Pour tout Berruyer, le vocable de GIAT
Industrie n'est pas entré dans le vocabulaire courant.
On parle toujours de l'EFAB, Etablissement de Fabrication d'Armement
de Bourges. Dans les années 1970, l'entreprise occupait
encore plus de 2500 personnes, ils seront sans doute un peu plus
de 1000 en l'an 2000, tant l'armement en France et en Europe
voit ses effectifs baisser. L'entreprise berruyère
a des atoûts importants par la qualité de ses moyens
et la compétence de ses personnels. Elle aborde l'avenir
en misant sur ses métiers de base tout en recherchant
une diversification dans des domaines civils.
GIAT industrie est par tradition l'entreprise
spécialisée dans la fabrication des canons d'artillerie.
Le premier canon sort des chaînes berruyères en
1867, mais trois ans plus tard, c'est la défaite de l'empereur,
et la fonderie fonctionne toujours, elle ôte, le terme
d'impérial sur les canons, et poursuit la fabrication....
pour la République. L'établissement prendra plus
tard le nom d'ABS (Atelier de construction de BourgeS.
C'est à cette époque qu'une école de pyrotechnie
venant de Metz se recentre en Berry, on l'appellera l'ECP, Ecole
Centrale de Pyrotechnie.
Les deux entités ABS et ECP fusionneront en 1967 pour
devenir l'EFAB (Etablissement de Fabrication d'Armement de Bourges).
Un musée de l'armement axé sur les canons est à
la fois magnifique et unique en France.
Ce musée comprend une soixante de pièces d'artillerie
couvrant la période comprise entre 1880 et 1950.
L'ensemble de ces Etablissements Militaires se spécialisera
dans la fabrication des canons. Ainsi sortiront des chaînes
berruyères, le fameux canon de 75, vainqueur de la grande
Guerre, plus proche de nous, les bouches à feu de 105
mm et plus tard de 155 mm, les plus gros calibres utilisés
ces dernières années. Enfin, le canon du char leclerc
sort de Bourges.
Depuis 1967, l'EFAB a été
découpé en trois secteurs : les études,
la fabrication et la formation. Les études représentent
25% de la main-d'oeuvre de l'établissement berruyer, pour
un chiffre d'affaires de 40 millions de francs, alors que le
secteur fabrication en réalise plus de 200 millions. Sur
le plan des activités techniques et des produits, on trouve
l'artillerie, la grande spécialité locale, mais
aussi la pyrotechnie et l'armement de moyen calibre, lequel était
auparavant situé à Mulhouse.
L'artillerie est l'élément
principal de cette production et Bourges est le seul établissement
de ce type, les calibres peuvent aller jusqu'à 155 mm.
Il faut aussi signaler que si l'activité pyrotechnique
dans cette période est assez réduite, les responsables
sont très fiers d'une nouvelle unité de décolletage.
L'EFAB est la seconde entreprise
du département par l'importance de ses effectifs, qui
se montent à environ 2500 personnes dans les années
1970, sur une superficie de 200
hectares. Lors d'une visite de personnalités, l'Ingénieur
Général Lévy, directeur de l'Etablissement,
évoquera le parc des machines-outils, elles sont 250 au
total, dont une quinzaine à commande numérique,
l'ensemble de ces investissements représentant 26 millions
de francs sur un total de 66 pour l'ensemble du site. L'atelier
des grosses machines de fabrication d'éléments
mécaniques est assez spectaculaire.
Etablissement d'Etat, l'EFAB de Bourges
n'emploie que 4% de militaires, c'est en tout cas un des messages
que fait passer régulièrement l'Ingénieur
en chef d'armement, qui occupe la fonction de directeur-adjoint.
Sur un plan plus technique, c'est le début
de la gestion par des ordinateurs puissants, et l'implantation
de différents éléments, comme un laboratoire
de métallurgie de pointe, ou une station d'autofrettage
pour exécuter certains types de tubes de bouches à
feu. Il est d'ailleurs indiqué que 7000 tubes ont été
autofrettés à des pressions de 4500 à 8000
bars.
C'est en 1986 que les ingénieurs
et techniciens prennent possession de leurs nouveaux bureaux
dans un bâtiment résolument futuriste. Les pyramides
du GIAT deviennent célèbres dans tout le monde
industriel par la qualité et innovation architecturale.
C'est aussi l'inquiétude des salariés
avec des baisses des plans de charge et des plans sociaux qui
font "partir" à 55 et parfois 52 ans les employés
dans des conditions souvent acceptables financièrement.
Sur le plan juridique, la société
nationale devient GIAT Industrie en 1990.
Les années 2000
Les années 2000 sont caractérisées
par une baisse continue des effectifs et aussi un manque de visibilité
sur les produits et fabrications. GIAT devient alors synonyme
d e"plans sociaux". A Bourges, il y a peu de vague
par rapport à la perte d'effectifs, car d'une part, les
2 sites sont moins touchés que d'autres, comme Tarbes
ou Roanne, mais les départs se font de manière
"sociale", à partir de 52 ans, et dans des conditions
financières, semble-t-il relativement acceptables pour
les salariés.
Il ne reste bientôt que 7 sites de
GIAT en France alors qu'il y en avait le double en 1998.
Giat Industrie en septembre 2006 est formé
de 2 secteurs, à Bourges avec 625 employés et La
Chapelle Saint Ursin avec 286 employés.
Elle prend pour nom, suite à une
annonce de son PDG Luc Vigneron le 25 septembre 2006, celui de
Nexter, avec Nexter Munitions pour le centre de La Chapelle
Saint Ursin, et Nester Système pour l'Etablissement de
Bourges.. Il est à noter que la branche "diversification",
appelée SOFRED, a été séparée
de Nexter Système et en conséquence, elle pourra
être vendue.
Pour le PDG, "les crises récentes
du Liban redonnent de l'importance au terrestre", et il
poursuit "Il faut se repositionner pour prendre un virage....
l'avenir passe par les alliances européennes".
C'est le 24 septembre 2007 que le Conseil général devient propriétaire
d'une des pyramide dont le GIAT (puis Nexter) était si
fière. Cette pyramide dont l'architecture est remarquable
comprend 7600 mètres carrés, avec assez peu de
travaux pour loger les services du Conseil général.
Le prix d'achat a été de
3 millions d'Euros.
Vous ètes de GIAT : apportez vos témoignages.
a suivre