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MACONNERIE
LES FRANCS MACONS
DANS LA TOURMENTE
- Les Etats Généraux à Bourges
Vers le 14 juillet 1789
La fermeture des loges
l'action des Francs-Maçons
La réouverture des Loges
- le frère Rémond
LES ETATS GENERAUX A
BOURGES
La préparation des Etats Généraux à
Bourges et en Berry sera l'oeuvre des francs-maçons, ils
seront présents à titre individuels, ce sera le
cas de Claude de Bengy, qui fut chargé de la convocation
des Etats Généraux. De plus, l'apanage du Berry
appartenait au Comte d'Artois, futur Charles X, et bien que l'on
ne l'avait pas vu depuis longtemps en Berry, il fréquentait
les loges de Paris. Le gouverneur n'était autre que le
Prince de Conti, franc-maçon qui failli devenir Grand
maître à la place de Philippe Egalité. Enfin
le maire de Bourges, Clément de Beauvoir était
lui aussi franc-maçon à Minerve, tout comme son
premier échevin.
Lors de l'ouverture en l'Eglise des Carmes de la réunion
des trois ordres pour élire les représentants du
Berry qui iront représenter leur province à Versailles,
la première séance est placée sous la présidence
du Comte de la Châtre. C'est un grand bailli d'épée,
il appartient à une loge parisienne et son discours d'ouverture
montre des accents qui annoncent la nuit du 4 août et que
l'on entendait sur les colonnes des temples, ainsi il s'écria
: " Les députés... vont s'occuper de déraciner
un grand nombre d'abus... le tiers Etat ne sera plus foulé....
enfants adoptifs d'un même père, tous les français
sont frères, ils sont tous égaux pour la cause
commune".
De tels propos venant de la part d'un "grand" de
ce siècle sont issus de ce que les Francs-Maçons
écoutaient sur leurs colonnes. Plus tard, le "Frère
Comte" ira plus, loin, devant les seuls représentants
de la noblesse, il s'exprimera ainsi :
Des trois ordres de l'état, nous voulons être
le premier à offrir nos fortunes à la Patrie, comme
nous sommes les premiers à combattre pour elles".
Le ton est donné, c'est la générosité,
la fraternité, l'égalité, toutes les idées
des philosophes du siècle des lumières.
VERS LE 14 JUILLET 1789
Pendant longtemps, la légende de la Révolution
Française fomentée dans les loges maçonniques
courra. Les chiffres souvent donnés sur l'appartenance
à la Franc-Maçonnerie des députés
aux Etats Généraux ont rarement fait l'objet de
recherches sérieuses.
Pierre Lamarque qui a beaucoup étudié le sujet
assure que sur les 1165 députés des trois ordres,
il n'y avait que 220 Francs-Maçons, ce qui est loin du
tiers donné par les promoteurs du "complot maçonnique".
Si le chiffre est faible, il représente tout de même
20% de députés Francs-Maçons, ce n'était
pas un groupe structuré, mais il avait un vocabulaire
commun, des idées de fraternité ou d'égalité
et certains objectifs communs.
Pour le Berry, par exemple, il y avait 4 députés
de la noblesse et autant du clergé, donc, 8 députés
du Tiers Etat. Pour la noblesse, trois des quatre députés
sont des Francs-Maçons, il s'agit de :
- du Comte de La Chatre
- du Marquis de Bouthilliers
- de Philippe Jacques de Bengy-Puyvallée
Le quatrième député, Heurtault de Lammerville
était-il Franc-Maçon ? c'est difficile à
dire. Si ses écrits, son vocabulaire et ses discours en
font un homme à la fois résolu et tolérant,
avec de nombreux signes qui feraient penser qu'il a été
initié, aucun document ne mentionne son appartenance à
l'Ordre. Une hypothèse plausible, mais non vérifiée,
c'est le fait que de Lammerville a servi dans la marine royale,
dans laquelle il y avait de nombreuses loges, a-t-il été
fait Franc-Maçon ? Les recherches continuent.
Sur les 4 députés du Clergé, aucun n'a
été Franc-Maçon, même si; à
cette époque, il n'était pas inconciliable d'être
sur les colonnes d'un Temple en soutane.....
Il est courant d'affirmer que les francs-maçons étaient
pléthores dans les rangs du Tiers Etat. Pour le Berry,
c'est sans doute l'exception qui confirme la règle.
