LE LEGS DE COULON par JEAN BAPTISTE
VILLATTE
Cette fontaine est située au centre
d'une des places les plus mal connues de Bourges, son nom est
pourtant célèbre, il s'agit de la Place Georges
Sand.
La sculpture surmontant la fontaine fut édifiée
dans les années 1880, à la suite du don effectué
par un dénommé Edmé Coulon. Cet homme était
menuisier, il devint "propriétaire" et souhaita,
dans son testament écrit 6 jours avant sa mort:
"remettre et payer à la ville de Bourges et commune
de Bourges, 30 mois après mon décès, et
sans intérêt, une somme de 6000 francs dont je fais
legs à la ville et commune de Bourges, à la charge
pour celle-ci de faire établir une fontaine sur la place
Saint Pierre le Puellier de la manière qu'il conviendra".
Cette place n'était pas très
ancienne, elle datait de la Révolution de 1789. Elle avait
été tracée à l'emplacement de l'Eglise
Saint Pierre le Puellier. A cette époque, elle prit le
nom de Place Voltaire, puis, Place des Bonnets Rouges, avant
d'être baptisée du nom de la bonne dame de Nohant.
Georges Sand ne logeait pas dans ce quartier lorsqu'elle venait
dans la capitale du Berry, elle retrouvait son "ami",
Michel de Bourges, le grand avocat républicain, entre
la rue d'Auron et le Palais de Justice.
C'est le 3 novembre 1870 que la municipalité
de Bourges sous le Mairat de Philippe Devoucoux accepte le legs
de Monsieur Coulon.
Et c'est ainsi que Jean Baptiste Villatte, un Berrichon né
à Crosses dans le département du Cher, le 15 mai
1823 est appelé à réaliser cette fontaine.
Villatte excella dans l'art religieux, on lui doit certaines
oeuvres du séminaire Saint Célestin à Bourges.
Il sera le sculpteur de plusieurs éléments du portail
de l'Eglise de Baugy, ainsi que d'un "portrait de monsieur
Célestin Girard sous forme d'un buste en bronze datant
de 1886".
L'existence et la mémoire de Villatte ont été
sorties de l'oublie par Madame Geneviève Bailly. Elle
a rappelé qu'il était le benjamin d'une famille
de 9 enfants, et qu'il épousa une jeune fille de Dun-sur-Auron,
Françoise Varenne, dont il eut 6 enfants. Deux de ses
fils deviendront à leur tour des sculpteurs, le premier
au prénom fort peu berrichon s'appelait Torello, le second
c'était Louis. Ce dernier a réalisé en 1899
le buste de son père, cette oeuvre en pierre est sur la
tombe familiale du cimetière des Capucins à Bourges
où tous, père et fils sont enterrés. Dans
ce même cimetière, plusieurs statues sont dues au
ciseau de Villatte, c'est l'ange qui prie au-dessus de la chapelle
de la famille de Corbin, ainsi qu'une oeuvre monumentale de plus
d'un mètre de hauteur sur une tombe du vieux cimetière.
La fontaine de Jean Baptiste Villatte est
haute de 6 mètres, elle représente une femme couronnée
de tours, symbole de la ville, et non pas de Jeanne d'Arc comme
on le croit souvent; sur sa main, cette femme tient une tablette
sur laquelle est produite l'inscription suivante "Travail-
Progrès" . Sur le socle il est encore possible de
lire l'épitaphe:
LE LEGS DE BOURDALOUE PLACE DE
LA PREFECTURE,par TARLIER & MARTIN
C'est le 2 avril 1870 que le Conseil Municipal
de Bourges accepte le projet dressé et présenté
par Emile Tarlier. Cet architecte et sculpteur est arrivé
premier au concours qui avait été organisé
pour édifier une fontaine sur la Place de l'Arsenal, et
répondre ainsi au testament olographe rédigé
par Paul Bourdaloue, le 16 mai 1868.
Paul Adrien Bourdaloue est un berruyer,
né en 1798, il fut, sa vie durant, un grand ingénieur.
