Le début du XX e siècle
correspond à un bouleversement législatif et culturel
particulièrement fort, en France et en Berry, avec la
loi, sur les Associations de 1901, celle sur les Congrégations
en 1903 et enfin, la loi de décembre 1905 sur la Séparation
de l'Eglise et de l'Etat.
Le paradoxe, c'est que cette loi était dans les cartons
des Radicaux depuis 1869, mais Jules Ferry n'en était
pas un défenseur acharné, et même un homme
comme Emile Combes, qu'on présente comme le père
spirituel de cette loi de 1905, défendait encore, début
1903, le budget des cultes.
Au Vatican, on pensait de même. Le pape Léon XIII,
soucieux de maintenir les avantages acquis, poussa ainsi l'épiscopat
français, profondément monarchiste, à se
rallier à la République.
2005 va commémorer ces lois de séparation de
l'Eglise et de l'Etat, La Bouinotte se devait d'examiner ce qui
s'était passé en Berry, à commencer par
Bourges.
Que dit la loi de 1905 :
Cette loi comprend 44 articles,
elle est publiée au Journal Officiel du 11 décembre
1905, signée du Président de la République
Emile Loubet, et du Président du Conseil, Emile Rouvier
, elle est assez claire, mais suscite nombre d'inquiétudes.
Les premiers articles, sont fondamentaux, ils énoncent
que la République assure la liberté de conscience.
Elle garantit le libre exercice des cultes, par contre
et c'est important, La République ne reconnaît,
ne salarie ni ne subventionne aucun culte quant aux édifices
qui servent à l'exercice des cultes ou au logement
de leurs ministres cathédrales, églises, chapelles,
temples, synagogues, archevêchés, évêché,
presbytères, séminaires, ils sont et demeurent
propriété de l'Etat, des départements et
des communes.
Et on retrouve encore dans l'article 13, un sujet portant
à polémique un siècle plus tard : Les
sonneries de cloches seront réglées par arrêté
municipal et, en cas de désaccord entre le maire et le
président ou directeur de l'association cultuelle, par
arrêté préfectoral
Henri Maret, député du Cher, vote cette loi,
mais écrit qu'il n'en est pas très partisan, évoquant
"une loi intolérante, bâclée
" mais il poursuit "qu'elle sera peut
être un bien pour le clergé et le parti catholique".
Notre parlementaire local assure son argumentation sur le fait,
que désormais le clergé devra trouver ses subsides
et "reconquérir une influence qu'il a perdu
.
Cela fera naître un clergé plus intelligent, plus
énergique et plus instruit".
Le cadre est donné, comment Bourges, cité de l'archevêque,
avec sa majestueuse cathédrale va-t-elle réagir
? Quant aux berruyers, d'ordinaire si calmes, ils vont s'enflammer,
en particulier lorsqu'il faudra faire "les inventaires des
biens de l'Eglise".
Bourges au début du XX e siècle
En ce début de XX e siècle, la ville de Bourges
est dirigée d'une manière assez curieuse, un maire
"révolutionnaire", Vaillandet, est élu,
puis destitué par le gouvernement, remplacé par
un de ses colistiers, Lebrun, lequel sera battu aux municipales
de 1904 par une liste de droite emmenée par Henry Ducrot.
La suite de cet article à
retrouver dans la Bouinotte qui va sortir au mois de mars 2005