Sur les 8 députés du Tiers, un est assurément
Franc-Maçon, il s'agit de Le Grand, un avocat de Châteauroux,
pour les 7 autres, aucun document ne permet d'affirmer leur appartenance
à l'ordre.
Les événements se précipitent après
le début du mois de mai 1789, puisque le 20 juin se déroule
le serment du Jeu de Paume, le véritable début
de la Révolution. Le texte du serment fut rédigé
par le Franc-Maçon Le Chapelier, alors que la célèbre
apostrophe de Mirabeau, entouré alors de Sieyes et Bailly,
avec en face d'eux de Dreux-Brézé, ces quatre hommes
étaient des "frères".
La prise de la Bastille fut un événement très
"parisien", en Berry le maire de Bourges, franc-maçon
de Minerve adressa à l'Assemblée Nationale des
remerciements et des louanges. La province reste très
monarchique, mais l'engrenage de la Révolution commence
à apparaître au mois d'août où tout
bascule.
LA FERMETURE DES LOGES
Que ce soit sur le plan national que local, la Franc-Maçonnerie
est profondément divisée. Il y des "frères"
très conservateurs comme Clermont-Tonnerre, d'autres,
plus libéraux, c'est le cas de La Fayette, ou Sieyes des
frères sont d'ardents révolutionnaires, c'est le
cas de Marat.
Le duc de Montmorency-Luxembourg, administrateur général
du grand Orient de France, véritable "patron"
de l'ordre écrit alors :
" J'avais désiré une restauration sage et
nécessaire, et non pas une subversion générale
et l'anarchie".
Les frères seront divisés, et la plupart ne
vont pas rester sur les colonnes de leurs loges, les plus opposés
à la Révolution vont fuir et émigrer, les
plus acquis à cette volonté de changement vont
rechercher des cadres nouveaux de discussion, et en particulier
les clubs.
Dès la fin de l'année 1789, à Bourges, la
plupart des loges sont "mises en sommeil", les frères
ne fréquentent plus, mais continuent à se voir.
C'est à titre individuel que l'on retrouve au niveau local,
ces personnages dont certains n'ont pas oublié leur appartenance
aux principes égalitaires.
La loge de Sainte Solange sera mise en sommeil en décembre
1789, et les derniers documents concernant les loges de Minerve
ou des Amis de la Paix datent du début de l'année
1790. Un doute subsiste pour cette dernière loge, puisque
des courriers lui sont toujours envoyés à la fin
de l'année 1790, mais cela ne signifie pas que la loge
se réunissait toujours.
Dans plusieurs textes de cette fin d'année 1790, en
provenance de loges du Grand Orient de France, il semble que
la révolution est terminée, il est ainsi écrit
dans un document disponible aux Archives Départementales
du Cher, en provenance de la Loge Saint Jean d'Ecosse du Contrat
Social :
" La France vient d'éprouver une révolution
dont les annales du monde entier ne présentent aucun exemple.
Nous pratiquons dans nos Loges, les principes de la véritable
sociabilité des devoirs, égalité, liberté,
fraternité des devoirs..... Il n'est pas douteux que nous
ayons eu beaucoup d'influence sur les grands événements
de ces dernières années....."
Et le document poursuit :
" Une révolution qui serait fondée sur
la violence ne pourrait être durable. Nous avons réellement
influé sur la révolution actuelle, en éclairant
dans nos ateliers une foule de citoyens qui ont reporté
dans la société ordinaire, nos principes, nous
pouvons dire nos vertus..... Nous devons chérir la nouvelle
constitution française..... Légalité, Liberté,
fraternité dans les loges".
Ainsi pour ces francs-maçons, la Révolution
est terminée, les grands textes sont élaborés,
,il faut les mettre en pratique, sans violence et se soumettre
aux lois sans débordement.
L'ACTION DES FRANCS MACONS
Les Francs-Maçons vont se distinguer à titre
individuel pendant toute la période révolutionnaire.
Lors des premières élections municipales, le maire
est Vivier de Boiray, il est élu avec plusieurs francs-maçons,
comme Cristo, Soumard de Villeneuve, Gambon, Regnault et Haslay.
Le bourgeois et révolutionnaire Michonnet est battu, il
aura bientôt sa revanche l'année suivante.
Le procureur de la ville sera Patrocle Joly, le prêtre
Franc-Maçon de Sainte Solange, un révolutionnaire
parmi les plus violent.
Lorsque l'ont commémore le premier anniversaire de
la Prise de la Bastille, c'est une grande fête place Séraucourt,
avec trois discours prononcés par Joly, procureur, Rémond,
capitaine du district de Saint Sulpice et Haslay premier officier
municipal, ils étaient tous trois francs-maçons.
