histoire de bourges 1977 - 2000 par roland narboux - Bourges encyclopédie

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L'HISTOIRE DE BOURGES 1977 - 2000
Par Roland NARBOUX

Bourges, et la fin de son Histoire au XX e siècle, c'est une période passionnante pour la ville.

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1978, la France de Giscard est au pouvoir depuis quatre ans, Raymond Barre est premier ministre. Après la récente défaite de la droite aux municipales, chacun se tourne vers les législatives qui doivent, en mars, permettre à la gauche de gouverner. Pourtant, la victoire de 1977 n'est pas suffisante pour assurer la cohésion du Programme commun de gouvernement et des fissures apparaissent dans l'Union de la Gauche.
A Bourges, la ville respire enfin. "Le violeur de Bourges" est sous les verrous. Pascal Chicault, un jeune électricien de 23 ans a été arrêté, il est l'auteur d'une quinzaine d'agressions sur des femmes, dans plusieurs quartiers de la ville. Il sera condamné à 20 ans de réclusions criminelles.

Sur le plan politique, les vainqueurs des élections municipales de 1977 sont aux commandes, une équipe de gauche, avec un maire communiste commence à se faire connaître, elle prend en mains ses premiers dossiers.


L'héritage à gérer

Chaque fois qu'une nouvelle équipe arrive " aux affaires ", il faut trouver ses marques et après 18 ans de gestion par Raymond Boisdé, la municipalité communiste et socialiste se met en place. L'enthousiasme de l'équipe fait contrepoids à la faible expérience.

Dans son premier discours, le 27 mars 1977, le tout nouveau maire de Bourges s'exprime ainsi :
" Nous essaierons de donner le meilleur de nous-mêmes aux belles et nobles causes de la Justice, de la Liberté, du respect de la Dignité de chaque homme.
Nous sommes prêts à faire face à nos responsabilités, parce que nous sommes au service du peuple, au service du bien public, parce que nous avons le sens de l'intérêt général, et que nous bénéficierons de la participation active de milliers de citoyens.
Tout confirme que rien d'important ne peut-être fait sans l'instauration de la démocratie, sans la participation de tous dans la vie de la cité. Nous ne voulons écarter personne, car tout esprit mesquin de revanche nous est profondément étranger. Nous refusons tout esprit partisan étroit. La mairie de Bourges est ouverte à tous."

Le premier acte de la nouvelle municipalité est le vote du budget .... 1977, le chiffre des augmentations est repris de celui prévu par la municipalité précédente, c'est à dire 13,5%. C'était l'époque, pour la France, d'une inflation à deux chiffres.
Après inventaire, le maire, ce 9 juin 1977 lors du Conseil municipal emploie les mots suivants :


" Un bilan que nous continuerons à approfondir, car nous devons à la vérité de dire que chaque semaine, chaque jour, nous découvrons une situation qui pose problème".
Quelques exemples sont développés comme celui du manque de prospectives dans le domaine scolaire, alors qu'il y a encore 50 classes préfabriquées.


Dans le domaine médical c'est l'absence d'un plan directeur pour l'extension du Centre Hospitalier ou l'entretien de la voirie communale " laissée à l'encan ".
Sur le plan financier la nouvelle équipe se plaint de travaux importants réalisés ou en cours, sans prévision budgétaire. C'est le cas du financement de la seconde tranche du chemin de Villeneuve, des travaux de l'Eglise Notre Dame, de la construction du bureau PTT de l'Aéroport ou encore de l'acquisition de parc-mètres pour la place Saint Fulgent.
Après le budget d'investissement, celui de fonctionnement ne semble pas plus clair :
" Nous avons constaté des dépenses disproportionnées avec les moyens de la Ville. Un service de chauffeurs en missions spéciales permanentes auprès du cabinet, qui a coûté en salaire et charges sociales 26 MF d'AF en 1976 ".

En conclusion, après avoir multiplié les exemples, le maire affirme et ces phrases sont soulignées dans le compte rendu du Conseil municipal :
" La nouvelle Municipalité n'entend pas porter la responsabilité de la gestion antérieure, et à plus forte raison la faire supporter à la population berruyère ".

Mais les problèmes financiers, s'ils sont majeurs ne détournent pas la nouvelle municipalité de ses promesses en terme d'explication et de dialogue avec la population.

Le maire parle beaucoup de la nouvelle gestion démocratique qu'il instaure avec :

- Un travail collectif de l'équipe municipale, le Bureau municipal se réunit chaque semaine. Les conseillers municipaux sont tenus informés du contenu de ces réunions.
- Un service d'information existe dorénavant à la mairie et des rencontres régulières avec la presse sont organisées.
- Le pavillon de la ville est consacré à l'urbanisme et présent à la Foire-Exposition
- Avant la construction d'une école, avant l'aménagement d'un carrefour... etc des réunions de concertation seront tenues.
Il y a une volonté de se démarquer des méthodes que l'on attribuait alors à la municipalité précédente et qui étaient de tout faire " dans les bureaux " sans concertation avec la population.

Avec le scrutin de cette époque, les conseillers municipaux étaient élus sur une liste complète, et il n'y avait pas d'opposition au Conseil municipal. L'équipe en place élue sur un même programme sans être identique était très homogène.

Jacques Rimbault et son équipe

Autour du maire de Bourges, l'équipe s'affirme et apprend à se connaître. Les communistes tiennent les manettes, avec G. Camuzat, M. Renaudat et M. Picard, les socialistes sont présents avec Jean Roger leur leader, mais la présence de C. Parnet et J. Chavannaz est forte, alors que les gaullistes de gauche sont représentés par E. Boiché.

Au cours du Conseil Municipal du 13 octobre 1977 alors qu'il faut voter le compte administratif de l'exercice 76, après avoir rappelé le chiffre des déficits, le maire s'alarme de la situation financière : "Et nous disons très haut que Bourges ne pourra s'acquitter de telles dettes que si elle bénéficie d'aides accrues, si elle obtient de longs délais de paiement..... Il faut le dire, en juin, nous n'avions pas une vue complète de la situation. En octobre, elle nous paraît encore plus grave que nous l'avions imaginée."
A la fin de l'année 1977, se place le premier acte important de la nouvelle équipe avec le vote le 15 décembre du budget primitif 1978. Ce premier budget, tel qu'il est commenté par le maire, prend en compte plusieurs soucis comme :
" Le respect des engagements pris devant la population, c'est à dire gérer de la manière la plus démocratique, en favorisant le social en faveur des plus défavorisés, et en gérant non pas en gestionnaire de la crise, mais en combattant de façon permanente, pour obtenir les moyens du pouvoir de satisfaire le maximum de besoins".

Ce budget, pour Jacques Rimbault : " souffre encore de l'héritage financier trouvé à notre arrivée " et de donner des exemples, sur les travaux en cours, dont l'opération du Val d'Auron "qui pèse et pèsera lourd dans les finances locales encore longtemps".

Au niveau des investissements, l'accent est mis sur la construction de 4 écoles, Nicolas Leblanc, Turly, Mâchereaux et Val d'Auron, sur le CES de Gionne et sur des aménagements pour l'école Nationale des Beaux-Arts.
Pour la circulation, "nous subissons un retard important que nous devons combler", ce sont alors des listes de travaux traditionnels comme l'aménagement du carrefour de l'avenue d'Orléans, ou les travaux du boulevard de l'Industrie. C'est aussi la réfection et l'aménagement de nombreuses voies comme le boulevard Auger, la rue Colbert, le carrefour du Lautier.... etc
Quant aux espaces verts, ils représentent 15% du budget de la section investissement.
En sports et culture, des travaux divers sont prévus comme un abri à bateaux au Val d'Auron, la réfection du clocher de l'Eglise Saint Pierre sans oublier la couverture de l'Hôtel des Echevins.

Au niveau du Fonctionnement, le maire signale d'entrée, le poids de la dette qui représente 20% de cette section. Ensuite, il indique les nombreux postes qui freinent l'activité de la ville par des contingents obligatoires qui devraient être pris en charge totalement par l'Etat. C'est le cas de l'Ecole " Nationale " de Musique financée à 92% par la ville ou celle " Nationale " des Beaux Arts financée à 50% par la ville.

Lorsque le sujet abordé est le montant des emprunts, il y a très vite des aspects de politique nationale qui interviennent. L'Etat pousse, selon le maire, les communes à prendre en charge toujours plus d'équipements et à accroître le seul poste sur lequel elles aient décisions : les impôts locaux, c'est ainsi qu'à Bourges, le nombre de centimes a augmenté de 426% en 11 ans.
" Nous n'avons pas été élus pour gérer la crise, mais pour satisfaire l'intérêt des travailleurs, pour œuvrer en priorité à aider les plus défavorisés ",

......Tel est le leitmotiv de ces années.

Comme l'Opposition municipale n'existe pas, le maire s'en prend aux journaux locaux qui mettent en doute sa " concertation " avec la population.
Et Jacques Rimbault donne sa définition de la concertation :
" C'est ce qui permet aux élus de diriger la Ville, non pas en administrateurs froids et sans connaissance profonde des réalités de la Cité, mais avant tout en responsable soucieux d'utiliser les remarques, les suggestions, les critiques des citoyens pour toujours mieux affiner leur pratique municipale".

Il poursuit quelques instants plus tard :
" Nous considérons que nos concitoyens ne nous ont pas donné carte blanche pour gérer la crise pendant 6 ans. Eh bien nous leur disons, dès maintenant, soutenez vos élus... Il faut que vous soyez partie prenante".

Le maire fait donc appel à la population de manière continue, pour qu'elle soutienne ses élus, pour que l'Etat participe davantage au financement des projets. La crise en France ne doit pas être reprochée à la municipalité mais il convient, au plan national de changer le pouvoir en place, des élections nationales sont prévues à court terme.

La gestion de la ville au fil des jours

En règle générale, l'action municipale passe par les sujets les plus divers. Edmé Boiché expose la rétrocession d'une concession au cimetière Saint Lazare, Marie Paule Prot donne la liste des subventions aux associations à caractère social et familial.
M. Gonzalèz communique le montant des subventions accordées à titre sportif, "en prenant en compte l'aide accordée récemment aux clubs qui peuvent désormais s'entraîner gratuitement dans les installations sportives municipales".
On trouve ainsi, les boulistes qui ont 800 F, l'Association sportive d'Asnières 4300 F, le Cercle Jean Macé 96 000 F, le FCB 330 000F et l'USB 79 000 F.
On dénomme aussi des voies publiques comme l'allée " Louis Armand, Ingénieur, 1905-1972 " ou l'allée " François Arago, Physicien, 1786-1853 ".
Et puis quelques " serpents de mer " comme l'Hôtel de Bourbon ressortent. Il avait été envisagé en 1975 de consolider les vestiges de la chapelle. Cette opération ne s'était pas faite, le sujet revient sur la table trois ans plus tard et l'on vote des crédits pour ces travaux........ qui ne seront pas effectués avant des lustres !
Le 21 septembre, présidé par Jacques Rimbault, le Conseil municipal se réunit en présence du maire de Peterborough, Mr. Franklin. Les circonstances sont difficiles puisque si ce séjour marque les 25 ans du jumelage de Bourges et de Peterborough réalisé sous le mairat de Louis Mallet, un jeune aviateur anglais vient de trouver la mort en planeur en effectuant la liaison entre les deux villes jumelles.

Dans la déclaration du maire, après les mots d'usage compte tenu de la présence des invités d'outre-Manche, c'est un discours sur la crise et ses conséquences : "....Nous désirons limiter le poids déjà insupportable des impôts locaux, nous devons tenir plus que jamais le cap de la démocratie, de la concertation et de l'action".

Sur les grands dossiers de la Ville, le CES " ouvrira bientôt ses portes ", quant aux dossiers sur les écoles de Mâchereaux et du Val d'Auron, les subventions ayant été refusées sur 1978, il faut encore attendre. De même le LEP Vauvert n'est toujours pas programmé.... pas plus qu'un nouveau corps de l'IUT.

Et puis on reparle de l'urgence de l'autoroute A 71 et de la réalisation prioritaire du tronçon Bourges - Vierzon.

