PETITE HISTOIRE DES MARAIS DE BOURGES
Sur 135 hectares, au pied
de la cathédrale se situent les Marais de Bourges qui
appartiennent à environ 1500 propriétaires. La
plus grande parcelle fait 1,5 hectares et la plus petite 13 mètres
carrés.
Cette vaste étendue marécageuse est citée
par Jules César en 52 av JC, lorsqu'il voulut s'emparer
d'Avarich. Plus tard, cette zone fut acquise par des communautés
religieuses, la ville possédant les communaux. C'est au
XII ième siècle que sont réalisés
les premiers travaux importants avec la construction d'un "
vrai lit " pour l'Yévrette et l'édification
de moulins.
Ces marécages ne sont pas des lieux de promenade, ce sont
des zones incultes, nauséabondes et dangereuses. Seul
avantage de ces marais, la pêche, car toutes les rivières
sont très poissonneuses, et se nourrir alors, était
la première préoccupation des berruyers.
Au XVII ième siècle les acquéreurs de marais
sont obligés de les entretenir. Des parcelles sont constituées
puis louées aux habitants du faubourg Saint-Privé.
C'est le début d'une exploitation locale des marais avec
les jardins auxquels on accédait en barques plates qui
étaient manoeuvrées avec une " bourde ".
Les produits des cultures, légumes et fleurs étaient
mis dans de grands paniers appelés des " maniques
". On cultivera aussi le chanvre dans les marais de Bourges.....
pour en faire des cordages réputés.
A la révolution, les marais appartenant aux communautés
religieuses sont vendus comme biens nationaux et souvent achetés
par les locataires qui poursuivirent leurs tâches. A cette
époque et jusqu'au milieu du XX ième siècle,
les marais sont exploités par des maraîchers professionnels.
Ils disparaîtrons peu à peu, laissant la place aux
marais loisirs et jardins potagers familiaux.
Les marais du bas, avec des chemins communaux ou privés
sont accessibles par tous. Ce sont de merveilleuses promenades
pédestres, le long de la Voiselle ou de l'Yévrette.
Inversement les marais " du haut " ne sont accessibles
qu'en barque et la rencontre de canards, des chardonnerets et
autres pinsons est d'un charme incomparable.
Lieu mythique de Bourges, c'est un poumon vert en pleine ville.
Les gens des marais sont amoureux de la nature, ils désirent
le calme, la tranquillité. C'est un jardin dans la ville,
un héritage à préserver et un conservatoire
des marais devrait voir le jour à court terme. Le long
des chemins, des cabanes sont construites dans les styles les
plus variés.
Les hommes des marais
Mais la valeur des marais de Bourges réside dans la
qualité et la personnalité des maraîchers
encore appelés "maretiers", qui assurent l'entretien
de leurs parcelles. Ce sont souvent d'anciens ouvriers des Etablissements
militaires ou de la "Scan", qui retrouvent avec cette
terre si fertile, leurs racines campagnardes et berrichonnes.
"Aller au marais est un acte important" et que chacun
sache bien que leur devise à tous, c'est "ne touche
pas à mon Marais". Il y a une vraie passion, parfois
irrationnelle, de ces gens modestes pour ce lieu mythique qu'ils
fréquentent journellement à la belle saison.
Mais on trouve aussi des gens qui prennent les Marais pour
un champ politique et tous les problèmes quels qu'ils
soient, "c'est à cause de la mairie". On les
trouve généralement dans les "Ultra"
de l'Association AMB, ils sont peu nombreux, 20 au maximum, mais
ils font du bruit comme s'ils étaient 2000. Ils ne proposent
rien, mais critiquent tout et en ligne de mire, la mairie gérée
par Serge Lepeltier et les élus.
Un trou dans un chemin, c'est la mairie, l'eau qui monte,
ce n'est pas la pluie, c'est la gestion des pelles, l'eau qui
ne tombe pas... mais que fait le Maire.
Déplorable état d'esprit, toujours à
quémander, à se palindre, à critiquer, à
refuser, et avec le soutient de la presse écrite locale
pour qui c'est "du pain bénit", car cela fait
des articles, à défaut de lecteurs nouveaux !
Aussi les rares tentatives d'introduire du tourisme dans les
marais ont été rapidement vouées à
l'échec, et il faut toute la diplomatie de Thérèse
ou de Frédéric pour faire découvrir, avec
l'Office de Tourisme de la ville, ce trésor caché.
La faune des marais
Dans les marais, on découvre une faune importante,
avec bien entendu les oiseaux, une quarantaine d'espèces,
comme le martin-pêcheur, le grèbe castagneux qui
n'est pas facile à observer, ou la poule d'eau plus commune
et reconnaissable à son plumage sombre, sa queue au dessous
blanc et sa nage en hochant la tête. Sur les bords de la
Voizelle, des canards colverts s'envolent au moindre visiteur
qui approche et croisent quelque héron cendré.