Les plus virulents des révolutionnaires vont fonder
la Société des Amis de la Révolution, ils
rassemblent la plupart des francs-maçons de Sainte-Solange
ou des Amis de la paix. L'organisation de cette société,
comme le précise Bruneau, est parfois identique, dans
la forme du travail, à ce qui se faisait dans les loges.
Il y avait un rituel proche de celui des maçons.
Parmi les Révolutionnaires de cette période,
une mention particulière à Fauvre-Labrunerie, membre
fondateur de Minerve, dont il était secrétaire.
Il sera élu à la Convention et votera la mort du
Roi, il fera arrêter ses "frères" en Loge
à Minerve, Bengy de Puyvallée et Bernot de Charrant.
Pendant la Terreur, il n'y aura à Bourges que trois
personnes guillotinées, dont Pierre Charles Chevenon de
Bigny, dénoncé à la suite de vieilles haines.
Il était membre de Minerve, et son "frère"
Fauvre Labrunerie, alors député à la Convention
n'est pour rien dans la condamnation, mais il n'a, semble-t-il
rien fait pour l'empêcher.
D'autres personnages feront la Révolution, sans appartenir
à l'Ordre des francs-maçons, c'est le cas de Torné,
l'évêque révolutionnaire ou de Sallé
de Choux, qui est, lui, à l'origine de la création
des départements du Cher et de l'Indre.
LA REOUVERTURE DES LOGES
Jusqu'à la fin de la Convention, le 26 octobre 1795,
les loges maçonniques seront "en sommeil", rares
seront les francs-maçons qui poursuivront les travaux
sur leurs colonnes. La situation politique est alors saine, les
extrémistes ont été écartés,
par contre, la situation économique est désastreuse.
C'est le début du renouveau de la Franc-Maçonnerie.
Le Grand Orient se reconstitue, avec Louis Roettier de Montaleau
sortit récemment de prison. Cet frère se révèle
comme un homme de décision, c'est lui qui va être
à l'origine du réveil des loges maçonniques
en France. Au début de 1796, il n'y a que 18 loges en
activité, et aucune dans le Berry.
Le 7 juin 1796, une "Assemblée rudimentaire"
comme l'écrit Paul Naudon élit Roettier de Montaleau
Grand Maître du Grand Orient de France. De même,
la Grande Loge renaît aussi, et le 21 mai 1799, les deux
obédiences fusionnent.
Mais rien n'est simple en Franc-Maçonneries, certaines
loges, jalouses de leur indépendance ne reconnaissent
pas la nouvelle organisation. A cela s'ajoute une querelle sur
les "Hauts Grades" et, sous l'impulsion du Maréchal
Kellermann, la Grande Loge Générale Ecossaise est
constituée en parallèle avec le Grand Orient de
France, cette dernière obédience ayant à
cette époque comme Grand Maître, Joseph Bonaparte.
A Bourges, la première loge à renaître
sera celle de "La Liberté", en 1802, elle sera
suivie quelque années plus tard par Sainte Solange. Ainsi,
avec quelque peu de retard sur le reste du pays, la capitale
du Berry reconstitue un tissu maçonnique.
le frère Rémond
Il y a 2 Rémond, le père Pierre Antoine Jean
REMOND et le fils Charles REMOND (qui fut aussi franc-maçon)
Pierre Antoine Jean REMOND est né en Suisse à
Locarno le 22 avril 1736. Il vient à Bourges en 1784,
comme Maître des Eaux et Forêt. C'est un personnage
local important qui vient juste après le Grand Maître
des Eaux et Forêts.
Il fut aussi Capitaine des chasses du comte d'Artois.
A Bourges, c'est lui qui va fonder la première loge
maçonnique et dit-il " J'avais rassemblé un
petit nombre d'amis, d'anciens maçons à qui il
ne maquait que la régularité".
Il a une cinquantaine d'année, et passe pour une personne
de grande humanité.
Il est élu député suppléant aux Etats
Généraux en 1789 pour le compte du Tiers Etat mais
il n'aura pas à sièger à Paris.
Pendant la Révolution, il sera élu capitaine du
district de Saint Sulpice le 18 octobre 1789, par acclamations.
Il est un vrai patriote, mais assez modéré, bien
qu'il figure en 1795 dans la liste "des terroristes".
