C'est en 1179 que le roi Louis VII qui est très
malade, donne les reines du pouvoir à son fils Philippe
Auguste, qui n'a que 14 ans.
Dans la décennie 1160 / 1190, l'extension
de la ville et un nouveau contexte politique font que l'enceinte
gallo-romaine doit être revue de manière substantielle.
En 1181, le roi autorise les habitants à construire des
maisons et autres édifices au-dela du rempart gallo-romain.
Certains avaiant commencé depuis un certain temps.
Une enceinte médiévale
est alors construite, c'est "un
mur de pierres, taluté et bordé d'un fossé,
doublé d'un rempart de terre à l'intérieur"
nous dit le service du patrimoine de la Ville.
Cette enceinte est alors formée
d'un vaste territoire allant vers le pont d'Auron, longeant cette
rivière puis longeant la Voiselle au nord et revenant
par les marais à l'est. Des portes sont aussi réalisées,
comme la porte Saint Privé (rue Edouard Vaillant), la
porte d'Auron, , la porte Saiont Sulpice et la porte Saint Ambroix.
C'est sur le côté le plus
vulnérable, là où l'on dit que César
a pris la ville que la nouvelle enceinte reprend le tracé
en ajoutant tout de même la Grosse Tour de Bourges.
A partir de 1180, et plus précisément
en 1188, que Phulippe Auguste fait construire à Bourges
cette nouvelle enceinte avec un immense donjon de 38 mètres
de haut et 23 mètres de diamètre. Les murs ont
une épaisseur de 6 mètres et les fossés
sont profonds d'environ 7 mètres. Ce sera le rempart de
Philippe Auguste avec la Grosse Tour de Bourges.
La grosse tour fut démolie en 1653.
Cette Grosse Tour est sans doute un prototype
puisqu'elle date de 1189, un an avant celle du Louvre. Cette
Tour est aussi défendue de l'extérieur.... que
de l'intérieur. (son empreinte au sol est aujourd'hui
matérialisée au sol).
L'enceinte comprend alors une quarantaine
de tours, aux oms les plus cocasses : tour du Diable, de Cresson,
Charlemagne, Margot, Bouffe-chou, Gardefort, Percée, Barbenoire,
Sautereau ... etc Ces tours servaient de prison et en temps de
paix, elles pouvaient être louées.
L'enceinte fut construite en moëllons,
avec un parement extérieur en pierre de taille. Plusieurs
sections possédaient des meurtrières. A l'avant,
on trouvait un fossé de 10 mètres de largeur qui
isolait la ville.
Il reste en l'état aujourd'huii
deux de ces tours visibles du domaine public, la tour Clément,
boulevard Gambetta, et la tour à poudre ou tour à
balais, en haut de la rampe Saint Paul.
A la fin du XVIII e siècles, plusieurs
tronçons furent démolis, , on en fit des promenades,
comme le cours Beauvoir. où on construisit la Banque de
France. Finalement, le mur gallo-romain a mieux résisté
au temps que l'enceinte médiévale.
Voici la contribution
de M. Denis JEANSON sur les tours de ce rempart :
- L'extension de l'espace
urbain.
- L'époque carolingienne est liée
à une première domestication des marais et peut-être
à la création de l'Yévrette, rivière
artificielle rejoignant celle de l'Auron près abbaye Saint-Sulpice.
Proche de celle-ci, le bourg Saint-Sulpice se développa
autour de son marché et de ses foires.
En 1100, le vicomte de Bourges Eudes Arpin, vendit ses biens
au roi de France Philippe 1er pour financer son départ
en croisade.
Rempart XIIe s.
Prenant en compte le contexte politique et l'extension de la
ville, la construction de ces remparts s'échelonna entre
1160 et1190 ; Philippe Auguste autorisa les habitants de Bourges
à construire sur l'ancien rempart à partir de 1181.
Cette enceinte engloba la ville basse et de vastes zones inhabitées,
marais et jardins. Les nouvelles portes se situaient sur les
anciennes voies d'accès, entraînant parfois la construction
de ponts fortifiés comme pour la porte Saint-Privé,
rue Édouard-Vaillant, et la porte d'Auron.
Sur le côté le plus vulnérable, qui reprend
le tracé du mur antique au Sud, la construction de la
Grosse Tour verrouillait la rue ' et condamnait la porte de Lyon
; la porte Bourbonnoux devenait ainsi l'un des principaux accès
à la ville.
Cette enceinte consista en un mur continu, longé au dedans
par un rempart de terre large de 20 pieds et au dehors par le
fossé, renforcé de tours dont l'espacement s'adapta
à la topographie des lieux, serrés sur les hauteurs,
lâche devant les marais. La partie basse du mur et des
tours au droit des fossés, était en talus, afin
de maintenir la poussée des terres.
