Le
quartier du Prado est le lieu où se situait autrefois
le champ de foire et les abattoirs de la ville, construits en
1864, c'était un modèle du genre. Les abattoirs
furent abattus et transférés en 1975 dans la zone
de la Prospective pour faire place " au nouveau Prado ".
Ce projet immobilier date de 1985, il est inauguré en
janvier 1986 et comprend un hôtel, Ibis, un centre Leclerc
et divers magasins dont une pharmacie ainsi que 200 logements
ainsi qu'un important parking.
ci-contre Pierre Jaggy deavnt ses sculptures au Prado mises
en place en décembre 2005.
La bataille du nouveau Prado
C'est au début de la campagne électorale à
la fin de l'année 1982, que se déclenche la bataille
du nouveau Prado. A la place des abattoirs, entre l'Auron et
le canal de Berry, sur un site "à la périphérie
du centre ancien", comme le dit Serge Lana, architecte en
chef du projet et qui a toute la confiance de Jacques Rimbault.
L'opération est prise en charge par la ville de Bourges
et les organismes d'HLM, afin de devenir "une zone d'appui
et de renforcement du centre-ville". Le programme est basé
sur l'habitat social avec plusieurs centaines de logements et
sur un centre commercial de 1500 mètres carrés
de surface de vente. Un hôtel 2 étoiles est prévu,
il comprendra 80 chambres, enfin des magasins et des bureaux
termineront cet ensemble.
Mais ce projet ne fait pas l'unanimité à Bourges
et le 29 novembre 1982, les commerçants du Cher organisent
une grande manifestation contre le gouvernement
. Et contre
le projet du Prado. Ils sont plusieurs centaines à défiler
aux cris de " Fabius tu nous tues " ou encore "
Mauroy ça ne va pas ", et ils marchent vers le Prado,
symbole de leur colère au plan local.
Une délégation emmenée par Pierre Bigot
est reçue en préfecture.
Le 17 décembre 1982 la pose de la première pierre
"Prado-Pré Doulet" s'effectue en présence
du préfet du Cher, M. Gillard. Jacques Rimbault explique
et défend son projet qui devrait être achevé
en 1985. Le maire évoque les 204 logements collectifs
au Prado, les 100 autres de même forme au Pré Doulet,
passe rapidement sur les commerces et insiste sur les nombreuses
places de parking qui sont prévues. Il y en aura très
exactement 507. Le coût du projet est évalué
à 14 milliards de francs (anciens).
Quelques jours plus tard, le 21 décembre 1982, c'est
" La fronde des commerçants ", les 12
responsables d'associations réaffirment "dans un
Front unis des présidents d'Unions commerciales"
leurs craintes, parlent de gâchis, "d'incohérence
dans l'organisation harmonieuse de la cité" . Ils
soulignent aussi qu'il est prévu 1499 mètres carrés
de surface commerciale, et qu'un projet passe en commission d'urbanisme
à partir de 1500 mètres carrés, ils trouvent
la ficelle un peu grosse.
Les commerçants reprochent au maire son manque de transparence
dans la concertation :
"Que de chemin parcouru depuis
le 14 janvier 1982 ! ce jour-là vous promettiez une vaste
concertation pour définir le projet du nouveau Prado.
Rien de tout cela ! Nous réaffirmons nos craintes les
plus vives sur les conséquences incalculables qui vont
naître de votre choix".
Le courrier publié dans la presse locale se poursuit
:
"Aujourd'hui, face à
cette réalisation qui déstabilisera gravement la
vocation commerciale du Centre-ville de Bourges, nous réaffirmons
notre opposition à ce projet".
Et la lettre se termine par : " les Berruyers jugeront
", et c'est signé de Mrs Bigot, Dufour, Legrand,
Buades, Piétu, Ducros, Tabare
etc.
Quelques jours avant le premier tour des élections municipales,
Jacques Rimbault fait face à nouveau à cette levée
de boucliers de la part des commerçants de Bourges qui
refusent l'implantation d'une grande surface et de magasins au
Prado.
Le maire de Bourges a cette réponse :
" Pour ma part, je ne suis pas inquiet, il est évident
que si une telle implantation avait mis en péril le commerce
de la rue d'Auron, j'aurais agi pour l'empêcher" !!!!!
Et il conclut en ajoutant que le programme immobilier en ce
lieu va accroître la population du Centre-ville de 10%.
