Les inondations et le climat de Bourges
n'ont jamais fait l'objet d'études importantes. Pourtant,
la ville est entourée d'eau.
LES INONDATIONS DE 1910
Parmi les faits qui ont marqué
cette période, il en est un qui restera dans toutes les
mémoires, c'est le douloureux épisode des inondations
de janvier 1910.
Tout commence au début de l'année, les eaux montent
dans tout le pays, Paris et le zouave du Pont de l'Alma, qui
était berrichon, étaient dans l'eau... tout comme
la ville de Bourges.
L'Auron était déjà
très haut, mais dans la matinée du 22 janvier,
il y eut une légère accalmie. Cela ne dura pas,
vers quatre heures de l'après midi, "le niveau d'eau
s'accrut de nouveau avec une extraordinaire rapidité".
Cette recrudescence s'expliqua par l'arrivée dans Bourges
des eaux gonflées de la Voiselle. La catastrophe était
là !
En une heure, les eaux montèrent de plus de 30 centimètres,
tout le quartier des Ribauds était inondé, le cours
Chanzy, la route de la Chaussée de la Chappe. Le quartier
d'Auron est lui aussi dans l'eau. Le "Journal du Cher"
signale : "il est extraordinaire, étant donnée
la violence du courant, que l'on n'ait pas eu d'accident à
enregistrer". Le boulevard de la République et l'avenue
de la gare sont dans l'eau, les tramways sont à l'arrêt.
Les voyageurs débarquant des trains ont dû se rendre
à l'intérieur de la ville en passant par le boulevard
Gambetta.
La municipalité, dès la première heure "est
entrée en pourparler avec l'autorité militaire
pour tenter d'établir une sorte de pont pour traverser
la nappe d'eau de la rue de la Gare. Le service du génie
n'avait pas de matériel!" Finalement dans l'après
midi, on organise un service de transbordement au moyen d'une
voiture d'attelage de tramway, trainée par un cheval.
Plus tard, on mit deux prolonges d'artillerie, dans lesquelles
les piétons purent prendre place "gratuitement".
Ce transport note un journaliste "a obtenu un grand succès,
et quantité de personnes se sont fait passer ainsi, les
unes par nécessité, la plus grande partie des autres
par amusement".
Dans les heures qui suivirent ces évènements,
la situation se stabilisa, ce fut une longue attente et il y
eut même une accalmie. Mais les pluies se mirent à
redoubler dans la nuit du 25 au 26 janvier, cela va durer jusqu'au
15 février 1910, avec le vrai début de la décrue.
Les dégâts étaient considérables dans
de nombreux quartiers de la ville.
Pour tenter de récupérer quelque argent afin d'aider
les sinistrés et effacer les mauvais souvenirs de ces
crues, la municipalité berruyère mit sur pied la
Fête du Grand Argentier. Un concours fut lancé pour
déterminer la teneur et le programme de cette fête.
Parmi les 15 projets reçus, le choix des édiles
se porta sur :"le cortège historique de la vie
de Jacques Coeur à Bourges".
D'autres inondations ?
Il est certain que 1910 représente
la crue dite centenale, mais le souvenir des berruyers ne va
pas jusqu'à en trouver d'autres.
Lorsque vous posez la question, beaucoup
se souviennent de la vrue de Bourges de mai 2001, avec les inondations
du bas du quartier du Val d'Auron. Mais il s'agissait d'une crue
assez moyenne touchant essentiellement l'Auron, alors que le
niveau de l'Yèvre était stable.
contributions :
o Les inondations. Vous dites que
les Berruyers ne se souviennent pas d'en avoir revu depuis 1910.
Or je crois me souvenir qu'étant enfant, âgé
de 5 ou 6 ans, donc vers 1932/33, j'ai vu une inondation entre
le pont d'Auron et le moulin de la Chappe, en face du bassin
aux péniches, des bancs de bois disposés bout à
bout de façon que les gens puissent passer. Cela m'avait
beaucoup impressionné.
Robert Lechêne