En ce qui concerne les Loisirs, le Tourisme et les Festivités, le maire "souhaite une première tranche d'un camping caravaning au Val d'Auron, l'étude d'un spectacle son et lumière à la Cathédrale et la construction d'une Halle des Congrès et des Festivités".... Seul ce dernier projet sera un jour réalisé.

Le 14 décembre 1978, le budget 1979 est étudié puis voté, à la suite de nombreuses déclarations de M. Roger pour le groupe socialiste, M. Camuzat pour le groupe communiste et M. Boiché pour les autres.
Chacun donne son point de vue, positif sur le budget présenté, mais on ne sent pas d'enthousiasme. Jean Roger demande que soit étudiée une méthode qui permette d'alléger la pression fiscale pour les plus pauvres et de l'augmenter pour les plus aisés. Il demande aussi que soit convoquée une " Commission Générale Spéciale " pour fixer les priorités, il faut dit-il "retenir des réalisations susceptibles d'augmenter le dynamisme de la Ville et de vivifier le commerce local".

On sent quelques critiques, que l'orateur perçoit puisqu'il termine son propos avec ces mots : " nos observations sont inspirées non par un esprit de critique négative mais par un souci de collaboration efficace".

Le discours de Gilbert Camuzat est plus politique. Il parle de l'aggravation de la crise qui pèse sur les communes, et ajoute que "nous comprenons l'amertume de tous nos collègues qui doivent renoncer à des réalisations, à des entretiens de bâtiments, à des recrutements nécessaires, nous la partageons pour nous-mêmes, pour la Ville, pour ses habitants, nos concitoyens".
Comme souvent, les finances ne sont pas à la hauteur des projets des élus. Ils découvrent que rien ne va aussi vite que ce qui était prévu.

Le chômage, une ère nouvelle

Le débat, dans ces premiers mois de gestion de la gauche prend souvent un caractère politique, sans trop de relation avec les problèmes locaux de la ville. Le premier exemple c'est le conseil municipal extraordinaire du 28 juin 1977 qui se tient .... au Petit théâtre de la Maison de la Culture. L'ordre du jour porte sur "les problèmes de chômage et de l'emploi posés dans notre ville et au pays tout entier". La municipalité de gauche "ne veut pas rester insensible à ce fléau que représente le chômage et aux drames qu'il engendre". Et le maire de prendre l'exemple d'un jeune chômeur de 25 ans de Saint-Denis qui s'est suicidé après 6 mois sans travail.

Le débat sur ce sujet commence par un long exposé de Gilbert Camuzat :
" les travailleurs en lutte, aux côtés de la population berruyère dans l'action pour refuser austérité et sacrifices et imposer les vraies solutions conformes à ses intérêts et à l'intérêt national".

Il n'y a pas de débat véritable, mais quelques idées générales, sans caractère local, pour résoudre le problème du chômage, c'est l'avancement de l'âge de la retraite, la réduction du temps de travail et l'augmentation des salaires et des pensions.
Pourtant, à Bourges et dans le Cher, la situation n'est pas à la fin des années 1970 et au début des années 1980 aussi critique. Les entreprises locales, dont l'activité est essentiellement tournée vers les fabrications militaires est relativement florissantes. Ainsi le nombre de licenciements pour cause économique diminue entre 1981 et 1980, et le taux de chômage du département du Cher est largement inférieur à celui de la France.

Dans ce même Conseil municipal extraordinaire, on trouve tout de même quelques lignes sur le local, avec des demandes d'action et de mobilisation pour le démarrage des travaux de l'autoroute A71, l'accélération des études pour la grande rocade et la construction de logements sociaux.

La concertation et les Assises pour Bourges

Comme son prédécesseur, le maire de Bourges Jacques Rimbault aime faire en début de Conseil Municipal des déclarations préliminaires. Dans une de ces communications en date du 14 juin 1978, il évoque " une activité intense et multiforme ", et mentionne les " efforts faits dans le sens d'une gestion démocratique, recherchant toujours davantage la participation des Berruyers à la vie et à la gestion de la cité ".
C'est une méthode qu'adoptera M. Rimbault tout au cours de ces années. Il parle de l'information écrite avec la publication du numéro 5 de " Bourges " et d'un numéro spécial " Vieille Ville en fête ". Il insiste sur la concertation dans les dossiers de la liaison avenue de Dun / Val d'Auron et dans les problèmes de circulation.
A chaque Conseil municipal, le maire fait un rappel des travaux effectués. On peut retrouver le même thème sur plusieurs conseils, c'est une impression d'information forte et soutenue, sans cesse répétée. En 1978, M. Rimbault parle des travaux de voirie, mais aussi du démarrage du service municipal de l'enfance, de l'ouverture du lac d'Auron, "remarquable emplacement de loisirs et de sports, poumon vert de l'agglomération berruyère". Même s'il ajoute que les soucis financiers sont présents, il y a un changement d'attitude. La nouvelle municipalité adopte le Val d'Auron !

La pratique du dialogue se développe avec la mise en route systématique par la municipalité de visites dans tous les quartiers de Bourges. Le maire explique que :
" ce type d'activité est finalement très symbolique de notre style de gestion municipale. A l'opposé d'une politique de notables enfermés dans leurs bureau, elle nous confronte sur le terrain avec les difficultés des Berruyers. Elle nous amène à beaucoup mieux cerner les urgences, à beaucoup mieux connaître la réalité de la vie de notre ville".

Même les actions les plus mineures sont mises en avant, c'est le cas d'une foire à la brocante qui se tient le dimanche matin dans le quartier Saint Bonnet, ou le premier corso carnavalesque qui n'est autre que le carnaval cher à l'équipe Boisdé. Enfin, l'accent est mis sur la première grande réalisation originale de la nouvelle municipalité : la "Vieille Ville en Fête". Cette expérience connaît un succès populaire et sera renouvelée en 1979, avec " le concours de tous et de chacun ".

Et puis l'insolite apparaît parfois avec la visite fin juin de Madame Giscard d'Estaing aux serres municipales..... alors que Jacques Rimbault la reçoit :
"les règles de courtoisie que nous pratiquons à cette occasion, ne sauraient se confondre avec un quelconque assentiment de la politique d'austérité menée par le Gouvernement".

Et un long exposé sur la crise, sur les travailleurs, sur le chômage suit cette parenthèse.

C'est à cette date, septembre 1978, que s'ordonne de manière très précise la concertation avec la volonté " d'informer, de consulter, et d'agir ", et le lancement des Assises pour Bourges qui sont définies par Bernadette Gimonet.

Les Assises sont prévues du 13 octobre au 4 novembre 1978. Elles comportent alors essentiellement :

- des présentations et des discussions sur ce que fait la Municipalité, avec les priorités en matière d'enseignement technique à Bourges, la politique culturelle de la cité ou les problèmes du Val d'Auron.
- des visites comme celles des serres municipales ou des Marais de Bourges.
- des expositions concernant la circulation à Bourges.
Les Assises sont donc essentiellement thématiques. Il s'agit pour la municipalité :
"d'expliquer à nos concitoyens les obstacles qui entravent notre volonté de bien gérer la ville, et de débattre avec eux, pour trouver le seul chemin, celui de l'action en direction d'un pouvoir soucieux de se libérer au maximum de ses charges sur le dos des collectivités locales".

Suit alors un discours sur la politique gouvernementale de Giscard et Barre, " dont les maîtres mots sont inflation, austérité chômage...." et le besoin pour unir et rassembler les Berruyers " en vue de l'action pour le devenir de notre ville".

Deux sujets en cet automne à Bourges sont longuement traités. C'est le devenir de l'Enclos des Jacobins, un vieux projet qui revient à la surface et qui consiste à rejoindre la rue d'Auron et la rue Moyenne. Déjà vers 1894, le projet existait...... Le second concerne l'Hôtel de la Boule d'Or et sa transformation sous forme d'hôtel et de centre commercial.

C'est aussi l'époque où la ville organise à l'intérieur du palais Jacques Cœur des animations et en particulier une magnifique exposition de tapisseries intitulées " Matière et couleurs dans la tapisserie contemporaine ". Malheureusement, ce ne sera qu'un feu de paille et le palais du grand Argentier restera un réel problème pour le rendre encore plus attrayant vis à vis des touristes, pendant encore 25 ans.

Dans le même domaine, M. Paul Ganes demande l'acquisition de terrains dans les marais de Bourges afin d'en faire une aire de repos dans " le projet d'aménagement des promenades à l'intérieur des marais ".
Autre thème, celui des espaces verts avec le projet d'un parc paysager à Bourges-Nord.

 

C'est en 1978 que Jean François Deniau arrive en Berry. Il n'est pas très connu localement, et il est parfois confondu avec son frère Xavier, mais il est ministre et sa haute stature ne passe pas inaperçue. Il vient à Bourges à la suite de 1977, de la défaite de son camp, battu dans une ville " ho combien bourgeoise ", il vient relever le défi !
A la question qui lui est posée, plus tard sur cette venue dans le Cher, il répondra ainsi :
" Je ne suis pas originaire du Cher, mais du département voisin. Pour ces élections législatives de 1978, tout le monde donne les élections perdues pour la droite. D'autant que dans la circonscription de Bourges, où le candidat communiste paraissait imbattable, personne ne voulait y aller. J'avais été plusieurs fois ministre sans être élu….. On m'a sollicité. J'ai refusé. C'est alors que j'ai été convié à déjeuner à l'Elysée. Le président Giscard d'Estaing m'a accueilli avec cette phrase " Alors Jean François, on se dégonfle pour la première fois de sa vie ", je me suis présenté sous l'étiquette UDF. Mon suppléant était RPR".

Pour beaucoup, cet homme prend l'exemple de Raymond Boisdé, venu en Berry pour une place de député, et qui est resté député-maire de Bourges pendant 18 ans !
Jean François Deniau veut devenir député, mais est sans aucun doute la mairie dans le collimateur, et, à cette période, Jacques Rimbault, pour beaucoup a été élu maire par hasard, il n'a pas fait ses preuves, et il ne tiendra pas. Dès la prochaine élection, quelle qu'elle soit, il sera battu par ce vieux réflexe anti communiste ……les Berruyers voulant " se racheter de l'erreur de mars 77 ".

Les législatives de 1978, Rimbault battu

Les élections législatives se profilent pour le printemps, elles devraient être difficiles pour la majorité en place, Giscard et Barre sont sur le fil, car les municipales ont été très favorables à la Gauche, et malgré la rupture du Programme commun, le vent souffle à gauche en ce début d'année 1978.

A 54 jours du scrutin, prévu les 12 et 19 mars, les sondages donnent la gauche gagnante avec 51% de voix contre 44 % à la majorité et 5% aux écologistes et divers. Il y a un sentiment de changement dans le pays, et les responsables de gauche, Mitterrand, Marchais et Fabre sont persuadés qu'ils vont gagner. A droite, c'est une bataille perdue, malgré l'engagement de Giscard à Verdun-Sur-le Doubs et l'action de Barre et Chirac qui exhortent les Français à faire " le bon choix ".
Au soir du 19 mars, la majorité l'emporte avec 290 sièges contre 201 à la gauche qui perd pour la troisième fois. C'est " une divine surprise " pour la majorité titrent les journaux.

Dans le Cher, la première circonscription comprend entièrement la commune de Bourges, les cantons des Aix d'Angillon, Charost, Levet, Henrichemont, Lignières et Saint Martin d'Auxigny. C'est dans cette circonscription que Jean François Deniau qui occupe le poste de ministre du Commerce Extérieur dans le gouvernement Barre, vient se battre.
A priori, un an après les municipales gagnées par la gauche, il n'a guère de chance de l'emporter, et le fait d'être ministre n'est qu'un faible avantage. Il est opposé à Jacques Rimbault, pour le P.C., Charles Parnet pour le P.S. et à deux autres candidats.
La campagne est rude, M. Deniau fait appel pour le soutenir à Simone Veil, alors très populaire et ministre de la santé. Elle est à Bourges le 6 mars, à la Salle des Fêtes de la Chancellerie. Devant 1000 personnes, au cours du meeting, elle déclare : "Ceux qui voteront pour le Programme commun savent très bien qu'il ne sera pas appliqué".

