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LE GMEB et IMEB musique expérimentale
Par Roland NARBOUX

Le GMEB et l'IMEB de Bourges, c'est une surprenante aventure de musique expérimentale

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Alors que le transistor est à peine découvert et que l'ordinateur n'est qu'un vague projet, deux passionnés de musique fondent à Bourges le GMEB, Groupe de Musique Expérimentale de Bourges, qui prend peu à peu sa place dans le paysage berruyer.

C'est une musique électronique ou électro-acoustique, qui va se développer pendant plus de 30 ans avec un aspect recherche particulièrement intéressant.

Cette structure est créée par Françoise Barrière avec Christian Clozier en 1970, et ce Groupe de Musique Expérimentale de Bourges (GMEB), devient en 1994 l'Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges (IMEB), dont ils assurent la direction .

Tout en composant, ils organisent les Festivals Internationaux de Musique appelés "Synthèse" et les Concours Internationaux de Bourges (musique et logiciels).

Il est reconnu "Centre National de Création Musicale" depuis 1997.

Le GMEB au cours de ces 30 ans aura une relation mitigée avec la population locale. La musique est difficile et exigeante et le festival Synthèse, qui se déroule généralement en juin de chaque année n'aura pas la faveur du public local.

Par contre, la notoriété du GMEB, puis de l'IMEB devient assez vite internationale et par les tournées en Amérique du Sud ou en Europe de l'Est lui donne une autre dimension. Des artistes du monde entier viennent à Bourges pour jouer leurs oeuvres.

On retrouve parfois la musique du GMEB dans quelques manifestations de Bourges comme ce fut le cas dans les années 1980, avec un concert devant la cathédrale Saint Etienne.

Françoise Barrière est née le 12 juin 1944 à Paris, elle suit une formation musicale classique, classe de piano au Conservatoire de Versailles, classes d'écritures au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et moins classique (Service de la Recherche ORTF et ethnomusicologie à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et à l'Institut de Musicologie). Responsable de la publication des revues "Faire" (1972-1975) aux Editions GMEB. Gérante des Editions "Mnémosyne Musique Media" qui éditent les disques compacts de la collection "Cultures Electroniques" consacrée aux lauréats des Concours de Bourges et de la collection "Chrysopée Electronique", consacrée aux œuvres réalisées dans les studios de l'Institut et publie les éditions livres des actes des travaux de l'Académie Internationale de Musique Electroacoustique . Elle est membre fondateur et secrétaire de la Confédération Internationale de Musique Electroacoustique (CIME). Ses œuvres ont été jouées et radiodiffusées par de nombreux organismes de concerts, festivals et radios dans le monde.

L'Association est régie par la Loi 1901 et reçoit ses subventions du Ministère de la Culture, de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, de la Ville de Bourges, du Conseil Régional du Centre, du Conseil Général du Cher.

Avec l'ensemble de ses activités situées à un niveau international, Création, Recherche, Diffusion, Formation/Enseignement, Editions bibliographiques et phonographiques, Archivage/Etude et Pérennité des musiques électroacoustiques, l’Institut de Bourges est aujourd'hui l'un des principaux Centres de Création Musicale et sa notoriété est largement reconnue internationalement.

Quelques oeuvres de Françoise Barrière :

Ode à la Terre Marine (1970) ; Variations Hydrophilusiennes (1971) ; Aujourd'hui 1975 ; Chant à la Mémoire des Aurignaciens (1977) ; Musique pour le temps de Noël, pour petit ensemble et bande (1979) ; Chants de consonnes, l'Or (1987) ; Le tombeau de Robespierre (1989) ; Quand Philippe de Macédoine… (1994) ; Musiques Gelées (1995) ; Thinking of… pour le tombeau de Pierre Schaeffer (1996) ; Dessus la Mer (1997) ; Accélération (1999) ; S’y sont baignés (1999) ; ... etc

pour en savoir plus : www.imeb.net


Les relations entre le GMEB et la municipalité ont souvent été conflictuelles , ainsi à l'époque de Jacques Rimbault, cet exemple :

Mais les problèmes de financement, dans tous les domaines sont de véritables casse-tête. La vie culturelle à Bourges avec la Maison de la Culture et le festival du Printemps sont budgétivores. Aussi, lorsque le GMEB demande " une rallonge " à ses subventions, en février 1982, Jacques Rimbault est particulièrement " agacé " par l'attitude des responsables de la musique expérimentale, il le dit en conseil municipal du 25 février :


"Pour le GMEB, nous sommes partis en 1977, avec rien ; en 1982, nous leur avons alloué 250 000 francs, plus l'aide technique sans parler de l'aide financière pour la réalisation d'un certain nombre de travaux. Nous avons obtenu de la Région une subvention spéciale d'équipement de 150 millions (anciens francs), sur 3 ans et la ville participe pour moitié, ce qui fait 75 millions (anciens). Je tiens à préciser cela parce que, lors du dernier Conseil d'Administration du GMEB, nous avons été sollicités pour un nouvel apport. Je crois qu'il faut là aussi, être raisonnables : on ne peut pas tout faire. Ce n'est malheureusement pas possible".

à suivre