C'est un franc-maçon important, il fut membre de la
loge de Paris, THALIE, Orient de Paris, il était avant
de venir à Bourges Orateur dans cette loge, mais aussi
semble-t-il de la loge Saint Laurent.
Il est le fondateur de la loge Sainte Solange à Bourges
en 1785, il reste vénérable de cette loge jusqu'en
1787.
C'est en août 1784 que des maçons se décidant
à constituer une loge, mais il faut du temps et surtout
un maçon reconnu et qui connaît bien l'espect administratif
d'une telle création. Il obtient les Constitutions de
la nouvelle loge le 5 juin 1785, et elle est installée
le 21 août 1785. le frère Pierre Antoine Jean REMOND
en devient le vénérable.
Puis il quitte la loge avec plusieurs autres maçons,
et s'en va fonder, toujours à Bourges une autre loge appelée"Les
Amis de la Paix".
Enfin, lors de la mise en place d'une autre loge à
Bourges, "Minerve", formée de l'aristocratie
locale, c'est Rémond qui est l'installateur de cette loge,
ce qui montre son importance.
A Bourges, il habitait le quartier Saint Sulpice.
Sur une demande de rendez-vous avec Benjamin Franklin, bien
entendu, je n'en ai aucune idée. C'est un an avant les
débuts de la création administrative de Sainte
Solange. Alors pourquoi un rendez-vous en septembre 1783 ?
- Benjamin Franklin était un franc-maçon d ela
loge de Paris des "Neufs Soeurs", est-ce une demande
par rapport à cette loge ?
- Est-ce une demande par rapport à un changement d'affectation
de Rémond puisqu'il va venir à Bourges, à
cette période ?
-Est-ce une demande par rapport à la création ou
au parrainage d'une loge de province, comme Bourges ?
- Est-ce une relation avec le comte d'Artois, futur Charles X
?
Tout cela est très délicat, mais si vous trouvez
les relations entre Benjamin Franklin et Pierre Antoine Jean
REMOND , j'aimerais en connaître la teneur.
LA FRANC-MACONNERIE DU XIXe SIECLE
La Franc-Maçonnerie de Napoléon
Renaissance d'une Loge à Bourges
Sainte Solange, acte 2
Les loges de Saint Amand
Le grand vide dans le Cher
Et vint Caroline
LA FRANC MACONNERIE
DE NAPOLEON
Napoléon n'a sans doute jamais été Franc-Maçon,
pour certains, il aurait été initié lors
de la campagne d'Egypte. Très fin politicien, il se méfiait
de cet Ordre et de l'esprit de liberté qui régnait
dans les loges. Il verrouilla le système. Il plaça
à la tête de l'Ordre, son frère Joseph et
tous ses généraux et maréchaux devinrent
Francs-Maçons, Augereaux, Lefèvre, Mortier, Masséna,
Soult, Ney et quelques autres ...... tout son entourage appartenait
à une Loge.
Son épouse Joséphine appartenait aux Loges dites
d'adoption, et les loges du Grand Orient passèrent de
300 en 1804 à 1220 en 1814 à la fin de l'Empire.
Comme cela s'est produit parfois dans l'histoire, la maçonnerie
est alors aux ordres du pouvoir.
RENAISSANCE D'UNE LOGE
A BOURGES
La première loge à revenir à la surface
après la "grande tourmente" est celle de "La
Liberté", dont l'histoire et les péripéties
sont bien dans l'air du temps. Par le nom, "La Liberté"
datait à l'origine de 1788, et un an avant la Révolution,
19 frères voulurent constituer une loge différente
de celles qui existaient et qui ne correspondaient pas à
leur voeu. Ces loges étaient trop "nobles" au
sens large, alors des frères de situation sociale plus
modeste voulurent "avoir leur propre loge". Il s'agissait
d'artisans et de marchands.
Mais le pouvoir central, semble-t-il refusa cette loge, prétextant
que ces artisans et commerçants n'avaient pas le temps
d'assister aux travaux de loge par leurs occupations, ni la fortune
pour subvenir aux pauvres.... une conception peu conforme aux
principes de la franc-maçonnerie. Cette loge ne sera pas
formée officiellement avant la Révolution.
C'est pourtant cette loge qui va être la première
à revenir à la surface après la grande tourmente.
Ce sont 24 frères qui demandent le 25 août 1803
leur constitution d'une loge sous le titre de "La Liberté".
Ce sont des négociants dont le vénérable,
Jean Poncet est un homme de loi.