Le premier tour du 13 mars donne au plan national une poussée du P.S., mais la majorité résiste bien et rien n'est joué.
A Bourges, M. Deniau fait 43,9% (28610 voix) contre 34,2% (23306 voix) à M. Rimbault et 16,2% (10590 voix) à M. Parnet alors que 3% des électeurs votent à l'extrême gauche. Mathématiquement, pour le second tour, si les voix de gauche se portent bien sur M. Rimbault, le ministre du commerce extérieur sera battu.

Le second tour se déroule le 16 mars, et Jean François Deniau l'emporte par 51,95% (34916 voix) face au maire de Bourges qui n'obtient que 48,05%. (32295 voix) Le coup est sévère, et sur le plan national, F. Mitterrand attribue la responsabilité de la défaite au Parti Communiste. A Bourges, entre le premier et le second tour, il y a eu une défection incontestable des électeurs socialistes le P.C. réagit mal, la municipalité n'a qu'un an d'ancienneté et des inscriptions " démissions " apparaissent sur quelques murs de la ville.

Le maire battu fait une déclaration dans laquelle il souligne :
"le caractère injuste de la loi électorale qui prive 88 000 électeurs de ce département de toute représentation parlementaire. La droite conserve le siège qu'elle avait depuis 1951, mais la campagne a été tapageuse et haineuse, avec la présence de ministres.... et des inscriptions souillant la ville de Bourges avec un anticommunisme plus vil et plus primaire que jamais.
En 1977, lorsque la gauche a eu la mairie, elle n'a pas demandé la démission du député de la circonscription qui venait de réaliser 44%, sachant faire la différence entre élection municipale et législative "

A droite, M. Jean François Deniau remercie ses électeurs et son épouse Frédérique, en signalant que l'Union, en particulier avec le RPR a été payante, il retrouve son poste de ministre, et en conséquence, il doit démissionner comme parlementair. Il laisse sa place de député au docteur Moule, alors qu'un autre député du Cher, M. Papon occupe un poste ministériel au budget.

Après cette défaite, c'est le profil bas pour le maire de Bourges. Il est peu présent dans la presse locale, alors que M. Jean François Deniau donne des conférences, vient parler aux délégués consulaires, bref est très actif dans sa nouvelle circonscription. Il apparaît comme le nouvel homme fort du département et de la ville, succédant ainsi à Raymond Boisdé et se positionnant comme l'homme qui refoulera la gauche et Jacques Rimbault dans l'opposition.
Le 21 Avril 1978, en ouvrant la séance du Conseil municipal, Jacques Rimbault rappelle les phrases prononcée il y a un an lors de l'installation de la nouvelle municipalité :
" En donnant, le 12 Mars, la majorité absolue aux deux candidats de Gauche, Charles Parnet et moi-même, élus de cette Municipalité d'Union, la population berruyère nous a confortés dans notre activité collective à son service....."

Ne signalant pas la victoire de M. Deniau et sa propre défaite.......

Et le maire de faire un premier bilan de l'action municipale, portant plus sur la méthode utilisée que sur les actions réalisées. Ainsi, il est question de " l'humain, du social de la démocratie qui seront demain, encore plus qu'hier, pour nous, des maîtres-mots...."
Ensuite ce sont les grandes idées et son plan d'actions :
- Concertation pour les projets en cours
- Information avec l'édition du bulletin municipal d'informations
- Les Assises 1978 qui se dérouleront à l'automne
- La circulation avec une douzaine de projets plus ou moins importants et bien sûr, l'autoroute A 71 et la grande Rocade.
- Le plan directeur du Centre-Hospitalier
- L'étude du POS et la réhabilitation de HLM.

Pour le sport et la culture, peu de phrases, le Printemps de Bourges est tout juste évoqué avec ces mots :
".... Nous venons de vivre le Printemps de Bourges qui a connu le succès. Nous l'aurions voulu peut-être mieux préparé dans toute la ville, pour une meilleure participation des habitants au Festival".

Après un an aux affaires, la nouvelle municipalité cherche ses marques. Il n'y a aucun projet original ou nouveau, par contre une réelle volonté de développer le dialogue et la concertation avec la population et de répéter, plutôt deux fois qu'une, la liste des projets envisagés sans mettre de délais très précis.

Des élections à Bourges en 1979

C'est encore une année électorale, et à chacun d'affûter ses armes en vue des cantonales de mars. Les cantonales, en règle générale, dans la ville de Bourges n'ont pas toujours beaucoup d'impact, ce sont des élections très locales.
Pourtant en 1979, c'est un test à Bourges puisque dans le canton de Bourges IV, les candidats en lice sont de toute première importance, ainsi face à J. F. Deniau, ministre, qui a la volonté de poursuivre son enracinement local, s'opposent deux maires-adjoints. M. Picard représente le PC et M. Perruchot le PS. Il s'agit pour ces trois candidats principaux de briguer le siège du conseiller général sortant, le docteur Villard. Le contexte est difficile avec la crise de la sidérurgie qui fait la " une " de tous les journaux.
A Bourges, des leaders nationaux viennent soutenir les candidats de leur camp. On voit ainsi Pierre Maurois salle Calvin qui s'en prend au gouvernement de Raymond Barre "qui a allumé les hauts fourneaux de la colère", alors que André Vieuguet pour le PC parle de " l'abandon de l'indépendance nationale qui conduit au déclin".

De son côté Jean François Deniau s'exprime beaucoup et mène une campagne active en reprenant des thèmes forts du département :
"nous devons tirer partie de l'agriculture, de l'industrie et du tourisme. Dans ce cadre, nous devons sauver le canal de Berry…. Bourges mériterait de recevoir beaucoup plus de touristes".

Les résultats du premier tour donnent M. Deniau en tête avec 3467 voix, mais ses deux adversaires totalisent 3384 suffrages, c'est très serré. Le second tour, au plan national, révèle une nette victoire socialiste, la gauche va détenir la moitié des conseils généraux.
Et dans cette vague de gauche, Jean François Deniau, opposé au second tour à Michel Picard l'emporte par 4098 voix contre 3426 à son adversaire du PC. Même si le score n'est pas de l'ampleur du docteur Villard en 1973, la victoire est confortable et le ministre de Giscard de déclarer que nous devons "sortir de la crise". Il devient Vice président du Conseil général du Cher, un poste qui doit logiquement le propulser vers la Présidence qu'il acquiert en 1981… puis vers la mairie aux élections municipales de 1983.

L'ambiance en France et à Bourges ne s'arrange pas, ainsi, le 24 janvier 1980, le Conseil municipal est réunit afin de protester contre " la hausse de l'énergie en France ". Bernard Gourdon pour les socialistes signale qu'il participe à ce Conseil suite à la convocation du maire, mais surtout pas "parce qu'il a été convoqué par le Parti Communiste" alors que Edmé Boiché, se lève et déclare : "En vérité c'est le Parti Communiste, par la voix de Charles Fiterman, qui a invité les élus communistes à élever une protestation sur la hausse du prix de l'énergie". Et de développer ses arguments, en signalant qu'il ne participe pas au débat, car "en francs constants, le pétrole ne vaut pas plus cher qu'en 1974, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'élever contre les bénéfices scandaleux des pétroliers".
Après un débat assez court, et des explications de Jacques Rimbault, une motion est adoptée, pour :

" Refuser l'alibi du Gouvernement tendant à faire croire qu'il s'agit des conséquences inéluctables de la facture pétrolière.
Considérer que cette politique néfaste du gouvernement permet à l'Etat de se procurer de l'argent frais à bon compte…. " .

Les élections présidentielles sont dans un an et demi, et la campagne électorale est lancée !

 

1981 : la rose au poing

Le 13 avril 1981 alors que la campagne électorale bat son plein, le candidat Mitterrand est en Berry sous le chapiteau du Printemps de Bourges, est situé place Séraucourt.

La campagne électorale est très âpre, à cette époque les campagnes d'affichages fleurissent sur les murs, chacun remarque les immenses affiches de Giscard avec ses filles, alors que Mitterrand, sa " force tranquille " et son petit village au loin, fait un tabac.
Le sommet de la campagne se situe à la télévision, le 5 mai avec, pour la première fois un grand débat télévisé entre les deux finalistes.
Comme le titre la Nouvelle République : " 2 Politiques, 2 Langages ".
Le jeudi 7 mai à Bourges, un grand meeting du Parti Communiste se déroule à la Chancellerie, Jean Claude Sandrier secrétaire fédéral prend la parole : "Battre Giscard et la politique des patrons" et ajoute tout de même : "voter Mitterrand mais compter avec les communistes". A droite, d'autres meetings, et des Comités de soutien à Giscard se forment comme le Comité de soutien des professions de santé du Cher.

Le 10 mai à 20 heures, les résultats apparaissent sur toutes les chaînes de télévision : " François Mitterrand est élu Président de la République ", le score ne prête pas à contestation, il obtient 51,75% des suffrages, Giscard, amère est battu.
Dans le Cher, l'écart est un peut plus prononcé, puisque Mitterrand obtient 52,8%. Quant à la ville de Bourges, elles vote de la même manière que le reste du pays, à 51,47%. Les réactions à Bourges sont faibles, les uns exultent, d'autres sont désespérés….. Le maire fait une courte déclaration le 15 mai, "l'espoir est au présent", dit-il, et il fait remarquer en guise de revanche "que Giscard d'Estaing est minoritaire dans le canton de Bourges IV détenu par Jean François Deniau", quant à la droite elle est sonnée et …. muette.
Le 10 mai 1981 marque donc la consécration de François Mitterrand. C'est un peu du Berry et de Bourges qui entre à l'Elysée. L'arrière grand père du président, Charles est en effet né en 1810 en face du Moulin de La Chappe dans le quartier d'Auron, et il se souvenait qu'en 1929 il allait patiner sur le canal gelé, en face de la maison de ses grands parents.
Il écrira dans "ma part de vérité", les mots sur le Berry de sa famille : "Il n'y a de Mitterrand que du Berri. Ce nom de famille est lui-même du terroir. Il signifie pour certains des miens "milieu des terres", et un champs qui se trouve, en effet, au centre géographique de la France…. S'appelle le champs des Mitterrand".
Le Président prendra beaucoup de plaisirs à revenir à Bourges au cours des deux septennats. Les visites seront souvent privées, comme à Ainay-le-viel en 1985 ou l'année suivante à la Maison de la Culture en plein mois d'août pour voir une exposition sur Alain-Fournier. En 1986, il sera cette fois à Epineuil le Fleuriel, écoutant Henri Luillier lui raconter l'histoire du Grand Meaulnes…..
Et puis à quelques jours de la fin de son …. Second mandat, en 1995, il vient à Bourges inaugurer le nouvel Hôpital.

La victoire de mai 81 à Bourges !

Après la victoire de François Mitterrand, deux événements diamétralement opposés se déroulent à Bourges. Le premier, c'est la fête de " la victoire de l'espoir " qui est organisée le 21 mai, le jour de l'investiture du nouveau Président.

Puis ce sont les législatives . Au premier tour, le 14 juin 1981, c'est pourtant Jean François Deniau qui devance largement Jacques Rimbault qui a 28,6% des suffrages (17151) et dépasse d'assez peu Bernard Gourdon le socialiste qui obtient 25,2% (15120) des voix.