C'est grâce à sa science et à son action,
qu'il permet à Ferdinand de Lesseps le percement du canal
de Suez. En effet, Bourdaloue s'était spécialisé
dans les mesures géodésiques, et c'est lui qui
va établir le nivellement de la zone du célèbre
canal, donnant un outil considérable lors de l'établissement
des plans. Pour la première fois, Bourdaloue procède
au nivellement de notre pays. Entre les années 1857 et
1863, il met en place un réseau de 15 000 repères
en fonte scellés: ce sont les premières lignes
de niveau de la France.
Paul Adrien Bourdaloue sera le premier
géodisien français. Il est enterré dans
le vieux cimetière des Capucins à Bourges. Sa tombe,
de forme pyramidale, évoque l'Egypte, et au pied d'une
des quatre faces, un de ces repères indique l'altitude
du lieu.
Bourdaloue à la fin de sa vie avait été
élu Conseiller Municipal de Bourges, et dans son testament,
il avait donné une forte somme d'argent pour créer
plusieurs oeuvres d'art à Bourges. En plus de l'argent,
il donnait un anneau en or, garni de onze diamants et provenant
d'un don de l'Empereur de Russie, à cela s'ajoutaient
deux médailles en or et trois en argent, décernées
lors des expositions universelles de Londres et Paris. Le tout
sera évalué à 1300 francs.
Madame Veuve Bourdaloue, avec l'argent
du legs de son mari, qui s'élevait à 8000 francs,
et celui des objets vendus demanda que soient érigés
deux bustes et une fontaine. C'est cette fontaine qui, bientôt,
sera inaugurée Place de L'Arsenal, devenue depuis Place
de la Préfecture ou encore Place Marcel Plaisant.
Cette fontaine a donc une curieuse origine, et ce n'est pas terminé.
Comme le legs n'était pas suffisant pour les trois oeuvres
d'art prévues, Madame Bourdaloue s'était "engagée
à donner gratuitement à la ville, les grandes vasques
en fonte formant le château d'eau actuellement placé
sur la terrasse de son jardin". Et c'est ainsi que les architectes
durent composer avec ces vasques.
La première proposition de Tarlier s'intitulait "les
Bituriges", elle remporta le concours devant une oeuvre
appelée "décembre 1859". Mais elle était
proposée au prix de 7900 francs, alors que le niveau maximum
avait été prévue à 6000 francs, il
fallait en effet tenir compte du coût des bustes...
Finalement, avec les deux vasques provenant des hauts fourneaux
de Desforges et Festugières, maîtres de forges,
Tarlier composa le motif principal avec l'aide du statuaire Martin.
Il s'agit très certainement d'Isidore Martin, l'auteur
du Salon de la Victoire à Bourges.
Ce Martin était né à
Orval, et il travailla pour le prix modeste de 400 francs. C'est
le Marquis de Vogüe qui fournira la partie principale du
motif, dans la fonderie de son usine de Mazières.
Paul Adrien Bourdaloue avait exigé que "sa fontaine"
soit construite dans les six ans suivant sa mort, il devait craindre
la lenteur berrichonne.
Cette fontaine représente sur un socle de pierre, trois
lionnes ailées, et au sommet, au dessus des deux flasques,
un enfant. Sur le devant de la fontaine, une sculpture d'un autre
enfant chevauchant un poisson est très agréable,
ce pourrait être une carpe ou un dauphin. C'est la photographie
de la couverture de cet ouvrage.
Il y a quelques années, cette fontaine s'oxydait et une
réfection fut entreprise, le résultat n'est pas
totalement satisfaisant, il est difficile et coûteux de
maintenir en état notre patrimoine.
- PIANISTE par Sylvie PAULHAC
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Cette
sculpture trône aujourd'hui devant la nouvelle Ecole de
musique, qui est un ensemble considérable, d'un coût
d'environ 18 millions d'Euros. Elle est à l'entrée
de l'école, rue Henri Sellier.
- Elle est due à un sculpteur, Sylvie
Paulhac, c'est un bronze stylisé représentant un
pianiste.
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- Le choix a été fait par
Serge Lepeltier à la fin de l'année 2004 alors
qu'il était ministre de l'écologie.
