Les grandes initiatives dans la mise en valeur du
patrimoine en France se sont développées ces dix
dernières années. La mise en lumière de
Lyon, les scintillements de la Tour Eiffel, ont montré
que l'alliance de l'art et de la technique pouvaient donner d'excellents
résultats, et faire redécouvrir à chacun
d'entre nous la valeur des monuments et sites que nous ont légué
nos anciens.
Bourges et son exceptionnel patrimoine ne pouvait rester en dehors
de ce mouvement, et la réalisation des Nuits Lumière
constitue une réponse aux besoins des Berrichons et des
touristes, c'est une première dans le monde que L'Encyclopédie
se doit de raconter.
Les Nuits Lumière, c'est un étonnant parcours spectacle
pour découvrir la ville baignée de lumière,
d'image et d'émotion.
L'origine
des Nuits Lumière de Bourges
Le projet des Nuits Lumière de
Bourges remonte à 1996. Dans le cadre de la politique
culturelle et touristique de la ville, il apparaissait nécessaire
de concevoir "quelque chose" qui ferait venir le touriste,
en plus de la cathédrale, et qui lui ferait passer la
nuit en Berry.
Pendant des mois, les idées fusent, chacun voit au cours
de l'année 1996 ce que font les autres, à Beaune,
Amboise, Reims, et surtout au Mont Saint Michel. Tout cela donnait
des idées pour Bourges
..
Un appel
d'offre est lancé en 1997 pour une "mise en lumière
de la ville" . Le choix des élus se porte sur la
société Itinérance, de Philippe Noir et
Christine de Vichet, concepteurs de la mise en lumière
du Mont Saint Michel en 1991 puis d'Azay le Rideau.
Comme le rappellent ces créateurs, "La problématique
était forcément très différente.
Il ne s'agissait plus d'intervenir dans un lieu clos, protégé
des nuisances, mais d'imaginer un son et lumière qui se
déroulerait dans le tissu urbain d'une ville avec ses
rues, ses habitants, sa vie, ses sens, ses lumières".
Les Nuits Lumière naissent à
partir d'aquarelles qui montrent le circuit, les éclairages
des porches, les scénographies, la cathédrale enfin
illuminée, le tout, au long d'un parcourt où doit
essentiellement régner l'émotion.
Les travaux durent une bonne année pour un coût
de total de 10 MF pour l'ensemble de cette première tranche
ce qui donnent des sueurs froides à beaucoup. Pourvu que
ce parcours soit une réussite ! En fait, le coût
pour la ville ne sera que légèrement supérieur
à 3 MF, suite à des subventions du Conseil général
et de fonds européens.
Les caractéristiques
du parcours-spectacle
L'idée, c'est de montrer, à
la nuit tombée le "Bourges-ancien", avec ses
rues, ses monuments, sa vie. C'est un parcours-spectacle dans
le centre historique, avec un cheminement le long des rues pavées,
guidé par de superbes lanternes bleues, déambulant
pour joindre des édifices prestigieux dans lesquels se
déroule un spectacle à base de musique, d'images,
où le visiteur devient spectateur pour une petite dizaine
de minutes.
La ballade des Nuits Lumières
n'est pas une visite détaillée et guidée
de la ville, "c'est une invitation au voyage, à la
rêverie" chacun est entièrement libre et le
parcours est gratuit. L'heure de départ est laissée
à l'initiative du visiteur
. à partir de l'instant
où il fait nuit, il peut cheminer au gré de ses
envies, revenir sur ses pas, assister plusieurs fois à
la même scénographie, celles-ci étant "en
boucle".
Le seul guide, qui constitue le fil
d'Ariane, c'est la lumière bleue. En suivant les lanternes,
chacun peut flâner à son rythme, et s'attarder sur
des petits détails comme ce porche éclairé
et ainsi parfaitement mis en valeur, ou ces arbres qui donnent
une ambiance feutrée et recueillie.
Une "Première"
historique à Bourges
Les Nuits Lumière ont constitué
le point fort du passage en l'an 2000. Il s'agissait de montrer
pour la première fois cette réalisation unique.