Seulement M. Deniau a fait le plein des voix à droite, il a 42,9% des suffrages (25 773).
Au second tour, une semaine plus tard, avec 33440 voix, c'est à dire près de 52%, des suffrages, Jacques Rimbault l'emporte face à Jean François Deniau, il conforte de manière éclatante sa position à Bourges et prend sa revanche sur 1978…….
La séance du conseil municipal du 1er juillet est historique et émouvante, le maire Jacques Rimbault devenu député parle en ces termes :
" Cette séance intervient immédiatement après des évènements de très grande portée, le résultat dans notre ville a confirmé la volonté des Berruyers de placer leur cité dans la majorité nouvelle, avec l'ambition de la faire pleinement participer au changement nécessaire".
Jacques Rimbault a tout lieu d'être satisfait, pour la première fois depuis la Libération, la France va être gouvernée à gauche, avec la présence de 4 ministres communistes, dont Charles Fiterman ministre d'état, ministre des Transport
Puis le député -maire évoque les changements à venir, avec une discussion franche et tranquille avec le pouvoir, car nous étions "harcelés hier et encore aujourd'hui, par une tutelle préfectorale d'un autre temps, en butte hier à l'arrogance d'un pouvoir sectaire….". Il passe en revue les futurs projets de décentralisation, la suppression du contrôle à priori des préfets, les pouvoirs nouveaux accordés aux collectivités.
Le maire attend beaucoup des lois de décentralisation, elles vont en effet modifier de manière très profonde certaines pratiques. C'est à partir de ces lois que la Région devient responsable des Lycées, et le Conseil Général des Collèges, la Ville ne prenant désormais en compte que les écoles primaires et les maternelles.
Mais Jacques Rimbault reste maire, et il rappelle les principaux dossiers en cours. C'est la Cuisine Centrale des Restaurants Scolaires, chemin Tortiot, en construction, elle est prévue pour janvier 1982. Puis il parle de la seconde tranche de l'école primaire des Machereaux, le chantier de l'Enclos des Jacobins, le Hall des Congrès qui devrait commencer à l'automne, le Parc Paysager et Educatif de Bourges Nord avec l'arrivée prochaine d'une subvention.
Enfin les dossiers sur la réalisation de la nouvelle gare routière, du Centre Commercial du Val d'Auron, de la nouvelle avenue de Robinson, et "d'un important programme de travaux d'eau et d'assainissement".

Le 16 septembre 1981, le maire ajoute à ses projets de l'été, la préparation du dossier d'un Centre Hospitalier neuf, ainsi que l'obtention du versement Transport permettant la mise en œuvre d'un réseau de transports urbains digne de ce nom.
Si 1981 marque un important tournant politique, c'est la poursuite des Assises pour Bourges, quatrième édition, avec " le forum des associations " qui doit réunir vers la fin du mois de novembre l'ensemble des associations de Bourges, aussi bien dans le domaine de la culture que du sport ou de l'humanitaire, le tout au Parc Saint Paul.


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1982, dans le monde, c'est la fin de l'ère Brejnev, c'est aussi la guerre des Malouines entre la Grande Bretagne et l'Argentine, avec la présence des armes françaises fabriquées à l'Aérospatiale et qui font connaître Bourges, capitale de "l'Exocet", au monde entier.
Au début de l'année, en France, le gouvernement de Pierre Mauroy approuve l'ordonnance sur la semaine de 39 heures et les 5 semaines de congés payés.
Les ministres communistes sont au travail, c'est Fiterman, Rigout, Ralite et Le Pors, leur présence est très importante pour la vie locale de l'équipe municipale de Jacques Rimbault. Au fil des mois, on les verra tous à Bourges, apporter leur soutien à la municipalité de gauche.
Les problèmes et questions pour Bourges

Jacques Rimbault en 1982 est à un an des prochaines municipales et la visibilité de son bilan n'est pas évidente. Beaucoup de projets, beaucoup de discussions et de concertation, mais peu de réalisation.
En France la situation de l'emploi est préoccupante. A Bourges ce n'est pas le cas, et Jacques Rimbault annonce qu'en février et mars 1982, on enregistre un premier recul du nombre de demandeurs d'emplois. Le maire de Bourges déplore les pré-retraites et les licenciement à la F.A.B, mais note avec satisfaction les 141 embauches de la SNIAS. Il ajoute : "Je crois au plan Rigout sur la formation professionnelle", et note "les premiers résultats positifs de l'action du gouvernement et des forces vives du pays".

Au cours des " Assises pour Bourges " qui se tiennent d'octobre à décembre 1982 la municipalité développe ses principaux thèmes. Les propositions pour la ville sont éternelles : Quelle croissance envisager ? Quels sont les retards à combler ? Quels équipements sont à moderniser et à promouvoir ?
D'autres questions sont posée par Marguerite Renaudat : "comment reconquérir le Centre Ville ?" ou "comment vivre mieux à Bourges Nord" et enfin pour résumer les milles et une autres questions : "comment faire de notre ville une cité dynamique, tout en restant à l'échelle humaine ?"

Mais les problèmes de financement, dans tous les domaines sont de véritables casse-tête. La vie culturelle à Bourges avec la Maison de la Culture et le festival du Printemps sont budgétivores.

La campagne électorale de 1983

Au mois de janvier 1983, Jean François Deniau annonce qu'il ne sera pas candidat pour conduire la liste municipale de l'opposition à Jacques Rimbault. Il évoque une incompatibilité entre le fait d'être Président du Conseil Général du Cher et la fonction de maire d'une grande ville comme Bourges. Il signale en outre qu'il soutient Camille Michel, pour l'UDF, qui devient chef de file de l'Opposition de droite.
Camille Michel est bien connu à Bourges, il fut préfet du Cher de 1978 à 1981 et sa démission alimenta de bien nombreuses conversations.
Il aimait à répéter ce que disait Napoléon 1er qui avait écrit "que les préfets étaient chargés d'assurer le bonheur des Français. C'est ce que j'ai essayé de faire, dans toutes mes fonctions". Il connaît bien Bourges, un physique tout en rondeur, le visage souriant, il est jovial, c'est un débatteur de première. Et les différentes listes électorales apparaissent.
A droite, Camille Michel emmène la liste, il a à ses côté des gaullistes du RPR comme Jean Claude Péan et François Deschamps, à gauche, pas de surprise, les vainqueurs de 77 sont présents, autour de Jacques Rimbault, Gilbert Camuzat, Jean Pierre Saulnier, Marguerite Renaudat et Edmond Boiché mais aussi un nouveau, Jean Claude Sandrier.
Le 23 février 1983, le Conseil Municipal se réunit en pleine campagne électorale à 10 jours du premier tour, Jacques Rimbault en profite pour évoquer les aspects financiers de la ville entre la situation actuelle et ce qu'il a trouvé 6 ans auparavant :
"Je veux rappeler simplement deux éléments de l'héritage trouvé à cette époque. Nous avons trouvé un milliard 737 millions d'AF de travaux ou d'acquisitions ….sans financement. Par ailleurs la situation des opérations confiées par la Ville à la SOBEREM faisait apparaître une déficit de un milliard 517 millions d'AF.
Nous sommes loin de cette mauvaise passe. La situation financière de la Ville est saine et nous maîtrisons une politique budgétaire de croissance et de rigueur….".

Les dossiers qui passent en Conseil Municipal ce jour là sont dans la continuité des travaux des six années passées, c'est la convention avec la SO BER E M pour la réalisation du Centre d'Intérêt Touristique Victor Hugo dont les travaux vont bientôt commencer. Sont évoquées aussi la mise en voie piétonne de la partie haute de la rue d'Auron et l'attribution d'une forte subvention (110 000 F) pour les prochains relais d'athlétisme Jacques Cœur.
A ce dernier Conseil du mandat, pas de remerciements ni d'au-revoir, du maire pour son équipe, comme si les jeux étaient faits et que l'on doive se revoir dans quelques semaines après la victoire de mars…….

La campagne électorale est un duel entre deux hommes. Dans un article du Berry Républicain, du 1er mars 1983, le journal local interroge chacun des candidats.
Jacques Rimbault est confiant, car pour lui, "Bourges n'a jamais répudié un maire qui, avec son Conseil, a fait son travail". Et lorsqu'on lui demande ce qu'il regrette le plus depuis 1977, il répond :"c'est d'avoir subit au cours des 4 premières années de mon mandat, un préfet autoritaire qui nous a fait perdre un temps considérable", il prend pour exemple la mise en cause de la subvention municipale au Comité des Œuvres Sociales de la Ville……et ce préfet avait pour nom Camille Michel.

 

Dans ce premier mandat, il n'y a pas eu de "grands travaux spectaculaires", aussi le maire de Bourges insiste sur les actions en matière piétonnière, avec le Haut de la rue d'Auron et Gordaine qui seront bientôt traités.
Pour les logements, Jacques Rimbault veut " agir au sein de l'Office HLM pour une accélération des travaux d'entretien et de rénovation des logements".
Enfin, devant la grogne et l'inquiétude des commerçants de la rue d'Auron, il réplique de manière assez optimiste, et défend son projet. En conclusion, lorsque qu'est évoqué son adversaire de droite, il utilise cette formule " Tout ce qui est excessif est insignifiant ".

Lorsque le journal se tourne vers le candidat de droite, pour le même type d'interview, c'est un Camille Michel particulièrement offensif et plus anti communiste que jamais qui répond : "Une municipalité communiste n'attire pas les entreprises, si elle ne les fait pas fuir", et il ajoute sur un autre terrain, "et il y a des " ardoises " cachées". Il développe ce thème évoquant une gestion réalisée dans l'intérêt du Parti Communiste, sur le personnel, le choix des entreprises, la subvention aux associations. Et Camille Michel critique "la propagande autour de la plus petite réalisation, même lorsque la municipalité n'y est pour rien".

Il admet comme positif, les rues piétonnes et le boulevard de l'Avenir, mais ajoute "grâce aux subventions que j'ai obtenu lorsque j'étais préfet".
Dans ses nombreuses critiques, le chef de file de la droite demande l'élimination du trafic des poids lourds en ville, la réalisation d'un troisième parking, et il trouve que l'on a acheté des autobus trop grands qui contribuent à ralentir la circulation par des manœuvres difficiles. En conclusion Camille Michel affirme :
"qu'il n'attaque pas Jacques Rimbault personnellement, mais il est membre du Comité Central du Parti Communiste, il applique à Bourges les procédés habituels des communistes, c'est le sommet qui décide, la base discute dans le secret et approuve à l'unanimité, les socialistes l'ont dit à haute voix".

Tel est le style Camille Michel et de la droite de l'époque. Ce discours plaisait à une petite minorité un peu extrémiste et en attente de revanche, mais ne permettait pas de rassembler une forte majorité de la population, surtout en 1983, avec une gauche triomphante et porteuse de beaucoup d'espoirs.

Le triomphe de Rimbault aux municipales

A la veille du scrutin, la confiance règne dans les deux camps. L'équipe de gauche se sent soutenue par ses partisans, et pense que son travail de dialogue et de concertation va " payer ", et entraîner des Berruyers qui votent davantage pour une équipe fut-elle communiste ou socialiste que pour une étiquette. Chacun se dit persuadé que la liste de droite, conduite par un ancien préfet, particulièrement hargneux n'est pas un atout, les Berruyers n'aiment pas ce type d'attitude.
Inversement, chez Camille Michel, beaucoup pensent que 1977 a été un accident, que les Berruyers ont voté contre Boisdé et pas pour des communistes. Les "stratèges" se disent persuadés que "la bourgeoisie du Centre Ville" va revenir au bercail et voter à droite.
Le 6 mars 1983, c'est le premier tour de ces municipales avec trois listes en présence : l'Union pour Bourges de Jacques Rimbault, à droite, Camille Michel, et enfin Colette Cordat est leader de la liste Lutte Ouvrière.
A 19 heures, à la permanence de Camille Michel, rue Messire Jacques, " on y croit ". Le journaliste Alain Fourgeot retrace cette soirée pour le Berry Républicain, il constate que certains les pronostics : une droite à 56%,et pour les plus pessimistes, un score un peu au dessus de 50%!
Vers 19 heures 15, Jean François Deniau rentre sur Paris, afin d'assister à une émission de télévision sur Antenne 2. Il n'a pas les chiffres et dit simplement "je suivrais les résultats à la radio".
A même moment, à gauche, c'est la sérénité. Marguerite Renaudat calcule qu'en Centre Ville c'est le même écart qu'en 1977, c'est bon signe….. Mais à Auron, Camille Michel est en tête…… très vite d'autres chiffres sont donnés. Les militants passent par toutes les couleurs, ils ne se prononcent pas, puis " c'est foutu " dit l'un d'entre eux.
A 20 H 15, les chiffres tombent, la liste de Jacques Rimbault obtient 54% des suffrages, le nom du maire de Bourges est scandé, alors qu'à 21 heures, l'Internationale éclate dans les salons de la Mairie.
Les chiffres précis sont communiqués, ils sont sans bavure :

Rimbault 18 537 voix 54,04%
Cordat 733 voix 2,13%
Michel 15032 voix 43,83%

 

Il y a davantage d'électeurs inscrits, mais globalement, les résultats ce ces élections sont proches de ceux du second tour de 1977.
Jacques Rimbault est heureux et satisfait, et en annonçant le prochain Conseil Municipal pour le dimanche suivant à 11 heures, il poursuit :
" Nous serons à quelques jours de 2 printemps, celui des saisons et celui de la chanson".

