Le
jardin de l'Hôtel de Ville, depuis sa création dans
les années 1730 a généralement pris le nom
de la grande bâtisse qui lui fait face. En conséquence,
il fut appelé jardin de l'Archevêché, à
l'époque où l'Archevêque de Bourges logeait
à quelques pas de sa Cathédrale.
A l'origine, ce petit jardin était
à l'intérieur de la ville médiévale,
en limite des remparts. Il fut agrandi à la demande de
Monseigneur Phélypeaux de la Vrillère, en comblant
les fossés situés au Nord, et son dessin actuel
serait signé par le grand paysagiste Le Nôtre.
Il s'agit d'une hypothèse peu plausible puisque Le Nôtre,
à qui l'on doit les parterres de Vaux le Vicomte et ceux
de Versailles est mort en 1700, et le jardin berruyer dans sa
structure actuelle ne fut terminé que 30 ans plus tard.
Pourtant, le classicisme du jardin est sans aucun doute l'oeuvre
d'un des élèves de Le Nôtre, avec ses parterres
carrés et alignés.
Au pied de la Cathédrale Saint Etienne, le Jardin de l'Hôtel
de Ville, d'une superficie de 3 hectares, est magnifiquement
fleuri en toute saison. Il comprend une partie dite " à
la française ", et l'autre, avec de grands arbres
et un kiosque à musique est dite " à l'anglaise
".
Ce jardin comporte peu de statues. On remarque
l'Obélisque, au fond, proche des grilles monumentales
récupérées de la Porte d'Auron. Cet Obélisque,
dédié à la mémoire du duc de Béthune-Charost
est sans valeur artistique, à sa vue Stendhal écrira
: " J'y ai trouvé un monument élevé
à un grand citoyen qui a perfectionné le mouton".
Stendhal, dans son ouvrage des "Mémoires d'un Touriste"
racontera ses flâneries dans ce jardin lorsqu'il vint en
Berry en 1837. Il écrira encore :
"Ce jardin a des bancs forts
commodes, à dossier comme ceux de Londres, ce qui a commencé
à me donner un grand respect pour le Maire de la ville.
A l'aide d'un de ces bancs, j'ai lu presque tout le Roméo
de Shakespeare".
Outre le souvenir de Stendhal, le jardin de l'Hôtel de
Ville comporte les bustes de deux Berruyers, Bourdaloue et Sigaud
de Laffond. Ce sont deux bronzes magnifiques signés de
Jules Dumoutet, le premier rend hommage au prédicateur
inventeur du vase de nuit qui porte son nom... Le second personnage
est injustement peu connu, il est l'auteur de traités
sur " l'art de l'accouchement ", les femmes lui doivent
beaucoup.

Les fleurs et leur agencement donnent une
vue féerique de la cathédrale Saint Etienne, et
le passant ne peut manquer d'admirer les 4 vases de Cugnot, appelés
" les quatre saisons ". Ces oeuvres datent de 1880,
elles avaient été fabriquées par la Maison
Christofle ils sont en bronze galvanique, alors que les magnifiques
angelots, au dessus de la coupole sont eux en bronze véritable.
Ils ont été rénovés ces dernières
années.