La loge "la liberté" ne va durer qu'une dizaine
d'années, elle cessera d'exister le 24 juin 1814, alors
que les colonnes sont formées de frères dont la
profession oscille entre des commerçants et des hommes
de loi.
RENAISSANCE DE SAINTE
SOLANGE
Au cours d'une réunion de 1803, la loge "La Liberté"
avait discuté sur son titre, et certains frères
avaient émis le voeu de changer le nom en "Sainte-Solange",
cela vaudra quelques moments difficiles de fraternité.
En fait, Sainte-Solange va renaître en 1805, le 13 avril,
lorsque les événements politiques seront bien stabilisés
et qu'il n'y aura plus de risque. Cette loge est la ligne de
la maçonnerie d'Empire, c'est à dire une société
acquise en totalité à l'Empereur qui est vénéré
en loge, puisque l'on retrouve cette phrase : " les frères
font à nouveau le serment d'amour et de fidélité
à Napoléon le Grand, notre auguste empereur et
roi". On ne peut être plus en accord avec le pouvoir
en place !
La loge, comme la maçonnerie au plan national comprend
les généraux locaux, comme Georges Dufour, qui
est vénérable, Edouard Huet et Jean Baptiste Augier.
Visiblement, l'armée contrôle les loges en y entrant.
Mais l'Empire va s'écrouler en 1815 et les loges, acquise
et même compromises avec le pouvoir politique vont fermer.
Ce sera le cas de la loge "La Liberté" et de
la loge "Sainte-Solange". Il n'y a plus de maçonnerie
dans le Cher à la Restauration.
LES LOGES DE SAINT-AMAND
La première loge de Saint-Amand remonte à 1788,
elle se nomme "L'Amitié", elle reprendra ses
travaux qu'en 1808, ils représentent alors la classe dirigeante
de la ville. Il y a le sous-préfet, le maire, le commissaire
de police... etc L'année après sa création,
cette loge comprend 28 frères dont le maire de Culan,
plus de la moitié ont parfaitement négociés
la Révolution, et sont devenus, pour certains "des
propriétaires".
La franc-maçonnerie a toujours été, même
dans les périodes troubles, une société
très administrative, ce sera la raison pour laquelle,
la demande des frères de SaintAmand sera prise en considération,
les archives "parisiennes" du Grand Orient de France
montraient que 12 des frères de 1808 étaient les
même que ceux de 1788, 89 et 90, avec noms, prénoms,
dates de naissance et signature....
Cette loge "L'Amitié" de Saint-Amand semble
avoir poursuivi son petit bonhomme de chemin, mais sans beaucoup
de relation avec Paris, aussi pour certains historiens, elle
aurait disparu assez vite. Rien n'est moins sûr, on dit
"un maçon libre dans une loge libre" et dans
une petite cité comme Saint-Amand, il est fort possible
que la loge ait travaillé de nombreuses années
en autarcie sans laisser beaucoup de trace écrite, peut-être
par réaction envers l'administration centrale de Paris.
LE GRAND VIDE DANS LE
CHER
Pendant près de un siècle, la franc-maçonnerie
va être absente du Cher. Il y a un mystère que les
historiens n'ont toujours pas percé. Plusieurs théories
s'affrontent. Pour certains, les "Berrichons" sont
peu actifs dans les travaux à caractère philosophique,
ils sont plus concrets et plus terre à terre. Ils s'engagent
dans les partis politiques, les syndicats ou les coopératives,
mais peu dans les sociétés de pensée. Une
autre théorie que j'avance, sans en avoir de preuve formelle
tient aussi au caractère Berrichon. C'est une volonté
de ne pas être ou se mettre en avant. Il est préférable
d'attendre, de voir comment la situation va évoluer, comment
tourne le vent. et ensuite de se décider. Comme cette
période est particulièrement variable sur le plan
politique, sans assurance aucune et qu'il est souvent dangereux
de se dire franc-maçon, les berrichons ont préféré
attendre.
Le résultat, c'est qu'il n'y
a pas de loge maçonnique dans le Cher, alors qu'elles
se multiplient en France et y jouent parfois un rôle considérable,
elles conserveront pour la plupart d'entre elles la fibre républicaine.
