L'HOTEL DE VILLE
Au début des années
1990, se trouvant à l'étroit dans l'ancien palais
des archevêques de Bourges, la municipalité de Jacques
Rimbault prit la décision de construire un nouvel Hôtel
de Ville jouxtant le précédent.
Après des fouilles archéologiques qui durèrent
plusieurs années, de 1985 à 1988, l'édifice,
d'une conception résolument moderne fut confié
à l'architecte Claude Vasconi. La polémique sur
ce bâtiment fut une des plus fortes que connu Bourges au
cours du XX ième siècle. Outre le fait que le choix
architectural ne faisait pas l'unanimité, c'est essentiellement
son emplacement à proximité de la Cathédrale
qui choqua les Berruyers.
Claude VASCONI
Claude Vasconi est diplômé de l'école
des arts et industrie de Strasbourg, c'était en 1964.
Il obtiendra le Grand Prix d'architecture en 1982, et il est
membre de l'académie d'Architecture depuis 1991.
Il écrira dans le Berry Républicain du 8 janvier
2004 :
"Mon soucis était
de faire cohabiter l'historique et le contemporain, à
côté d'une Cathédrale somptueuse, avec le
mur d'enceinte, le donjon médiéval, dont les traces
sont puissantes..... il fallait le gabarit d'un bâtiment
à hauteur relativement basse, qui ne vienne pas heurter
le centre historique. C'est un bâtiment compréhensible,
lisible".
Un bâtiment doit être
pérenne.Il faut retourner le voir dix ans après.
Je l'ai fait, je suis revenu à Bourges il y a trois ou
quatre ans, et j'ai eu le plaisir de la revoir. J'ai trouvé
qu'il avait bien vieilli, je l'ai trouvé juste".
Au fil des années, les passions s'apaisèrent.
L'intérieur de l'édifice d'un gris austère
n'est pas d'une grande fonctionnalité, mais l'impression
de volume et d'espace en font un vaisseau administratif acceptable.
Il fut inauguré le 13 mars 1992. A l'intérieur
de l'entrée Jacques Rimbault a fait inscrire cette phrase
" Démocratie, j'écris ton nom ", alors
que 3 ans plus tard, Serge Lepeltier faisait ajouter sur la façade
les mots " Liberté, Egalité, Fraternité
".
Lors des fouilles, les archéologues découvrirent
les restes de la Grosse Tour de Bourges érigée
en 1189 par le roi Philippe Auguste et abattue sur l'ordre de
Louis XIV en 1653, elle avait été réalisée
avant le donjon du Louvre. Sur le sol figure le tracé
circulaire de cet impressionnant édifice. Il mesurait
33 mètres de haut et le diamètre au sol était
de 20 mètres. On peut ainsi se rendre compte de l'épaisseur
des murs qui avoisinait les 6 mètres. La Grosse Tour servait
d'arsenal, de réserve d'équipements et c'était
pour les troupes royalistes l'ultime réduit de défense.
En 1992, l'étude archéologique de la tour d'une
fosse servant de poubelle a permi d'étudier avec précision
l'utilisation du mobilier médiéval, ainsi que le
régime d'alimentation de l'époque.
Sous la nouvelle mairie un parking souterrain a été
édifié sur quatre étages. De l'intérieur,
on découvre une " vue imprenable " sur le mur
gallo-romain qui longe l'édifice. Ce mur a été
construit dans les premiers siècles de notre ère
avec des pierres de provenances diverses, dont les " restes
" des grands monuments de la cité, temples, podium
ou fontaines.