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- JEAN DE BERRY par COVILLE
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- La sculpture qui vous attend dans le petit
jardin de l'Hôtel Dieu : Jean de Berry par Coville
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- Il s'agit d'une initiative de Philippe
Gitton lors de la biennale d'art contemporain, et cette sculpture
fut présentée dans le château d'eau avec
d'autres oeuvres.
- Puis la sculpture fut achetée par
la ville et mise dans le jardin de l'Hôtel Dieu.
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- En fait elle ne représenterait
pas Jean de Berry, mais le roi d'une bande dessinée des
années 1950.
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- Le TRIPTYQUE de Pierre Jaggi
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- La sculpture de Pierre Jaggi a
été installée en novembre 2007 sur l'esplanade
du Prado.
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C'est
un triptyque qui ouvrait en quelque sorte la seconde Biennale
d'Art contemporain de Bourges, en novembre 2004, car il était
situé au Pavillon d'Auron, et avec ses trois " poteaux
" de bois ouverts sur des galets, c'est une uvre qui
ne laisse pas indifférent.
- En fait il s'agit de 3 totems en bois,
comportant des galets scellés.
- Les dimensions sont modestes, avec une
hauteur de 2,40 mètres et de 25 centimètres de
largeur. Chaque totem, compte tenu de sa hauteur est fixé
sur un socle en fonte de 45 centimètres de côté.
La ville a acquis cette uvre pour la somme de 13 250 euros
TTC, et pour éviter tout litige, une convention va lier
l'artiste et la ville sur cette uvre. Dans cette convention,
et c'est un élément très nouveau dans l'aspect
juridique de cette acquisition, mais " la Ville s'engage
ainsi à maintenir cette uvre dans le lieu où
elle a été installée pendant un délai
de 5 ans ".
-
- Lorsqu'il fut question d'installer cette
uvre " à quelque part dans la ville ",
ce ne fut pas simple, et Philippe Gitton fit étudier la
possibilité de la placer sur l'esplanade du Prado, en
face des cinémas CGR. Une simulation graphique fut réalisée,
montrant que ces " trois poteaux " faisaient assez
petits sur cette immense lieu, et qu'il fallait mettre la, une
uvre plus monumentale. Un autre lieu fut cherché
.
Et ne fut pas trouvé, sinon dans un espace fermé,
ce qui n'était pas le but de l'acquisition.
P. Gitton persista et finalement il fut décidé
d'ériger le triptyque sur cette esplanade du Prado.
-
- Pierre Jaggi, présent
à l'inauguration donna quelques clés à son
uvre :
-
" Certains m'ont demandé
quelle était la signification de cette " chose ",
ces colonnes, ce bois, ces galets
;
Je dirais que le caractère architectural de cette sculpture
se veut un lien entre la nature et le monde urbain.
Galets et bois, alliance du minéral et de l'organique,
évoquent la statique et la dynamique, ces deux pôles
de la matière distribuée dans l'espace et dans
le temps.
Mais, à chacun d'en faire sa lecture, de transmettre sa
vision, d'apporter sa réponse. "
-
- Pierre Jaggi est un sculpteur qui est
originaire de Genève, c'est un artiste plasticien, il
travaille avec les matériaux bruts de la nature, il a
rapporter beaucoup d'images de ses voyages au Népal, en
Argentine ou au Burkina-Faso. Pour lui, son art, c'est le travail
du bois, du fer et de la pierre.
Il affirmera ainsi : " j'ai beaucoup travaillé
le bronze, et aujourd'hui, je travaille les matériaux
premiers, le bois et les galets
. "
Il travaille à Neully en Sancerre, à l'atelier
Policet.
- Il dira lors de l'inauguration de son
Triptyque, en reprenant un mot d'un auteur inconnu : " Voilà
l'art au quotidien, prendre le banal et le recycler en merveilleux
! "
- Et il terminera par ces mots :
-

" La pratique des arts plastiques permets d'établir
des passerelles entre les mondes manuels et intellectuels, de
tisser des liens dans le domaine des sciences de la matière
et celles de l'esprit
.. J'essaie de révéler
la nature intime des matériaux avec lesquels je travaille
tout en conservant leur spécificité ".