ET CAROLINE VINT
Une autre loge apparaît en 1840, très exactement
le 30 juin 1839, elle a pour nom "La Caroline", sans
doute pour se placer sous la protection de Marie-Caroline, reine
de Naples, il faut se souvenir que les maçons berruyers
de Minerve, en 1788, au cours de leurs banquets levaient leur
verre " à la santé de notre auguste monarque,
pour la famille royale, pour les princes et souverains qui sont
maçons et notamment pour l'auguste souveraine de Naples,
protectrice des maçons". La loge a son temple rue
du Dieu d'Amour, elle comprend un coiffeur, des propriétaires
et des sous-officiers. Elle ne va durer que quelques années,
bien que certains tableaux montrent qu'elle avait une cinquantaine
de membres.
Cette loge est dirigée par Pierre Claude Gauthier, un
maître tailleur. Il apparaît qu'elle n'eut pas une
existence très longue, de 1 à 4 ans sans doute,
même si elle a compté jusqu'à 50 membres.
SAINTE SOLANGE, ACTE
3
La Loge Sainte Solange aura eu une curieuse destinée,
elle s'était écroulée en 1825 pour renaître
en 1840 sous Louis Philippe.
Sous l'impulsion d'un ingénieur, Célestin Rossi
Polloni, elle comprend d'abord 9 membres. Elle est formée
de frères très âgés, le Vénérable
en 1841 a 71 ans et ses "officiers" entre 60 et 75
ans. Malgré son titre, cette loge semble avoir été
très Républicaine. Certains documents situent sa
fin en 1850/51 avec l'avènement de Napoléon 3.
Plusieurs "frères" berruyers auraient été
arrêtés et déportés à Cayenne.
C'est l'époque des sociétés républicaines
et des Mariannes. Des Francs-Maçons appartenaient sans
aucun doute aux 2 sociétés (républicaines
et maçonniques) d'où les arrestations.
Sainte Solange ne renaîtra plus.
La période du second Empire apparaît assez proche
de ce qui s'est fait avec son oncle quelques décennies
auparavant.
Le 9 janvier 1952, le Prince Murat, cousin de Louis Napoléon
est élu Grand Maître du grand Orient de France.
C'est alors que se produisit une querelle curieuse entre le Prince
Murat et le Prince Jérôme Napoléon pour accéder
à la Grande Maîtrise.
Napoléon, devant cette cacophonie, signa un décret
dans lequel "il nommait le Maréchal Magnan Grand
Maître du Grand Orient de France. Ce dernier, qui sera
initié à tous les grades le même jour, se
révélera un très grand homme et la Franc
Maçonnerie s'en trouvera renforcée.
FRANC-MACONNERIE ET
3° REPUBLIQUE
La Franc-Maçonnerie sera à l'origine de la 3°
République, après Sedan et la chute de l'Empire.
Les Républicains seront présents dans le gouvernement
dit "de la République des Jules". Des hommes
comme Gambetta, Jules Simon, Jules Grévy..... seront des
francs-maçons.
Dans l'épisode de la Commune, une des rares guerre
civile de notre pays, les francs-maçons déploieront
leurs bannières pour tenter d'arrêter le massacre.
Ils seront nombreux dans les rangs des "Communard",
avec des symboles comme la "soeur" Louise Michel, mais
ils seront quelques uns avec les "Versaillais" de Thiers.
Les loges se reconstituent avec un important changement de
cap idéologique en 1877. Les loges sont alors de moins
en moins catholiques, il faut dire que les "interdits"
du Pape ont encouragé nombre de fidèles à
déserter les Temples.
Un grand mouvement se fit jour sous l'impulsion d'un Pasteur,
le Pasteur Desmons qui propose au Convent de 1877 la suppression
de l'obligation de travailler "A la gloire du Grand Architecte
de l'Univers".
Il s'agit d'une rupture idéologique considérable.
Les Francs-Maçons du Grand Orient de France n'ont plus
l'obligation de croire en un "être suprême".
C'est un virage important qui va pousser les Francs-Maçons
vers l'athéisme, ce qui lui sera reproché, allant
même jusqu'à un anticléricalisme appelé
parfois "primaire".
Une conséquence de ce changement, c'est la séparation
entre le Grand Orient de France et la Franc-Maçonnerie
Universelle, en particulier, celle des USA et d'Angleterre qui
rompt tout contact avec les loges françaises.
En France, pourtant, d'autres obédiences restent fidèles
en la croyance en Dieu ou en un "être suprême".
Pendant toute cette période, la franc-maçonnerie
est absente de Bourges et du Cher, alors qu'elle devient toute
puissante dans le reste du pays.
LA SUITE : CLIQUER CI-DESSOUS
TRAVAIL
ET FRATERNITE: LA LOGE DE BOURGES