GIAT Industrie - Nexter - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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GIAT INDUSTRIE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

C'est un des 3 grands établissements militaires de Bourges : il s'appelle GIAT INDUSTRIE, devenant NEXTER (Nexter) en septembre 2006.

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Pour tout Berruyer, le vocable de GIAT Industrie n'est pas entré dans le vocabulaire courant. On parle toujours de l'EFAB, Etablissement de Fabrication d'Armement de Bourges. Dans les années 1970, l'entreprise occupait encore plus de 2500 personnes, ils seront sans doute un peu plus de 1000 en l'an 2000, tant l'armement en France et en Europe voit ses effectifs baisser. L'entreprise berruyère a des atoûts importants par la qualité de ses moyens et la compétence de ses personnels. Elle aborde l'avenir en misant sur ses métiers de base tout en recherchant une diversification dans des domaines civils.


GIAT industrie est par tradition l'entreprise spécialisée dans la fabrication des canons d'artillerie.
Le premier canon sort des chaînes berruyères en 1867, mais trois ans plus tard, c'est la défaite de l'empereur, et la fonderie fonctionne toujours, elle ôte, le terme d'impérial sur les canons, et poursuit la fabrication.... pour la République. L'établissement prendra plus tard le nom d'ABS (Atelier de construction de BourgeS.
C'est à cette époque qu'une école de pyrotechnie venant de Metz se recentre en Berry, on l'appellera l'ECP, Ecole Centrale de Pyrotechnie.


Les deux entités ABS et ECP fusionneront en 1967 pour devenir l'EFAB (Etablissement de Fabrication d'Armement de Bourges).
Un musée de l'armement axé sur les canons est à la fois magnifique et unique en France.
Ce musée comprend une soixante de pièces d'artillerie couvrant la période comprise entre 1880 et 1950.
L'ensemble de ces Etablissements Militaires se spécialisera dans la fabrication des canons. Ainsi sortiront des chaînes berruyères, le fameux canon de 75, vainqueur de la grande Guerre, plus proche de nous, les bouches à feu de 105 mm et plus tard de 155 mm, les plus gros calibres utilisés ces dernières années. Enfin, le canon du char leclerc sort de Bourges.


Depuis 1967, l'EFAB a été découpé en trois secteurs : les études, la fabrication et la formation. Les études représentent 25% de la main-d'oeuvre de l'établissement berruyer, pour un chiffre d'affaires de 40 millions de francs, alors que le secteur fabrication en réalise plus de 200 millions. Sur le plan des activités techniques et des produits, on trouve l'artillerie, la grande spécialité locale, mais aussi la pyrotechnie et l'armement de moyen calibre, lequel était auparavant situé à Mulhouse.

L'artillerie est l'élément principal de cette production et Bourges est le seul établissement de ce type, les calibres peuvent aller jusqu'à 155 mm. Il faut aussi signaler que si l'activité pyrotechnique dans cette période est assez réduite, les responsables sont très fiers d'une nouvelle unité de décolletage.

L'EFAB est la seconde entreprise du département par l'importance de ses effectifs, qui se montent à environ 2500 personnes dans les années 1970, sur une superficie de 200 hectares. Lors d'une visite de personnalités, l'Ingénieur Général Lévy, directeur de l'Etablissement, évoquera le parc des machines-outils, elles sont 250 au total, dont une quinzaine à commande numérique, l'ensemble de ces investissements représentant 26 millions de francs sur un total de 66 pour l'ensemble du site. L'atelier des grosses machines de fabrication d'éléments mécaniques est assez spectaculaire.

Etablissement d'Etat, l'EFAB de Bourges n'emploie que 4% de militaires, c'est en tout cas un des messages que fait passer régulièrement l'Ingénieur en chef d'armement, qui occupe la fonction de directeur-adjoint.

Sur un plan plus technique, c'est le début de la gestion par des ordinateurs puissants, et l'implantation de différents éléments, comme un laboratoire de métallurgie de pointe, ou une station d'autofrettage pour exécuter certains types de tubes de bouches à feu. Il est d'ailleurs indiqué que 7000 tubes ont été autofrettés à des pressions de 4500 à 8000 bars.


C'est en 1986 que les ingénieurs et techniciens prennent possession de leurs nouveaux bureaux dans un bâtiment résolument futuriste. Les pyramides du GIAT deviennent célèbres dans tout le monde industriel par la qualité et innovation architecturale.

C'est aussi l'inquiétude des salariés avec des baisses des plans de charge et des plans sociaux qui font "partir" à 55 et parfois 52 ans les employés dans des conditions souvent acceptables financièrement.

Sur le plan juridique, la société nationale devient GIAT Industrie en 1990.


Les années 2000

Les années 2000 sont caractérisées par une baisse continue des effectifs et aussi un manque de visibilité sur les produits et fabrications. GIAT devient alors synonyme d e"plans sociaux". A Bourges, il y a peu de vague par rapport à la perte d'effectifs, car d'une part, les 2 sites sont moins touchés que d'autres, comme Tarbes ou Roanne, mais les départs se font de manière "sociale", à partir de 52 ans, et dans des conditions financières, semble-t-il relativement acceptables pour les salariés.

Il ne reste bientôt que 7 sites de GIAT en France alors qu'il y en avait le double en 1998.

Giat Industrie en septembre 2006 est formé de 2 secteurs, à Bourges avec 625 employés et La Chapelle Saint Ursin avec 286 employés.

Elle prend pour nom, suite à une annonce de son PDG Luc Vigneron le 25 septembre 2006, celui de Nexter, avec Nexter Munitions pour le centre de La Chapelle Saint Ursin, et Nester Système pour l'Etablissement de Bourges.. Il est à noter que la branche "diversification", appelée SOFRED, a été séparée de Nexter Système et en conséquence, elle pourra être vendue.

Pour le PDG, "les crises récentes du Liban redonnent de l'importance au terrestre", et il poursuit "Il faut se repositionner pour prendre un virage.... l'avenir passe par les alliances européennes".


C'est le 24 septembre 2007 que le Conseil général devient propriétaire d'une des pyramide dont le GIAT (puis Nexter) était si fière. Cette pyramide dont l'architecture est remarquable comprend 7600 mètres carrés, avec assez peu de travaux pour loger les services du Conseil général.

Le prix d'achat a été de 3 millions d'Euros.


 

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a suivre

 
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