Le nouveau mur d'enceinte s'appuya sur la tour gallo-romaine
n° 5, devant l'archevêché, ce qui protégeait
le chevet de la cathédrale, appuyé sur le mur gallo-romain,
et atteignait la porte Bourbonnoux.
La ville de Bourges obtenait une surface de défense d'environ
115 ha.
Porte Bourbonnoux.
- La Porte Borbone, 1470 ; La Porte Bourbonnou,
1567 (Nicolay, Description générale de Berry, p.
31) ; La Porte Bourbonnoux, 1592 (A.D. 18-E 2181) ; Porte de
Bourbonnaux, faubourg de Bourbounoux, 1705 (B.M. de Bourges,
plan Nicolas de Fer) ; Porte Bourbonnoux, 1814 (Cadastre M).
Cette porte était défendue, à l'origine
ou à une période postérieure, par le pavillon
flanqué de 2 tours.
Tour n° 1.
Cette tour se situait entre la tour gallo-romaine n° 5 et
la porte Bourbonnoux.
Tour n° 2.
Tour détruite en 1871. Le 1er niveau était voûté
en demi sphère, avec de petits claveaux assemblés
à larges joints. 5 meurtrières en plein cintre,
larges de 5 cm. Embrasures rectangulaire voûtées
en plein cintre. Toit en cône.
- Tour n° 3.
Tour détruite en 1871. . Le 1er niveau était voûté
en demi sphère, avec de petits claveaux assemblés
à larges joints. 3 meurtrières en plein cintre,
larges de 5 cm. Embrasures rectangulaire voûtées
en plein cintre. Toit en cône.
- Tour n° 4. Tour du Diable.
Tour au Diable, faubourg de Bourbounoux, 1705 (B.M. de Bourges,
plan Nicolas de Fer) ; Tour au Diable, 1814 (Cadastre). Tour
d'angle Nord-Est du rempart XIIe s., paroisse Saint-Ursin. Détruite
en 1871. Cette tour fut refaite en 1487 parPierre de Crosse sur
un plan polygonal. Elle servit de prison au fief du chapitre
Saint-Ursin de Bourges. Le 1er niveau était voûté
en demi sphère. Meurtrières en plein cintre, larges
de 5 cm. Embrasures rectangulaire voûtées en plein
cintre. Toit en cône.
A partir de cet angle, le mur descendait vers la rivière
de l'Yèvrette. Le désir de mettre l'église
collégiale Saint-Ursin intra-muros dut imposer ce tracé.
Tour n° 5. Tour du cimetière de Saint-Ursin.
Tour n° 6. Tour de Cresson.
Tour située près la rue Peschereau.
Tour n° 7. Tour de la Croix de Saint-Marceau.
Tour n° 8.
Tour n° 9. Tour Saint-Louis.
Porte Saint-Louis.
Cette porte était en fait une poterne qui pouvait se fermer
en temps de siège (A.D. 18-8 G 911).
Tour n° 10. Tour Digrène.
Tour refaite en 1487, inconnue du cadastre de 1814.
Tour n° 11. Tour Margot ou Marquet.
Tour rebâtie sur plan polygonale, sans doute refaite vers
la même époque que la tour du Diable, soit vers
1487.
Le mur qui longeait la rivière de l'Yévrette s'appuyait
sur elle. Cette tour se situe au delà de l'eau et la rivière
coupait l'angle du mur en laissant la tour au dehors. Cette rivière
apparaît ainsi comme servant de fossé de défense
à la ville. En 1224, les lieux étaient presque
dans le même état que sur le cadastre de 1814 (B.M.
de Bourges, Cartulaire de Fontmorigny, p. 154).
A une date inconnue, mais sans doute fin XIIe s., le mur d'enceinte
fut étendu dans les marais, jusqu'à la rivière
de l'Yévrette,de manière à intégrer
les abbayes de Saint-Laurent et de Saint-Ambroix dans la ville.
La défense naturelle permit d'espacer les tours.
Tour n° 12.
Située près de la rue Mère-de-Dieu = rue
Galilée.
Tour n° 13.
Située devant le Moulin de Voiselle.
Près de ce moulin se trouvait une fausse porte dont Louis
XII permit l'usage en 1515 (A.D. 18-8 G 911).
A la suite, le rempart était traversé par le canal
ou herveau qui permettait au ruisseau du Mardelon de passer (A.D.
18-8 G 915).
Le mur allait jusqu'à la rivière de l'Yèvre
et, par un angle presque droit, revenait à l'Ouest en
suivant sa rive gauche.
Porte Saint-Privé.