De nombreuses critiques ponctueront l'avancée du projet,
durant plusieurs années. Et pourtant, les habitants du
quartier seront généralement satisfaits, aux cris
des corbeaux près
. Et le commerce fonctionnera dans
de bonnes conditions. Un pari urbain réussi et comme les
architectes l'avaient prévu " En préconisant
un parti de pénétration verte, sous forme de mail,
dans le site, à partir de la place Juranville et dans
l'axe du portail sud du vieux marché, par le moyen d'une
passerelle piétons, franchissant l'Auron".
Le Prado, c'est aussi le nom du stade couvert de basket-ball.
En effet, dans les années 1990, se développe une
équipe de filles de basket qui franchit en quelques années
les plus hautes marches dans ce sport, en devenant championnes
de France, puis en remportant à Larrissa en Grèce,
la coupe d'Europe. L'engouement du public est extrême,
et il faudra agrandir par deux fois le stade du Prado et l'amener
à recevoir plus de 3000 spectateurs et le baptiser Palais
des Sports de Bourges. Les " filles de Bourges ", appelées
amicalement " les tangos " deviennent les ambassadrices
de la ville en Europe gagnant deux années consécutives,
en 1997 et 1998 la coupe d'Europe de basket féminin.
LES PRES DOULETS : cinéma,
restaurants, commerces, patinoire
Un espace peu connu des Berruyers, situé entre la place
Juranville, la place Rabelais et le canal de Berry.
C'est dans cette zone que fut implantée à proximité
de la voie de chemin de fer métrique, une usine de production
d'objets en Celluloïd. Trop en avance ou pas très
bien gérée, cette usine ne servit pas et Louis
Billant la rachète en 1915 pour fabriquer du " petit
matériel de guerre ". Cette usine deviendra par la
suite les Etablissements Luchaire.
Luchaire aura son heure de gloire avec les fusées et autres
matériels de guerre livrés à l'Iran en dépit
de l'embargo du gouvernement. Un scandale sans précédent
dans la région.
Luchaire désertera les Prés-Doulets pour le village
de La Chapelle Saint Ursin, laissant une friche industrielle
que la municipalité de Serge Lepeltier achètera
rapidement.
C'est dans cette zone que seront implantées les infrastructures
de loisirs nécessaires à la ville de Bourges, avec
une patinoire, les cinémas multiplexes et une piscine
ludique à vagues. Le tout avec des parkings et un centre
commercial, mais tout ne sera pas simple.
En effet, le Centre de loisirs du Pré Doulet patine
un peu
.. au niveau des délais de réalisation.si
les cinémas Multiplex donnent les résultats attendus
et font l'unanimité de la jeunesse, les deux restaurants
prévus prennent du retard, et la patinoire voit son ouverture
reportée
. d'un an ! Quant aux surfaces commerciales,
comprenant 4500 mètres carrés, elles existent quelques
commerçants qui lance comme en 1982 / 83 une pétition,
n'ayant pas tout compris des enjeux économiques d'une
cité comme Bourges.
Le succès des multiplex surprend beaucoup de monde,
depuis l'inauguration du 26 juillet 2000, ce sont des milliers
de personnes qui vont désormais régulièrement
au cinéma. Les jeunes ont vite compris l'apport des 12
salles de cinéma et le week-end, les personnes d'un certain
âge ou les enfants prennent la direction du Pré
Doulet. Certains jours, il manque déjà des places
de parking !
Pour le reste, il faudra attendre les premiers mois de 2003
pour que la première pierre de la patinoire soit posée
d'une manière assez discrète, c'était le
lundi 12 mai à 11 heures, alors que les surfaces commerciales
commençaient à poindre.
UN DOSSIER A SUIVRE......
La patinoire a été dotée d'une piste
de 56 mètres par 26 soit une surface de 1456 m2, l'équipement
en configuration "sportive" accueillera 1300 personnes
et près de 1400 en configuration "spectateurs".
La patinoire a été inaugurée en 2005
alors que Serge Lepeltier était ministre de l'écologie.
Ce fut une cérémonie discrète, avec le maire
Roland Chamiot. Les élus firent honneur à la piste
et.... le ministre chuta et se cassa un peu le poignet. Lors
des questions écrites àà l'assemblée
nationale il fut possible de le voir avec une main bandée.
Le coût estimé est de 6,5 millions d'euros.
Les résultats de la patinoire furent conforme et même
au-dela de ce qui pouvait être prévu.
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