Premier Conseil municipal

Le 13 mars 1983, se déroule la première séance du Conseil municipal issu des élections. Pour la première fois depuis des lustres, il y a une opposition suite à la loi électorale de Gaston Deferre et désormais l'ambiance des Conseils municipaux ne sera plus comme auparavant. Le système est relativement simple et sain. Il s'agit d'accorder une place à l'opposition tout en permettant à la majorité de diriger une ville sans problème.
La première séance va rapidement opposer Jacques Rimbault et le leader de l'opposition, Camille Michel. Après l'ouverture de la séance par le doyen d'âge, Bernard Lelarge, c'est l'élection sans surprise de Jacques Rimbault comme maire de la ville par 38 voix face à Camille Michel qui n'en recueille que 11. Les maires-adjoints sont ensuite élus sans surprise : Marguerite Renaudat, Bernard Gourdon, Edmé Boisché, Gibert Camuzat… etc.

Lorsque Jean Claude Péan pour la droite a proposé le nom de Camille Michel, le public a montré une " hargne belliqueuse" comme l'écrit un quotidien qui poursuit " d'habitude, les partisans se battent sur le front de la liberté, pour la tolérance. Mais ceux-ci n'avaient rien à voir avec ceux là : épiciers d'une haine venimeuse qui sent sa petite boutique".
Camille Michel demande la parole, bien que cette déclaration, lui fait remarquer le nouveau maire ne soit pas inscrite à l'ordre du jour. Le chef de file de la nouvelle opposition municipale signale qu'avec ses amis ils ne sont que 11 élus représentant 15000 électeurs ce qui fait 1400 électeurs par élu alors que la majorité n'a obtenu que 18500 électeurs et se retrouve avec 38 élus soit un élu pour 500 électeurs. A cet instant, le ton est donné, et le public réagit à ces propos qui sont d'un goût douteux en un pareil jour. Jacques Rimbault est obligé d'intervenir pour laisser parler l'orateur UDF, qui poursuit :
"Monsieur le maire, il est d'habitude que lorsque l'on parle dans une assemblée démocratique, cette assemblée ne soit pas troublée par le public qui n'a droit ni à la parole, ni à manifester ses sentiments".

Et Jacques Rimbault de répliquer :
"Monsieur Michel, les discours provocateurs n'étaient pas inscrits à l'ordre du jour".
Ce type de relations est désormais la règle pour une opposition très présente, ce qui, le plus souvent met Jacques Rimbault dans un profond agacement..

Et puis c'est le traditionnel discours du maire après sa royale intronisation. Jacques Rimbault, très à l'aise, commence ainsi son propos :
"Soyons dignes de Bourges, de ceux qui l'on construite, de ceux qui la font. C'est à cela que nos concitoyens, non seulement nous jugeront, mais nous donneront la force de continuer, de perfectionner le travail entrepris depuis 6 ans. Dimanche dernier, ils nous ont dit "faites et faites mieux". Nous y sommes prêts avec eux."

Il poursuit d'une manière lyrique :
"Eh bien, à l'œuvre pour faire de Bourges une ville encore plus belle, encore plus digne de la France…. "
et de conclure
" Avec le gouvernement de la France, nous allons faire entrer dans la vie le projet qu'ont approuvé nos concitoyens. Oui cette ville a une âme ! Elle est faite des nôtres".

Ce discours largement applaudi évoque le dynamisme économique, la richesse des idées des uns et des autres, le nécessaire développement de la vie associative… etc . Aucune trace de polémique, le maire de Bourges est "sur un petit nuage".

L'opposition au Conseil Municipal

Après cette séance inaugurale, le travail se poursuit. Le Conseil municipal, c'est toujours un long propos du maire de Bourges. Il fait généralement le point de l'ensemble des dossiers, ainsi que la liste plus qu'exhaustive des actions en cours.

Petit à petit, se mettent en place les modes de fonctionnement entre la majorité et l'opposition. Le député-maire répondant à une question de Camille Michel sur l'information que doivent recevoir les conseillers municipaux conclut ainsi :
"Vous avez soulevé en effet un certain nombre de points de détails. Je crois que la pratique va nous rendre savants : mais ce n'est pas notre faute si nous n'avons pas connu la proportionnelle pour les élections municipales depuis 1959 et évidemment, il y a de nouvelles habitudes à prendre, aussi bien pour la Majorité que pour l'Opposition pour trouver les moyens de "cohabiter" et participer ensemble à la gestion municipale".
Au fil des années, les relations entre Jacques Rimbault et Camille Michel seront en permanence conflictuelles. Ainsi ce dialogue entre les deux hommes, en mars 1984, est symbolique de ce qui se passera jusqu'en 1989 :
Jacques Rimbault :
" Cela m'ennuie de (vous) répondre à chaque fois, mais je ne peux pas laisser dire des choses comme celles-ci. Est-ce que c'est le démon du mensonge qui vous tient ?"
Camille Michel :
" Je vous défends de me traiter de menteur !"
Jacques Rimbault :
" je ne vous ai pas traité de menteur ; je vous ai dit que vous aviez le démon du mensonge en vous".

…. Et ainsi de suite, ce dialogue souvent stérile, permet à Jacques Rimbault, la plupart du temps de répondre, avec beaucoup plus de bon sens que d'éléments techniques, prenant souvent le dessus sur son adversaire, en argumentant sur ce qui est fait à Bourges, pour les Berruyers, et avec toute la concertation voulue.

Dans les propos du maire, au début de chaque Conseil municipal, on trouve pèle mêle des sujets très forts comme la mise en service du groupe scolaire Jean Macé au Val d'Auron, ou le dossier du parking souterrain de Saint Bonnet, et des thèmes de plus faible importance comme la pose de feux au carrefour Félix Chédin / rue Camille Desmoulins, sans oublier la liste des manifestations : la fête foraine de la Chancellerie prévue en mars 1984 ou le salon de l'informatique en mai….

Après la victoire de 1983, Jacques Rimbault étant élu jusqu'en 1989, plusieurs projets sont élaborés pour cette période. Ce "plan" de 5 ans entre 1985 et 1989 comprend : la nouvelle aile de la mairie pour 15 MF, l'achèvement pour 10 MF du parc paysager des Gibjoncs, le complexe sportif des "Grosses Plantes" avec un chiffre annoncé de 8,64 MF qui ne correspond pas à grand chose. L'installation du Musée Estève chiffrée à 9,7 MF et la modernisation du parc Saint Paul à 32 MF.

Pour ce dernier projet, les études et la réalisation vont très vite, c'est la construction à la place des hangars, d'un vaste hall, appelé "Pavillon", comportant sur 4 piliers métalliques dans une architecture moderne et audacieuse un rez-de-chaussée de 2000 M2, un étage de 2500 M2 et une mezzanine de 1900 M2. L'objectif affiché est de "permettre des animations permanentes au parc Saint Paul et notamment la mise en place d'une véritable vitrine technologique et économique, une sorte de SIRITT permanent dont la ville a besoin".
Un parc d'agrément et un paysage rénové accompagneront ce nouvel hall au Hall des Congrès….. En 2001, ce nécessaire paysage est toujours dans les cartons.

Les problèmes d'environnement commencent à intéresser les élus locaux, au premiers rangs desquels, on trouve Edmé Boiché et Paul Ganes, bien qu'il ne s'agisse, à cette époque, que de traiter les espaces verts
En février 1982, Edmé Boiché expose au Conseil municipal le projet d'aménagement d'un parc paysager aux Gibjoncs :
" Ce parc concerne la partie située à proximité du foyer des migrants, route de Saint Michel, et représente une surface de 12 000 mètres carrés", affirme l'adjoint au maire. Mais cette première tranche est encore timide, elle concerne des jeux d'enfants, une pyramide et une aire gravillonnée avec des bancs publics.

Deux ans plus tard, les Berruyers notent la présence de ministres dans le département. Huguette Bouchardeau, ministre de l'Environnement signe le 16 décembre 1984, un protocole d'accord entre la ville et le ministère. Il s'agit de participer à des travaux d'aménagement dans les marais, la trouée verte et le parc paysager des Gibjoncs. Et c'est ainsi que ce dimanche matin de décembre, dans le froid et la pluie, madame le ministre fut entraînée, avec ses petits talons, dans la " gadoue des marais ", suivie par le maire et le préfet, ce dernier, éternuant tous les deux pas.

Bourges, depuis 1982, obtient le trophée des villes fleuries, et le 23 janvier 1985, Paul Ganes et Daniel Lejeune reçoivent des mains du président Alain Poher, au Palais du Luxembourg, le précieux trophée. Les Berruyers sont très fiers des efforts réalisés pour égayer les espaces publics de la ville, avec de véritables créations florales.

Le social, une priorité

C'est au début des années 1980, que la municipalité met les bouchées doubles dans le domaine du " social ", ayant été élus sur ces thèmes de la chance pour tous et de la prise en compte des plus défavorisés. D'un autre côté la crise commence, c'est la fin des " trente glorieuses ", c'est à dire du boum économique de l'après guerre.
La crise du pétrole doublée d'une crise économique accentue le chômage et les personnes en grande difficulté sont de plus en plus nombreuses. Le gouvernement, quant à lui, lance diverses opérations en faveur des personnes âgées, avec en particulier les circulaires de la loi Veil.

A Bourges cette crise économique survient avec un léger décalage, les nouvelles propositions pour des personnes sans emplois s'appelleront au fil du temps, " TUC ", ou " Emploi jeune ".
Diverses structures sont mises en place, et le C.C.A.S., c'est à dire le Centre Communal d'Action Social voit ses prérogatives accrues. En 1983, les effectifs sont doublés compte tenu de l'augmentation de ses activités.
Le C.C.A.S. était situé depuis 1955 rue Mayet Génétry, il emménage au printemps 1982 dans de nouveaux locaux situés à l'Enclos des Jacobins, puis en mai 1995, il prend ses quartiers avenue du 11 Novembre, à l'emplacement des bureaux de la Caisse d'Epargne.

Comme le rappelle Marie Paule Prot, élue de Bourges et responsable de l'action sociale, "le travail du CCAS s'est particulièrement développé en direction du 3e âge, de la petite enfance , des chômeurs et des familles ou personnes seules en difficulté".

C'est ainsi qu'après l'ouverture d'une halte garderie en 1978, rue Paul Duplan, ce sont 2 mini-crèches qui sont créées au val d'Auron. Enfin, en 1985, pour répondre aux besoins du Centre-Ville un équipement polyvalent avec halte garderie et crèche est mise en place au Nouveau Prado.

Entre le Stade Jean Brivot et la rue de Mazières, à la Sente des Carrières, une résidence voit le jour, le 20 septembre 1980, sur un terrain cédé par la ville. Cette structure est chargée d'accueillir des personnes handicapées moteurs souvent gravement atteintes, et qui nécessitent la présence d'une tierce personne dans leur environnement. C'est ainsi que naît Gîte et Amitié. A cette époque, alors que la situation des handicapés n'est pas toujours la priorité des pouvoirs publics, une association sous l'égide des Paralysés de France est constituée avec comme présidente, Geneviève Brunet, assistée de René Robert. Cette réalisation est toute nouvelle, et dans la région Centre, c'est un exemple. Il n'existe alors aucune norme pour ce type d'établissement, et il faut tout créer.
Le 26 avril 1985, son directeur, Pierre Houque fête les 5 ans de l'ouverture de cette résidence qui accueille alors 55 locataires dans 52 logements. C'est une des grandes réalisations de Bourges qui passera le siècle dans les mêmes conditions.