Située près le pont Saint-Privé, extra-muros,
cette porte était défendue par 2 tours extérieures
et par le pavillon accosté de 2 tours dont les bases fut
détruite vers 1871.
Tour n° 14. Tour de Lyon.
Tour n° 15. Tour de Gardefort.
Tour n° 16. Tour du Cimetière Saint-Ambroix.
Dans le mur, à la suite, pilier ou tour carrée
sur lequel se trouvait une échauguette de pierre, dite
sentinelle.
Porte Saint-Ambroix.
Tour n° 17.
Cette tour a 2 niveaux. Le 1er est percé de 2 meurtrières
à embrasures évasées au dedans, larges de
5 cm au dehors. Un solivage sépare les 2 niveaux. Le 2d
niveau est voûté d'une coupole ; il a 5 meurtrières
en plein cintre, longues de 2 m 20 et large de 5 cm au dehors
; à l'intérieur, leurs embrasures dont 1 m de haut
et 65 cm de large. L'escalier pratiqué dans l'épaisseur
du mur conduit à la plate-forme supérieure.
Tour n° 18.
Le mur en ligne droite reliait cette tour de Saint-Ambroix à
Saint-Sulpice.
Tour n° 19. Tour Barbenoire.
Tour n° 20. Tour Saint-Clément. Boulevard Gambetta.
Porte Saint-Sulpice. Porte Saint-Grégoire.
Son pavillon était flanqué de 2 tours ; côté
ville, la niche au centre abritant l'image ou statue de Notre-Dame.
Au dehors se trouvait une sorte de demi-lune qui interdisait
tout accès direct et qui dut s'étendre jusqu'au
bord de la rivière de l'Yèvre (A.D. 18-4 H 211-212).
Porte Saint-Médard ou Saint-Marc.
Poterne qui se murait à volonté.
Tour n° 21.
Porte aux Voies.
Poterne ainsi nommée à cause de la passe établie
pour les bateaux, près des écluses du Moulin de
Chappe.
Porte d'Auron.
Porte munie d'un pavillon avec tourelles,orné d'une image
ou statue de Notre-Dame de Pitié. Au devant se trouvait
un pont-levis défendu par la bastille extérieure.
Tour n° 22. Tour Saultereau.
Poterne du Moulin Messire-Jacques. Connue par l'acte de 1453
(A.D. 18-8 G 1879).
Tour n° 23. Tour de la Poudrière. Boulevard Lamarck.
Tour située à l'angle Sud, recouverte d'un toit
conique. Cette servit de magasin à poudre, d'où
son nom.
Tour n° 24.
Tour n° 25.
Tour n° 26.
Tour n° 27.
Tour n° 28.
Tour n° 29.
Le mur du XIIe s. rejoignait ensuite la tour gallo-romaine n°
40.
Porte Saint-Paul.
Près du point de jonction, Louis XI fit ouvrir une poterne
mise en communication avec la tour du Roy, palais royal. A cause
du prieuré voisin, cette poterne reçut le nom de
Porte Saint-Paul.
Cet ensemble de fortification reçut 2 bastilles, l'une
devant la Porte Bourbonnoux en 1567,de forme carrée, ouverte
de flanc ; l'autre à la Porte Saint-Sulpice en 1589, sur
ordre du maréchal de La Chatre. Les portes Saint-Privé
et d'Auron étaient protégées par les ponts
fortifiés.
Dans son dernier état, la ville avait 4 portes : Bourbonnoux,
Saint-Privé, Saint-Sulpice, et Saint-Ambroix ; et 7 poternes
: Saint-Louis ou Charlet, Voizelles, Saint-Ambroix,Saint-Médard
ou Saint-Marc, aux Voies, du Moulin Messire-Jacques et Saint-Paul.
La porte de Lyon était condamnée.
Sous le mairat de Clément de Beauvoir, la partie du mur
entre les portes Saint-Privé et Saint-Ambroix fut abattue
pour faire le cours Beauvoir.
Fin XVIIIe s., les pavillons des portes furent supprimés
pour 2 raisons : entretien lourd pour les finances de la ville
et gêne pour la circulation.
Les fossés devant le prieuré Saint-Paul furent
comblés en 1782 à l'aide des gravats provenant
de la destruction de la Sainte-Chapelle.
Les remparts d'Auron se situe sur l'assiette des quais du canal
de Berry. En 1870-1871 furent détruit le boulevard Saint-Ursin
et les tours qui s'y rattachaient. En 1872-1873, le boulevard
Saint-François fut détruit pour y faire le boulevard
de Juranville.
La place Villeneuve, connue du cadastre de 1814, plantée
sur ordre du préfet de ce nom, vers 1820, fut agrandie
en 1871 par le nivellement du boulevard adjacent.