un jour en ferais-je l'acquisition. Pour l'instant je reste avec mes souvenirs : ma ville mise en valeur, bousculée un peu par ces " diables d'Anglais ", combien sympathiques (l'anglo-berrichon en un mois n'est pas facile à maîtriser), et le tournage d'un film au cours de l'été de mes quatorze ans..
Jean-Marie MEUNIER 31/05/2007

Un courrier reçu par un internaute :

Au sujet des films tournés à Bourges il y a eu au début des années 60 un film tourné par des Anglais qui s'appelait en Français : A TOI MON COEUR ET MA VIE

ce film se situait au 17ème 18ème siècle à été tourné à la Grange des Dîmes , rue Bourbonnoux,rue Mirebeau et divers autres endroits avec la guillotine et des figurant pris parmi la population de Bourges mais je ne retrouve plus aucune trace de ce film que je cherche depuis longtemps.
Avez vous entendu parler de ce film, y a t-il des traces.
signé Jean pierre Lavaut


Pour M. Jean-Pierre Lavaut.

Non seulement j'ai entendu parler du tournage de ce film, mais j'y ai pratiquement assisté. C'était à la fin des années 50 et j'allais voir les chevaux du tournage place Louis Lacombe.
Un de mes jeune cousins a fait de la figuration ainsi que sa mère.
Ce film n'a jamais été présenté en France.
nom: Monique Ségas


 
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