Pour le troisième âge, plusieurs structures sont prévues, ainsi, le 23 février qu'est posée la première pierre du foyer-logement pour les personnes âgées de la rue Gilbert Bailly.
Dans le quartier Saint Bonnet, c'est la construction d'un autre foyer de personnes âgées, l'ouverture est prévue au début de l'année 1983.

Sur un autre plan, une Cuisine Centrale des Restaurants scolaires a été créée et inaugurée au début de cette année 1982 largement consacrée aux aspects sociaux de la ville, et c'est au mois de mars qu'elle commence à fonctionner.

Enfin, en direction des jeunes, l'Association " Loisirs et Plein Air " procède à la mise en place d'un Bureau d'Information Jeunesse, que beaucoup appèleront " le BIJ ", dans un premier temps, au début de l'année 1982, L'Informateur est rémunéré par l'Etat avec une participation de la Ville. Il s'agit d'apporter pour chaque jeune en difficulté ou en simple recherche d'informations les éléments qu'il peine à trouver dans les dédales des administrations.


1986, la France se passionne, s'oppose et s'injurie : pour ou contre les colonnes de Buren dans la cour du Palais-Royal. C'est une querelle qui éclipse la guerre Iran-Irak ou la visite du polonais Jaruzelsky chez François Mitterrand suivie du trouble de Laurent Fabius.
On se querelle sur le futur gouvernement, car les législatives, prévues à la proportionnelle, sont pour mars et si Raymond Barre est contre, Jacques Chirac est pour " la cohabitation ", un mot tout nouveau dans le paysage politique français.
Mais 1986 commence aussi avec la mort de Daniel Balavoine dans un Paris Dakar.

Les élections législatives de mars 1986

Les élections législatives se déroulent le 16 mars 1986 et elles inaugurent une grande première en France, la cohabitation. En effet, François Mitterrand dans son désire de "limiter la casse" lors des législatives selon le mode de scrutin habituel sous la Ve République, qui aboutirait selon les sondages par un raz de marée de la droite, a décidé que le scrutin serait réalisé à la proportionnelle à un tour.

Alain Calmat arrive en Berry pour ces élections législatives avec une étiquette "apparenté PS", c'est un sportif de haut niveau dont la carrière professionnelle fut exemplaire.
Il est entré récemment en politique et occupe la fonction de ministre délégué à la Jeunesse et aux Sports depuis 1984 dans le gouvernement socialiste de Laurent Fabius.
Alain Calmat, en France, est une référence. Il est né en 1940, et a su concilier des études supérieures, il sort médecin de la faculté de Paris, et sportives, il est au plus haut niveau du patinage artistique dans le monde pendant 10 ans, de 1955 à 1965, date à laquelle il quitte la compétition, devenu Champion du Monde de patinage artistique.
C'est un des hommes les plus populaires du pays et son arrivée à Bourges est assez bien perçue car il s'agit d'un personnage sympathique, qui exerce encore la chirurgie au centre hospitalier Pitié-Salpétrière. Pourtant, comme Boisdé ou Deniau, ce " parachutage " en terre berrichonne d'un ministre n'est pas bien perçue par tout le monde…… surtout chez les socialistes locaux. Il était venu au Printemps de Bourges l'année précédente, en 1985, et avait découvert la cité berruyère.

La campagne n'a pas la pugnacité d'autrefois, dans le Cher, les trois leaders des partis politiques, Jean François Deniau, Alain Calmat et Jacques Rimbault sont, par le mode de scrutin, " presque certains d'être élus". C'est ainsi que le 2 février 1986, ils sont présents tous trois à la pose de la première pierre de la " Maison du Baciste ", au stade Jean Brivot, à l'invitation de Jean Michel Récapet, président du BAC, Bourges Athlétique Club, le " club omnisports de l'Aérospatiale ", comme le répètent les Berrichons.
Ainsi, ce dimanche matin, sous une fine pellicule de neige, les trois postulants se trouvent ensemble devant trois pierres, avec truelle et ciment. Et nos trois maçons occasionnels de poser trois premières pierres ce qui est assez exceptionnel !
Ce jour-là, la représentante du préfet est en petite chaussures basse, il s'agit de Marie Hélène Bahisson qui défrayera la chronique nationale dans " l'Affaire du carrefour du Développement ".
Les résultats modifient la couleur de la majorité gouvernementale puisque, la coalition RPR-UDF obtient la majorité absolue avec 291 sièges sur 577. La conséquence immédiate, c'est la nomination de Jacques Chirac comme premier ministre, il s'entoure de Pasqua, Balladur et Léotard……
Dans le Cher, le changement de type de scrutin change peu les élus qui vont aller au parlement. Jacques Rimbault est réélu sans problème, avec 41400 voix, il est accompagné par Jean François Deniau, 64 642 voix et par Alain Calmat, 39700 voix.
Par la victoire de la Droite et de Jacques Chirac, le nouvel élu du Cher, Alain Calmat perd son portefeuille de ministre.

Ainsi, au printemps 1986, le paysage berruyer se recompose. Jacques Rimbault reste en place plus solide que jamais. La victoire nationale de la droite de Jean François Deniau, présent à Bourges depuis une dizaine d'année ouvre des perspectives. Il semble promis à un retour au plus haut niveau, ne parle-t-on pas régulièrement de lui comme d'un possible Premier ministre. Quant à la présence d'Alain Calmat elle pose problème. Le Parti Socialiste rêve de reprendre la ville de Bourges, et une personnalité comme Calmat, c'est l'espoir des socialistes, agacés par l'hégémonie du Parti Communiste dans une ville qui est perçue comme "très bourgeoise".
Alain Calmat sera élu Conseiller régional de la région Centre en 1992, puis quittera Bourges après son échec aux législatives de 1993. Deux ans après il est élu maire de Livry-Gargan puis député de Seine Saint Denis en 1997.

 

Le golf municipal de Bourges

Au cours du Conseil municipal du 23 octobre 1986 le projet de golf municipal à Bourges est exposé devant les élus par Jean Claude Sandrier qui développe son argumentation.
Le secteur du Plan d'eau du Val d'Auron fait l'objet d'une urbanisation sur le " hameau de Lazenay " avec une surface de 120 hectares. Pour maintenir un cadre de vie intéressant, il est apparu que la présence d'un golf serait un élément essentiel. Le maire-adjoint " justifie l'opportunité de la réalisation dans notre ville d'un golf" par plusieurs arguments :

En premier lieu, l'Association sportive de golf est très intéressée, car aucune installation de ce type n'existe dans le Cher, ensuite, l'agglomération comprend 100 000 habitants et le double dans un rayon de 50 kilomètres, enfin, la vocation touristique et culturelle de Bourges représente un attrait pour les golfeurs et leur famille.
La SEMIC a rédigé un programme d'aménagement d'un golf de 18 trous, avec un practice de 240 m par 140 m pour accueillir une quarantaine de personnes. Suit un atelier d'approche, un atelier bunker, un large putting green et trois trous d'entraînement. Enfin, pour la première tranche " une première boucle de 9 trous par 36 d'une longueur sensiblement égale à 300 m chacune".
Dans la suite du programme, une seconde boucle de 9 trous est prévue au delà de la rocade franchie par une passerelle.
Les études et travaux sont chiffrées à 18 millions de francs auxquels il faut ajouter 4 millions de club house et 1,2 millions d'équipements. Le total avoisine les 23 millions de francs, des subventions sont sollicitées de l'Etat, de la Région et du Département.

Le projet surprend à la fois la population et les conseillers municipaux d'opposition. Pour beaucoup, et en particulier pour les plus modestes des Berruyers, le golf est un sport de riches. Créé par une municipalité communiste cela apparaît comme surréaliste.

L'opposition municipale pour sa part est " favorable à la réalisation d'activités sportives et de loisirs", comme l'affirme Yvon Mautret, Conseiller Municipal d'Opposition. Mais il s'interroge sur le lieu, puisque le parcours " sera entouré de fort prés par les 900 pavillons à construire, ce golf sera parcouru par les circuits piétons et par une voie empruntée par les bus, et par la suite, il faudra franchir la rocade".

Et Y. Mautret de " s'interroger sur le danger que peut représenter ces balles qui voyagent à 180, voir 200 kilomètres heure sur un circuit qui va être ouvert à la circulation piétonne…..".
Jacques Rimbault, devant la contestation monte au créneau, il affirme que "nous nous sommes entourés des meilleurs spécialistes du golf. Et quant je parle des meilleurs spécialistes, je ne parle pas de moi, je n'y connais rien".
Et de citer le président de Fédération Française de Golf qui a eu connaissance du dossier, et l'architecte est celui qui travaille pour la Fédération. Enfin, une touche politique à l'encontre de Camille Michel, qui " soutient au Conseil général un projet de golf à Nançay qui n'existe pas, tout cela pour essayer de nuire à l'initiative que Bourges avait".
Mais le projet se concrétise et Bourges aura son golf municipal.

La réalisation va assez vite puisque dès le 2 juillet 1988, les premiers "coups de clubs" sont donnés par les spécialistes avec l'inauguration du practice, et du club house, alors que le parcours comprenant les 9 premiers trous est inauguré en septembre 1988.

Le Nouvel Hôpital de Bourges

Dans le cadre de la construction du nouvel hôpital, une des premières phases est l'acquisition des terrains d'un coût de 1,5 MF, payés avec une subvention de l'Etat et un prêt de la Sécurité Sociale de 450 000 Francs. Le 4 novembre 1983, le Conseil d'administration de l'Hôpital apprend que la Caisse Régionale d'Assurance Maladie se désengage de ce type de participation financière suite à des directives gouvernementales……

Pendant des années, les élus de Bourges se battent contre les administrations pour obtenir les financements. Le coût du projet est considérable, au moins 400 millions de francs.
Le maire de Bourges lance une pétition auprès de la population pour relancer le projet et l'activer. L'arrivée en terre berrichonne d'un ministre, Alain Calmat, chirurgien de surcroît est un espoir pour l'hôpital. Cet homme doit pouvoir ouvrir des portes auprès des ministères et du gouvernement. Il était attendu sur ce projet.

C'est en septembre 1988 que les Berruyers découvrent de manière très précises avec des photos-montages et des plans ce que sera leur futur hôpital. Comme cela est rappelé par le maire, même s'il n'est pas " de responsabilité municipale, le nouvel hôpital intéresse et concerne tous nos concitoyens", aussi l'Avant Projet Sommaire est en cours alors que les crédits pour l'Avant-Projet Détaillé et la construction sont toujours en attente.

A la suite d'un concours d'architectes, c'est le projet de Paul Phelouzat qui est choisi. Le site retenu est situé à " La Folie Bâton ", une entrée de ville sur la route de Nevers à deux pas de l'Yèvre. On définit les différentes parties, dont les département " femme et enfants ", viscéral, moteur et sensoriel, " mère et enfants "… etc.
Il faudra attendre encore quelques années.

1988 : année difficile pour la droite

L'année 1988 ne restera pas un " grand cru " pour les hommes de droite. C'est tout d'abord la Présidentielle tant attendue, et dans laquelle, si François Mitterrand est un candidat hésitant qui se déclare très tard, il fait figure de favori. Car en face, la droite se divise, et Jacques Chirac, Premier ministre n'a pas encore une stature suffisante…..
" Tonton, laisse pas béton ", pour reprendre la formule attribuée au chanteur Renaud fleurit sur les murs des grandes villes, car le Président, on le saura plus tard, souffre d'un cancer de la prostate, et en son for intérieur, il aurait peut être voulu goûter le calme de Latché. Mais le l'appétit du pouvoir est souvent le plus fort que la sagesse.

Au premier tour, les résultats tombent ce dimanche 24 avril 1988 :

Mitterrand = 34 %
Chirac = 20%
Barre = 16,5%
Le Pen = 14%
Lajoinie = 6,8%

C'est une belle victoire de François Mitterrand, alors que Jacques Chirac, déçu déclare que " ce ne sont pas les résultats que j'attendais", quant au Parti Communiste, son score est médiocre, car Le Pen sort vainqueur, aux yeux des médias de ce premier tour.
le traditionnel duel télévisé " d'entre les deux tours " n'est pas un grand moment, c'est la phase terminale de la cohabitation qui vole en éclat.
Au second tour, le 8 mai 1988, Mitterrand l'emporte largement , avec 54% Chirac est à 46%. Il commence son second septennat.
Rocard devient le premier ministre de Mitterrand, et en signant les accords de Matignon pour la paix en Nouvelle Calédonie, il renforce sa popularité. La gauche est bien accrochée au pouvoir. Quant à la droite, elle commence une nouvelle traversée du désert.
Les législatives suivent, comme en 1981, la présidentielle, et après un premier tour à gauche, les électeurs remettent le balancier un peu plus au centre, et Mitterrand n'a qu'une très faible majorité pour commencer le septennat.
La loi électorale a remis en place le scrutin uninominal par circonscriptions à deux tours.