D'autres locataires des marais sont plus indésirables,
quoique utiles, ce sont les rats musqués ou les ragondins
qui creusent dans des berges, lesquelles parfois s'écroulent
sous les pas des jardiniers. Parmi les mammifères plus
difficiles à observer, une mention particulière
à la musaraigne aquatique qui nage dans les fossés
et dont le pelage gris argenté est facilement reconnaissable.
Quant au campagnol amphibie, son pelage est épais, d'une
joli brun, et il brille sous l'eau. Le campagnol est assez peu
farouche, on le voit aisément dans la journée.
Pour les promeneurs et gastronomes, deux restaurants sont situés
en plein coeur des marais, il est toutefois possible de les atteindre
en automobile. C'est le Caraqui Venise, que l'on découvre
par la chaussée de Chappe, tandis que La Courcilière
est à l'opposé, pour y aller, il faut prendre la
rue de Babylone.
LA FLORE DES MARAIS
L'exploitation actuelle des marais en jardin potager ne date
que du XVII ième siècle et le dernier recensement
exhaustif de la flore date de 1976, sous la municipalité
de Raymond Boisdé. Aujourd'hui, il n'y a aucune protection
d'un point de vue du patrimoine écologique, ils sont simplement
inscrits comme Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique,
Faunistique et Floristique de type II pour les spécialistes
!
L'équilibre des marais est fragile et il dépend
entièrement de l'utilisation des marais par l'homme. Ils
constituent un formidable terrain d'observation de la flore adaptée
au milieu aquatique.
Dans l'eau on peut trouver des plantes aquatiques comme le Pomatot,
le jonc des tonneliers, le nénuphar jaune, la sagittaire
ou le rubanier. Sur les berges ou en eau profonde, se développe
l'iris d'eau, l'angélique sylvestre, le carex des rives
et le plantain d'eau. Enfin, le long des sentiers, on trouve
l'armoise, le géranium herbe à Robert, le lierre
terrestre ou encore la benoîte commune.
Sur certaines parcelles non entretenues, la végétation
évolue d'une manière considérable et devient
envahissante et ligneuse. Elle tend à refermer l'espace.
C'est le domaine du sureau, de la ronce, du liseron au milieu
desquels se trouvent des frênes et des saules blancs.
LE MOULIN DE LA VOISELLE
Le Moulin de Voizelle est situé sur la rive de cette
magnifique rivière le long du boulevard Chanzy, à
deux pas d'une promenade qui permet de voir dans un virage la
cathédrale se refléter dans l'eau. C'est après
un incendie que le moulin est transformé et perd sa vocation
initiale. Il est alors utilisé vers 1913 comme huilerie
et l'on peut encore voir dans la grande salle les roues qui écrasaient
les noix et produisaient de l'huile.
Depuis 1980, ce lieu qui comporte plusieurs bâtiments,
a été racheté par la ville et est affecté
à des associations ayant un rapport avec les marais tous
proches. C'est l'Association des Usagers des Marais, mais aussi
l'Eveil en Vert, Nature 18 et quelques autres.
Dans cet espace, un accueil des enfants est effectué,
afin de montrer aux gosses de la ville le milieu naturel, celui
de la faune et de la flore. En bordure de rivière, ils
apprennent aussi à cultiver des légumes et des
herbes locales. Il faut savoir que le domaine des marais est
d'une rare fertilité et les légumes sont généralement
d'une taille impressionnante.
Les activités
culturelles dans les marais
L'attrait des marais de Bourges fascine autant
les maraichers que la population ou les touristes. Mais ce sont
les artistes, avec leur talent et leur discrétion qui
surprennent le plus. Les photographes parcourent les chemins
en toute saison, à la recherche du cliché de l'année.
Parfois ils attendent la neige, rare en Berry, pour réaliser
de surprenantes photographies. Les peintres, individuels ou en
groupe posent leur chevalet et composent sur leur toile ces incomparables
dessins de la cathédrale apparaissant au loin entre les
branches d'un saule. Et puis les artistes contemporains ne sont
pas absent, l'association Tampopo oeuvre dans la mise en valeur
de quelques parcelles des marais, provocant un effet de surprise
ou d'émotion dans ce lieu peu habitué à
de telles créations.
Il existe aujourd'hui 2 associations de maraichers :
l'AUMYVB aujourd'hui appelée Patrimoine Marais et l'AMB,
Association des Marais de Bourges, elles ont leur siège
social au moulin de Voiselle.