Au soir du 31 décembre 1999, vers 22 H 30 les personnalités
locales du département du Cher et de la Ville de Bourges
sont présentes au côté des concepteurs. Le
cortège s'ébranle à partir de la rue des
Hémerettes, suivi d'une foule de plusieurs milliers de
Berruyers. Dans un léger froid sec s'ouvrent les clés
et les portes du circuit avec l'histoire de Bourges dans les
temps anciens projetés sur les murs du rempart gallo-romain
et c'est l'émerveillement.
La cathédrale éclairée par Pierre Bidault,
l'homme qui a redonné de la lumière à la
Tour Eiffel, est une merveille. La lumière est faible
pour le premier étage du bas, un peu plus forte ensuite
et c'est l'illumination dans les parties hautes. C'est une élévation
de l'édifice par la lumière, la toiture elle-même
étant d'un bleu féerique. Les concepteurs ont su
concilier le spectacle et le sens religieux de "notre"
Cathédrale, conformément aux vux du chanoine
Massip.
Pour la première fois, il est
possible de passer derrière le chevet de la cathédrale,
et sur un fond musical d'orgue de découvrir les vitraux
du XIIIe siècle. Puis c'est la Grange aux Dîmes,
discrètement illuminée, avant d'atteindre par les
rues pavées, éclairées de lanternes bleues
l'hôtel Lallemant où est projetée la première
scénographie : une fête de la Renaissance. Ensuite,
après avoir dépassé la place Gordaine, au
milieu de la rue Mirebeau, dans la cour du couvent des Augustins
apparaissent des anges sur une musique magique et envoûtante.
Il faut alors franchir la muraille gallo-romaine par le passage
"casse-cou" et se retrouver dans la rue appelée
autrefois rue de Paradis à proximité de l'Hôtel
des Echevins. Dans la cour se déroulent des projections
sur un mur et à terre avant de remonter la rue Porte Jaune
vers la cathédrale. Les Berruyers découvrent alors
la cathédrale dans un halo de brume, ce soir-là,
c'était unique et féerique.
Arrivé place Etienne Dolet, chacun avait compris, le pari
était gagné, l'an 2000 commençait bien.
Du grand art !
Images et musiques
des Nuits Lumière
- Les remparts
: les tableaux présentés
datent du XIX e siècle, avec Vercingérorix, César
et autres Croisades.
- Plus des vitraux de
la cathédrale de Bourges.
- La musique est de Ludwig
van Beethoven, par le Berliner Philarmoniker dirigé par
Herbert von Karajan.avec :
- des Ouvertures et Missa
Solemnis.
- Le Chevet
de la Cathédrale :
musique envoûtante, c'est Arbos de Arvo Pärt par The
Hilliard Ensemble.
- L'Hôtel
Lallemant : les tableaux
représentent le baptême des Sélémites,
de Vittore Carpaccio, peintre vénitien parmi les plus
poétiques (1465 - 1525).
- Les noces de Lisa de
Ricasolis (XV°)
- Le Festin d'Hérode,
fresque de Fra Filippo Lippi peintre florentin ( 1409-1469)
- Le mariage à
la Cour de Philippe Le Bon, prince éclairé et protecteur
des Arts (1419 - 1467)
- Pour la musique, Danses
de la Renaissance par le Clemencic Consort.
- Triomphi par le New
London Consort dirigé par Philip Picket.
- Musicke For the Lute,
de Dowland dirigé par Paul O'Dett.
- Couvent des
Augustins : Anges des
annonciations, anges musiciens triptyque de Linaioli et Anges
du Christ en Gloire de Fra Angelico (1395 - 1455), moine artiste
de la Renaissance florentine entré chez les dominicains
dont les statuts s'inspirent de Saint Augustin.
- Pour la musique, Vespro
della Be'ata Vergine de Claudio Monteverdi par Jordi Savall.
- L'Hôtel
des Echevins : Projection
murales, l'Allégorie du Bon Gouvernement, fresque de la
ville de Sienne, réalisé par Ambrogio Lorenzetti
(1290 - 1348)
- Défilé
de personnages du peintre florentin Domenico Ghirlandaio (1449
- 1482), évoquant l'entrée des échevins
à Bourges.
- Projections au sol
: écossons des Echevins de Bourges et pavages d'Italie.
- Pour la musique, Sonate
da Camera n°XII d'Antonio Vivaldi et Il cantar moderno par
l'Ensemble Daedalus.