Jean François Deniau est réélu, il bat Jean Pierre Saulnier (27 400 voix contre 25 400). Jacques Rimbault est réélu largement face à Pierre Le Coq (27 200 voix contre 18 200) et Alain Calmat est lui aussi réélu face à Serge Vinçon ( 32 900 voix contre 28900).
Que ce soit en 1986 ou en 1988, rien n'a changé dans le Cher.
Prochain rendez vous législatif : 1993.

A Bourges, vers la fin de l'année 1988, la droite se met en ordre de marche afin de conquérir la Mairie de Bourges. La gauche est en place depuis bientôt une douzaine d'années, et l'alternance doit jouer, c'est le sentiment des équipes de l'UDF et du RPR, respectivement emmenées par Jean François Deniau et François Deschamps.

Pour reprendre la mairie, les " jeunes loups " de l'UDF aimeraient bien changer quelques têtes, et la première au niveau municipal, c'est à dire celle de Camille Michel. Comme en 1983, beaucoup pensent que seul Jean François Deniau en 1989 peut emporter les Municipales face à Jacques Rimbault. Mais le président du Conseil général, une fois encore décline " l'offre de ses amis ", et certains élus de son entourage sont persuadés qu'il y a un " discret contrat " entre J.F. Deniau et le maire de Bourges : le terrain entre les deux hommes est parfaitement délimité, la Ville pour l'un, le département pour l'autre…. une coexistence pacifique. Mais est-ce bien la réalité ? Nul ne le saura jamais.

C'est dans cette ambiance qu'Alain Tanton " monte à Paris " pour dénoncer la défaite programmée de Bourges pour l'UDF, et la nécessité de changer le chef de file. Camille Michel devant cette offensive, décide de se retirer….. et il quitte la ville de Bourges. Les tractations suivent pour choisir entre A. Tanton, Y. Mautret, de son côté, le RPR veut trouver sa place, la première, avec François Deschamps. Cela donne une belle cacophonie et Camille Michel est "rappelé". Il revient pour conduire la liste de droite comme en 83 !

A gauche, c'est plus simple, la prédominance de Jacques Rimbault est telle que les socialistes suivent sans broncher. Leur tentative de "petit putsch" quelques années plus tôt en 1985, à la veille des élections législatives de 1986, où ils refusèrent de voter le budget reste un mauvais souvenir, comme cela est noté dans l'ouvrage sur Jacques Rimbault, "l'incident de 1985 ne se renouvellera pas. L'Union pour Bourges a duré. Elle durera".

Jacques Rimbault, démocratie j'écrits ton nom par J.P. Léonardini et M. Renaudat
Mémorial de notre temps 1988 (Quillet)
Chroniques tragiques

L'année 1986 avait commencé par une vague de froid, et au milieu de l'année, l'été fut chaud. Le 17 août, alors que les orages menaçaient Bourges, comme c'est courant en Berry à cette époque. Mais cet orage se transforme en quelques minutes en tornade. Avec des vents de 200 kilomètres à l'heure et des grêlons dont le poids avoisinait 300 grammes, cette tornade ravage tout sur son passage. Sur une bande de 20 kilomètres, vers Baugy, c'est la désolation, et ce sont plus de 600 habitations qui sont endommagées. A Bourges, des arbres vers le Val d'Auron ont été déracinés, mais les dégâts dans la ville sont faibles, par rapport à la force des éléments.

Dans les faits divers, le Cher et Bourges sont bouleversé en 1988 par la mort de deux jeunes gens tués en Grèce sur le navire "City of Poros", victimes d'une attaque du bateau par des terroristes. Les familles Audejean et Vigneron pleurent leurs enfants.
Et dans les premiers jours de l'année suivante, en janvier 1989, c'est un autre drame qui se déroule à Bourges, dans une tour de la Chancellerie. La petite Céline Millérioux est retrouvée assassinée. Ce meurtre relance les partisans de la peine de mort, mais la dignité de la famille et l'aide de Jacques Rimbault permettent d'éviter les débordements qui suivent ce crime odieux. L'assassin est retrouvé, c'est un voisin, Vincent Kerr. Il sera jugé quelques mois plus tard et sera condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Cher. On reparlera à Bourges de cet individu, lorsqu'il cherchera un jour, en vain, à s'évader du Bordiot.

Le style Jacques Rimbault

En 1988, cela fait 12 ans que Jacques Rimbault est à la tête de la mairie de Bourges. A l'exception de 1978, il traverse les crises et les élections sans aucune difficulté.
Il règne sur Bourges.
Le 15 décembre 1983, alors que l'année a été faste, lors d'un Conseil municipal, c'est l'euphorie pour l'équipe en place et son maire qui déclare :
"Notre cité a encore une fois montré sa grandeur et son originalité. Les temps de l'audace et du dynamisme industriel viennent, les temps viennent où il faut savoir investir, mesurer les enjeux, leur grandeur, leur difficulté…. Tout nous permet de passer à une deuxième phase de notre activité : celle de la percée vers l'avenir".

Dans Bourges, il est incomparable pour parler aux gens, il sait dire les choses simplement, et chacun sent qu'il aime sa ville. Il est de la trempe de Laudier autre Grand Maire qui s'est identifié à "sa" Ville de Bourges. Il est à l'aise dans la rue, sur les marchés et aussi dans les "Assises pour Bourges" où, pendant de nombreuses années, il calme les demandes de chacun, promettant souvent, expliquant parfois, se fâchant rarement.


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1989, au début de cette année, la France entre dans ce que chacun appelle "les Affaires", et pendant plus de dix ans, elles ne quitteront plus la première page des journaux et des magazines. C'est à cette époque, "l'affaire Péchiney" et les délits d'initiés qui ont permis à des proches du pouvoir socialiste d'acquérir à bon prix des actions pour s'enrichir de manière illégale. Roger-Patrice Pelat, un ami de Mitterrand est bientôt inculpé.

Mais chacun attend le verdict des urnes aux municipales qui se dérouleront en France les 12 et 19 mars 1989. A Bourges, la campagne électorale commence en tout début d'année, mais sans véritable enjeux, Jacques Rimbault ne peut pas être battu.

 

La campagne des municipales de mars 1989

Pour les élections municipales de 1989, c'est presque un " remake " de celles de 1983. En effet, si la majorité municipale retourne devant les électeurs avec l'équipe qui fait son succès depuis 12 ans, à droite, " on reprend les mêmes, ou presque et on recommence" …. à perdre.
Surprise toutefois avec l'arrivée de deux autres listes, l'une emmenée par Jacques Grégoire pour les Ecologistes et la quatrième représente le Front National avec Jean d'Ogny. Ce dernier intitule sa liste " Bourges ville française " il affirme : "grâce à la proportionnelle, nous aurons des élus". Camille Michel conduit la liste " Un nouvel essor pour Bourges ", alors que Jacques Rimbault propose la sienne " Bourges union pour notre Ville " .
En préliminaire à la campagne, Camille Michel interpelle le Maire de Bourges sur la fraude électorale et M. Rimbault réplique : " Il n'est pas besoin d'être préfet de police honoraire pour condamner toutes les fraudes électorales d'où qu'elles viennent" et de terminer à l'usage de tous qu'il ne faut pas cultiver la suspicion…..
La Nouvelle République publie dans les jours précédent le scrutin, une série de reportages et d'articles sur les principaux thèmes de la campagne.

Gilles Bigot traite la Culture, titrant sur " la bonne image culturelle de la Ville, avec son Printemps, sa Maison de la Culture, mais certains équipements ont été négligés".
Pour les Berruyers, le point noir, c'est la bibliothèque municipal qui est indigne d'une cité de 80 000 habitants, cette situation apparaît vraiment comme critique. Quant aux locaux pour l'Ecole de musique et de danse, ils sont trop exigus pour les 1200 élèves inscrits. Enfin, le manque de personnel, aussi bien dans les musées que dans les bibliothèque est inquiétant. Pourtant, le pourcentage du budget municipal consacré à la Culture est d'environ 12%, ce qui est considérable. Les succès sont analysés, comme les Echevins, le CRC, le Muséum, et même les Ballades à Bourges, " bien que les succès de ces dernières, de 1988, ont été mitigées".

Le résultat des municipales : Rimbault " facile "

Les derniers jours de la campagne sont consacrés aux grandes réunions publiques, celles de la dernière heure. Au Palais des Congrès, près de 2000 personnes écoutent et applaudissent la liste de gauche.
A 5 jours du scrutin, Jacques Rimbault déclare en conclusion de ce grand meeting :
" Bourges, c'est la cité aux 80 000 acteurs, dimanche, ce sera un grand enjeu, celui de choisir entre le développement économique et social, contre l'austérité et la rigueur".
A droite, devant leurs militants, à la salle des fêtes de La Chancellerie, Christine Branchu monte au créneau, " il faut que Bourges brise son isolement économique" alors que Jean François Deniau veut "mettre fin à la mainmise du Parti Communiste sur Bourges".
Enfin, Camille Michel l'affirme : "Nous sommes partis pour gagner", quant il parle de Jacques Rimbault, il le peint ainsi :
" c'est un homme qui administre Bourges seul, qui décide de tout".

Au soir du premier tour, le 12 mars, les résultats tombent, la surprise est considérable à droite. Si la liste de Jacques Rimbault l'emporte facilement, un peu comme en 1977 et 1983, c'est l'écroulement de la liste de Camille Michel, il n'obtient que 27,9%, c'est à dire 16% de moins que six ans plus tôt. Ce n'est pas une gifle, c'est une correction. Dans un bureau du Centre Ville il n'a recueilli que 260 voix contre 708 en 1983.
Les chiffres sont en effet triomphants pour la gauche et consternants pour la droite :

Jacques Rimbault 15071 voix 54,11% 38 sièges
Camille Michel 7773 voix 27,9% 7 sièges
Jacques Grégoire 2554 voix 9,16% 2 sièges
Jean D'Ogny voix 8,81% 2 sièges

Sur le plan national, c'est le rose et le vert qui l'emportent, le Front National jouant les troubles fêtes en entrant, comme à Bourges dans de nombreux conseils municipaux.

Le nouveau Conseil municipal se réuni comme prévu le 17 mars 1989 à 18 heures. On remarque tout de suite l'absence de Camille Michel, le leader de la liste de droite. Les élections se déroulent sans trop de surprise, Jacques Rimbault est réélu maire, et son premier adjoint, le " dauphin " se nomme Jean Claude Sandrier, alors que beaucoup pronostiquaient Gilbert Camuzat ou Marguerite Renaudat, ils seront respectivement 4e et 6 adjoint. Il faut faire en effet une place aux socialistes, Jean Pierre Saulnier et Bernard Gourdon, ainsi qu'à Edmé Boiché qui devient troisième adjoint.

Le lendemain, Camille Michel réapparaît et s'explique face à la presse :
" Je ne suis pas venu à la séance du Conseil Municipal, car je ne voulais pas être soumis à une séance humiliante comme en 1983",

il poursuit par ce qui est une petite bombe , le leader de la droite locale annonce en effet sa démission :
" Je considère les résultats obtenus par la liste que j'ai conduite comme un désaveu personnel. En démocrate je me retire du combat. La politique menée par le Parti Communiste à Bourges entraîne la ville sur la voie du déclin, comme c'est le cas de Vierzon depuis 30 ans, Bourges sera vierzonnalisée".
Il est aussitôt remplacé par le suivant de la liste, un entrepreneur en travaux public, Serge Lepeltier, peu ou pas connu des Berruyers. Quant au successeur dans le leadership de la droite, C. Michel dit simplement " je ne peux empêcher d'autres de prendre le relève", c'est une question importante que se posent les Etats Major d'une droite encore sonnée.
Lorsque Jacques Rimbault reçoit la lettre de démission, il n'est pas très content, Camille Michel va lui manquer, les joutes oratoires en Conseil municipal étaient de grands moments pour l'un et l'autre. J. Rimbault déclare à ce moment : " Cette démission n'est pas un encouragement pour la démocratie car une semaine après l'élection, on ne doit pas dire à son électorat " débrouillez-vous, je me retire "".
Et puis, Jacques Rimbault s'accommodait fort bien d'un Camille Michel anti communiste souvent primaire, et il devait redouter la relève, et l'arrivée d'un vrai " parachuté ", un ministre ou celle d'un homme plus local mais qui saurait s'imposer avec patience et pugnacité, c'est ce second cas qui se produira avec Serge Lepeltier.
Dans un coin du journal apparaît en effet la photo floue de ce nouveau conseiller municipal, âgé de 35 ans. Il est diplômé de HEC, habite le Val d'Auron et possède l'étiquette RPR.
L'Hôpital: première pierre!

Le 2 novembre 1990 est posée la première pierre du nouvel hôpital de Bourges, afin de remplacer les bâtiments de la rue Gambon. Sont présents, l'architecte Paul Phelouzat, Jacques Rimbault, le préfet Roland Hodel, le député Alain Calmat, et Christiane Coudrier directrice du Centre hospitalier et véritable " maître d'œuvre " de l'opération.
Chacun a conscience du chemin fait, en particulier au niveau des financements, mais il reste encore beaucoup à faire : 5 années de travaux, et quels travaux !

Deux années plus tard, la construction de l'hôpital de Bourges avance. Le préfet Roland Hodel fait une visite de chantier le 10 juin 1992, en compagnie de la directrice Christiane Coudrier. C'est pour le ministère de la santé, le plus gros chantier de France, rappelle le préfet, le gros œuvre à lui seul représente 30 000 M3 de béton. Par contre, la directrice s'inquiète des aspects financiers. M. Hodel est confiant, "Si l'Etat a subventionné les deux phases de la première tranche de 110 MF, il sera au rendez-vous pour la deuxième et troisième tranche qui se termineront en 1994…." Il balaie ainsi les craintes du maire Jacques Rimbault alors que Mme Coudrier demande " d'avoir rapidement l'arrêté de subventionnement afin qu'il n'y ait pas rupture de continuité dans le chantier. La tranche suivante devant débuter en janvier 1993".
L'ensemble du coût de l'hôpital représente la somme astronomique de 500 MF.

 

Le mur de Berlin tombe, Bourges tremble

La fin de l'année 1989 marque un tournant du monde avec l'éclatement de l'URSS. Le symbole le plus visible est la chute du mur de Berlin, le 10 novembre 1989. C'est un bouleversement géo politique que peu de gens ont prévu, et nul ne mesure les conséquences pour la vie de tous les jours dans nos pays démocratiques.
Plus tard les Berruyers comprendront l'influence de la fin de la guerre froide sur l'économie locale. La mono-industrie de l'agglomération berruyère avait donné du travail pendant 120 ans à des familles qui entraient, de père en fils dans les "Etablissements Militaires", c'est à dire, l'EFAB, l'ETBS, EX. Luchaire, le MCRO ou l'Aérospatiale.
La chute du mur, avec la fin de la guerre froide débouche sur un bouleversement radical du marché de l'armement. Les fabricants de chars d'assaut ou de missiles perdent une grande partie de leurs clients. Progressivement, les Russes "bradent" pour des pays d'Afrique ou d'Asie, les matériels de guerre qu'ils avaient en surplus.
Mais ces industries étatiques avaient "les reins solides", et chacun pense que rien ne se passera de négatif.
Sur le plan politique, lorsque l'on demande aux Berruyers, à l'automne 1991 : "compte tenu de l'effondrement du système communiste dans les pays de l'Est, votre opinion sur M. Jacques Rimbault, maire communiste de Bourges, s'est-elle plutôt améliorée ou plutôt dégradée ?", la réponse est sans ambiguïté, 17% répondent que leur opinion s'est améliorée, 14 % dégradée et 69% déclarent que rien n'a changé.

A la mi-1990, c'est à dire six mois après la chute du mur, un autre événement, loin de Bourges porte le glas de nos industries triomphantes. Le 2 août 1990, les troupes irakiennes envahissent le Koweït, son voisin. Pays de pétrole pouvant mettre en danger l'économie mondiale, c'est sous le couvert de l'ONU, une réplique organisée et forte des Etats Unis, avec l'assistance des pays de l'Europe dont la France.
Cette crise majeure, avec toutes les rumeurs sur la guerre chimique ou bactériologique touche la population. Ainsi, parmi les otages, prisonniers à Bagdad, figurent plusieurs technicien de l'Aérospatiale de Bourges. Ils seront relâchés par Saddam Hussein à l'automne.
Beaucoup, à Bourges, connaissent bien l'Irak et la Koweït, ce sont " nos meilleurs clients ". Saddam Hussein a beaucoup acheté : des canons, des camions et surtout des missiles. L'Irak possède des "Milan", des "Gazelle" équipées du missile Hot, mais aussi des systèmes d'armes "Roland" depuis la guerre Iran - Irak, et enfin, des Exocet et des AS30. L'Irak fait vivre la division missiles d'Aérospatiale depuis une dizaine d'années, et les bénéfices réalisés ont permis de développer et de fabriquer à Toulouse….. les Airbus !

La guerre du Golfe se termine au début de 1991 par les bombardements massifs de l'Irak. Les conséquences pour les industries d'armement de Bourges sont redoutables. La France perd un "très bon client", quant aux américains, ils ont gagnés la guerre et restent sur place pour faire du commerce. Après le temps de la guerre, c'est celui du business, ils vendent leurs matériels de guerre à bas prix…. Et la France ne vend plus grand chose.

Les industries d'armement locales souffrent, c'est la perte des emplois et les plans sociaux qui se succèdent. Ainsi Aérospatiale passe à Bourges, en 10 ans de 3000 à moins de 2000 employés. Le refus pour cette firme de poursuivre la construction de sous ensembles d'avions est alors une erreur grave. Sur le plan syndical et politique, c'est le temps des motions, des interventions, des défilés, mais rien de très efficace.

Le mirage de la diversification qui a de nombreux partisans du côté de la municipalité de gauche est un leurre. Les chariots élévateurs du GIAT ne sont pas concurrentiels. La ville s'enfonce dans la crise, avec le départ des jeunes qui ne trouvent plus d'emplois sur place.
Il faut attendre 1995 pour que les Berrichons prennent conscience que les industries d'armement n'ont plus d'avenir, il sera possible d'en conserver une partie, car il y a des moyens, des bâtiments et des compétences, mais un développement est désormais exclus. En attendant, la municipalité de Jacques Rimbault, reste sur le petit nuage du résultat des élections municipales de 1989 et JR est au sommet.

Le 1 er sondage local, J. Rimbault super star

L'année 1991 est particulièrement faste pour le maire de Bourges, le sport, avec le FCB est au sommet, après avoir battu les Girondins de Bordeaux en Coupe de France, le 3 avril, par le score de 1 à 0, le but étant marqué par Meudic. La presse va titrer, " Bourges dans la légende de la Coupe ", et ce sont des milliers de Berruyers qui vont sillonner les rues de Bourges, avec champagne et klaxon, un grand moment de bonheur. les 1/16 ° de finale se déroulent au Parc des Princes où le FCB affronte le Paris Saint Germain, et c'est la fin de la belle aventure. Les Boudouen, Chafretoux, Lestrade et Chavanon ont vécu une belle et superbe année, l'entraîneur Alain Michel est fier de tous ses joueurs. L'inauguration du stade des Grosses plantes prévue quelques semaines plus tard, le 29 juin est un sommet du foot local.

Le mois d'avril 91 est particulièrement chargé en inaugurations avec la bibliothèque du Val d'Auron, l'Hôtel de Bourbon, la base d'aviron sur le lac d'Auron, la Maison pour tous des Pressavois et le 28 avril, l'inauguration du marché couvert de la place St-Bonnet.
C'est dans cette période faste que JR devient " la star de Bourges ", toutes opinions politiques confondues.
Il est assez rare que des sondages locaux soient menés de manière sérieuse, tout simplement parce qu'ils sont très onéreux. Fin octobre 1991, le quotidien "La Nouvelle République" commande à la société ARSH un sondage sur 500 personnes de plus de 18 ans dont la résidence principale est située à Bourges, selon la méthode des quotas.

Les résultats montrent une ville en totale adéquation avec son maire. 61% des réponses affirment qu'ils ont une bonne opinion du maire et 16 % mauvaise, et parmi ceux qui ont voté pour Camille Michel en 1989, ils sont 53% à avoir une bonne opinion de Jacques Rimbault contre 38% plutôt mauvaise. Même à droite, les Berruyers plébiscitent JR !

Sur le plan de la notoriété, Jacques Rimbault arrive largement en tête des hommes politiques locaux les plus cités avec 77% contre seulement 24% à Jean François Deniau et 15% à Alain Calmat. Il bat largement ses alliés et amis puisque Jean Pierre Saulnier ne recueille que 6%, Gilbert Camuzat et Marguerite Renaudat 4%. Cela signifie qu'il n'y a pas grand monde derrière le maire, Jean Claude Sandrier, ne recueille que 2%, le futur chef de file de la gauche locale, et futur maire de Bourges n'est pas encore très connu.
Sur l'action municipale, c'est un sondage instructif, la culture arrive largement en tête de la satisfaction des sondés, puis c'est l'écologie, avec le fleurissement de la ville et l'embellissement du lac d'Auron, en fin de liste et donc au dessous de la moyenne figure la circulation avec 41% et la fiscalité qui obtient 29% ce qui est assez courrant dans ce type de sondage. Chiffre plus surprenant, les 45% obtenu avec le social, c'est "assez consternant pour une municipalité de gauche" note le journaliste dans ses commentaires. C'est sans doute le résultat du contexte économique général qui n'est pas très favorable et de Bourges avec ses industries d'armement.

Populaire, super star, mais sans dauphin proche, Jacques Rimbault est bien le chef incontesté, le patron de Bourges et le titre de la page est évocateur :

Dans ces années 1990, les projets de la municipalité sont nombreux, le succès de 1989 permet toutes les initiatives et les idées fusent. On retrouve ainsi, en vrac des projets qui se réalisent assez vite comme la salle d'escrime du Complexe Sportif ou le projet immobilier de la Place Malus, d'autres qui seront réalisés 10 ans plus tard, par une autre équipe municipale comme l'aménagement de la rue Henri Laudier, ou de la place Etienne Dolet, d'autres qui sont encore dans les cartons, c'est le cas de l'aménagement des entrées de Ville, ou la construction de la nouvelle école de Musique. Enfin des projets qui mourront de leur belle mort comme la réflexion sur la place Cujas avec un projet de parking souterrain ou les Thermes du Val d'Auron…….

 

C'est dans le domaine du développement économique que la municipalité subit le plus de critiques. C'est l'époque, dans les années 1990, où les "grosses entreprises locales" commencent "à dégraisser", c'est à dire à se séparer de leur personnel sans nouvelle embauche. Le maire de Bourges, Jacques Rimbault consacre un numéro de " Bourges notre ville ", dans lequel, il affirme "que le rôle d'une municipalité est forcément limité et qu'elle n'a pas tous les pouvoirs".
Il revient sur les problèmes du moment, à savoir l'implantation à venir d'un hypermarché Mammouth sur la zone du PIPACT, à la fureur des commerçants du Centre Ville. Rimbault s'en prend au Ministère du Commerce "qui accorde à Mammouth le droit de s'implanter au PIPACT avec, certes, une surface beaucoup moins importante que celle prévue au préalable…."….. et la bataille du Mammouth fait rage. Le Maire avance des arguments en répétant "qu'une municipalité ne peut malheureusement pas tout", il répond à ses détracteurs qui affirment qu'une municipalité peut retarder ou empêcher des projets : " c'est faux, d