- en savoir
plus : 0248230260
Les Points
forts du circuit des Nuits Lumière
Parmi les points forts du circuit qui
laissent un souvenir au visiteur, tout commence avec l'histoire
de Bourges racontée pendant quelques minutes sur les murs
gallo-romains du jardin de l'archevêché :
"Il y a trois mille ans, tout n'était que marais
..
Un peuple d'origine celtique, les Bituriges, s'installe ici,
à Avaric.
Très prospère au temps des Celtes, cette cité
fonde sa puissance sur la maîtrise de la métallurgie
"
Et ainsi se poursuit cette belle histoire peu connue des Berrichons,
qui va, avec musique et images jusque vers 1195, et l'invitation
à poursuivre son chemin vers la cathédrale
plus belle que jamais.
Autre grand moment, dans la cour de
l'Hôtel Lallemant, avec la fête, les noces et les
danses au son des trompettes d'une musique de la Renaissance,
c'est une fresque de Filippo-Lippi ou le "mariage à
la cour de Philippe le Bon" dans lequel tous les personnages
sont de blanc vêtus. Dans la loggia, des tapis de lumière
surgissent au son d'un poème de Charles d'Orléans.
La traversée de l'édifice permet de redécouvrir
la cour basse et les miniatures des très Riches Heures
du duc de Berry.
Mais c'est le recueillement du cloître
des Augustins qui est sans doute le moment le plus sublime du
parcours, avec l'apparition des anges annonciateurs de Fra Angelico
dans une posture d'humilité, avec la grâce, la lumière
et les couleurs. La musique des "Vesro della Beata Vergine"
de Monteverdi transcende le lieu, c'est un grand moment, pour
le "croyant" comme pour le "mécréant".
La scénographie de l'Hôtel
des Echevins comporte plusieurs défilés des échevins
de Bourges passant derrière les arcades d'un monument
de la Renaissance symbolisant "les vertus du Bon Gouvernement",
au sol, la cour se transforme de pavages lumineux, avec les écussons
des Echevins de Bourges, au son d'une sonate de Vivaldi.
La suite
des Nuits Lumière
Après la nuit symbolique du passage
à l'an 2000, les Nuits Lumière éteindront
leurs projecteurs et reprendront en avril, les week-end puis
tous les soirs à la saison d'été. Le succès
ira en grandissant, certains samedi soirs, ils seront plus de
1500 visiteurs à déambuler dans les rues bleutées
de la ville entre 22 H 30 et minuit et demi.
Chacun, veut montrer à des parents ou amis, le "circuit
bleu" ou "les lanternes du vieux Bourges", et
à la fin de la saison, en octobre 2000, ils auront été
plus de 60 000 personnes à faire ce parcours féerique.
Dans les années à venir
ce circuit devrait être aménagé et augmenté,
sans doute pas avant trois ans, en intégrant au parcours
actuel le Palais Jacques Cur, la cour intérieure
ayant été réhabilitée à l'image
de la façade, et par la suite l'église Saint Pierre
le Guillard.
En 2001, les Nuits Lumières reprennent,
et nul doute que la magie et la féerie vont encore agir,
l'émotion sera au rendez-vous de ce parcours unique au
monde, nul n'avait jamais pensé à réaliser
ce type de spectacle dans un site ouvert, au cur d'une
ville, et gratuit
Et puis, ce sont les saisons 2002, 2003,
2004, 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009
LES NUITS LUMIERE ANNUELLES :
de début mai au à fin
septembre = environ 100 séances gratuites.
mai, juin, septembre = les jeudis,
vendredis, samedis et veille de fête.
juillet, août = tous les soirs
Des soirées thématiques
:
- LES NUITS LUMIERE COSTUMEES
avec les Amis de Jacques Cur se déroulent trois
ou quatre fois chaque année.
-
- Fréquentations :
-
- 59 000 visiteurs en 2000
- 47 000 visiteurs en 2001
- 60 000 visiteurs en 2002
- 63 000 visiteurs en 2003
- 75 000 visiteurs en 2004
- 70 000 visiteurs en 2005
- 66 000 visiteurs en 2006.
- 70 000 visiteurs en 2007
- 75 000 visiteurs en 2008
- 72 000 visiteurs en 2009
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- LES IMAGES DES NUITS LUMIERE SUR PICASSA,
Photos de Nicolas Cholet prises en 2008 : >>>cliquer
ici